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samedi 19 mai 2012

Liberté (Error 404: not found)

Mon grand-père dit toujours qu'il y a 40 % d'imbéciles sur cette planète.

À un certain moment de ma vie, je trouvais qu'il exagérait.

Puis j'ai vieilli.

Aujourd'hui, un sondage révèle que 66 % des Québécois sont heureux de la loi 78 parce qu'elle leur permettra de retrouver leur « bon vieux Québec, sécuritaire et calme ».

Je confirme donc que c'est plus de 65 % d'imbéciles. Ou peut-être que le pourcentage est plus élevé au Québec, c'est à voir.

En lisant ce sondage, j'ai pleuré. Au beau milieu de la pièce, alors que je repassais des taies d'oreiller. J'ai pleuré parce que j'avais ce fol espoir que les gens soient moins ignorants, moins aveuglément confiants en le gouvernement. Ils sont les premiers à hurler quand ils augmentent les impôts, mais quand ils nous empêchent d'écrire à propos des manifestations sur Twitter, quand ils nous empêchent de se rassembler à plus de 50 sans devoir appeler la police, quand ils donnent le pouvoir à la ministre de l'éducation de modifier TOUTES les lois qu'elle veut pour faire appliquer la loi 78, alors là, ils sont heureux de retrouver leur bon vieux Québec.

Oui, ils ont retrouvé leur bon vieux Québec. Le Québec des années 40, celui de Duplessis, le Québec de la censure, le Québec dominé par cette foi aveugle en l'Église. Aujourd'hui, ce n'est plus l'Église, c'est bien pire. Ils ont une foi aveugle en des hommes. On ne peut pas prouver que Dieu n'existe pas. Mais on peut prouver cinquante fois que le gouvernement présent abuse de son pouvoir et oublie que nous ne vivons plus dans une monarchie.

Être pour ou contre la hausse, c'est une chose. Être prêt à abandonner sa liberté d'expression pour une supposée sécurité, c'est de la stupidité et une méconnaissance flagrante de l'Histoire. Disons que quelques personnes devraient peut-être lire un peu de George Orwell et de Zola au lieu d'écouter Julie Snyder.

Heureusement que je suis en France. Je peux encore continuer d'écrire mes pensées sans avoir peur d'aboutir en prison.

J'ai vu qu'Anonymous allait intervenir. Les sites du MELS et du PLQ ont été piratés et effacés. J'ai vu que Amnistie internationale condamnait la loi 78. J'ai vu des acteurs, des auteurs et des personnalités publiques habituellement fort discrètes au point de vue politique sortir des jurons et des insultes comme jamais sur Twitter. J'ai vu tous les éditorialiste du Devoir cosigner une dénonciation de cette loi.  

J'ai peur. J'ai vraiment peur de ce qui suivra. Je crains la violence, je crains une arrestation, je crains pour notre liberté.

Préparez-vous au pire. Les étudiants n'avaient d'autre arme que leurs mots. On la leur a enlevée. Le gouvernement, lui, a des fusils et du pouvoir. Ceux qui pensent que les étudiants étaient le danger à leur sécurité seront bien vite déçus.

N'abandonnez pas, étudiants québécois. Battez-vous, luttez, manifestez, hurlez, pleurez, désobéissez paciquement! Deux fois plus fort qu'avant. Battez-vous avec les armes de la liberté : les mots, l'espoir et la fierté!

Je n'aurais jamais cru que mon discours de Braveheart à l'Halloween dernier serait nécessaire en 2012 et au Québec.