J'm'en viens paresseuse, ouais.
Définitivement, il n’y a que moi pour assister à de tels événements. Laissez-moi vous contextualiser un peu. Marie-Lou et moi étions à Ste-Angèle-de-Prémont, en visite chez mon parrain et ma marraine.
Nous avions décidé d’y aller pour profiter des activités de plein air que le domaine de mon oncle nous permet. Ainsi, cet après-midi, nous sommes arrivées à Ste-Angèle, excitées à l’idée de glisser et de faire de la raquette. Ce que nous fîmes. D’ailleurs, la neige folle nous permit de faire des voltiges assez intéressantes sur les super traîneaux Skidoo de Marie-Lou.
Ensuite, nous avons décidé d’aller faire le tour de la propriété en raquette, ce qui s’avéra être une activité légèrement plus intense que prévue. Premièrement, je chaussais les raquettes de ma grand-mère, qui est plus légère que moi, alors niveau renfoncement, c’était absolument plaisant. Ensuite, les dites raquettes étaient ces bonnes vieilles raquettes en babiche que mon grand-père avait fait confectionner par Gros-Louis. D’ailleurs, j’ai le vague souvenir que ce Gros-Louis est dans ma famille. Digne de mention, tout de même, avoir un « faiseux » de raquettes en babiche dans la famille. Blague. Gros-Louis est beaucoup plus qu’un artisan. Donc, les bonnes vieilles raquettes de babiche sont bien jolies et sont très efficaces, mais au niveau de l’attache, il y aurait certaines améliorations à faire. Ainsi, mes supers attaches de cuir se sont détachées à deux reprises. Et elles étaient très bien attachées. Bref, ce fut toute une aventure de tenter de les rattacher dans la neige folle alors que le chien tenait absolument à renifler mes mitaines, mitaines qui tentaient d’attacher mes ganses de cuir. Un troisième problème s’imposa : un bon pied de neige fraîche rendait impossible un non-enfoncement. Résultat : nous devions mettre toutes nos forces à chaque pas. La fatigue et la chaleur (eh oui, contraste léger avec notre séjour à La Malbaie) prirent rapidement le dessus, mais nous avions déjà parcouru la moitié du trajet, alors nous devions continuer jusqu’au bout. Le tout nous prit une heure trente. Le trajet dure 15 minutes en été.
Mais venons en au plus intéressant. Il était environ 18h52 quand Michel nous parla d’une réunion municipale qui semblait intéressante. Voyant qu’il mourrait d’envie d’y aller, je consultai Marie-Lou du regard et je lui proposai d’y aller. Il faut ici préciser que Marie-Claude était partie avec leur seule voiture (l’autre étant enterrée sous des mètres de neige, sans ses pneus d’hiver). Il n’avait aucun moyen de transport pour s’y rendre. Il nous précisa aussi que la rencontre était à 19h00. Précisons encore que huit minutes sont plus que nécessaires pour simplement sortir de l’entrée, après déneigement de la voiture et tentatives de ne pas entrer dans un banc de neige dans un des nombreux tournants tortueux de l’entrée en question. Ma carte CAA bien en main, nous partîmes joyeusement vers la mairie de la ville.
En arrivant dans la salle, tout le monde se tenait debout, en cercle. J’en fus, je dois l’avouer, plutôt troublée. On aurait sincèrement dit une rencontre des alcooliques anonymes. Fort heureusement, ce « melting pot » cessa lorsqu’on arriva. On apprit que les villageois donnaient des idées pour « revitaliser le village ». Oui. Une conseillère en développement rural était présente et animait le tout. Ensuite, on nous fit une petite présentation du village (adressée à qui, d’ailleurs?), où on énuméra toutes les entreprises et commerces du village, ce qui dura un bon trente secondes. D’ailleurs, on apprit durant le processus qu’une des entreprises mentionnées (celle de soudure) avait fermé ses portes. Ce fut un moment plutôt dur pour la pauvre population. Donc, après la présentation, on nous assigna à deux tables où il y avait deux sujets de discussion : la famille et la jeunesse et le développement économique. Mon parrain alla à la table du développement économique, alors qu’on nous envoya à l’autre table parce qu’il manquait de monde.
Vous pouvez voir venir la situation. Étant donné que Marie-Lou et moi étions les seules jeunes à la table, on ne cessait de nous demander notre avis. Quoi répondre à la question « Que feriez-vous pour attirez les jeunes dans notre village et pour que les jeunes qui partent étudier reviennent? »? Euh… JE NE SAIS PAS. Il faut préciser que Ste-Angèle-de-Prémont est un des villages les plus minuscules et avec le moins d’intérêt du Québec. C’en était presque triste. Donc, j’hésite, longtemps et je réponds : « Euh… Eh bien, moi, j’aimerais bien venir vivre à la campagne, mais le seul moyen que je vois pour le faire, parce qu’il n’y a aucun emploi universitaire dans le coin, c’est de travailler à partir de la maison ». La réponse sembla leur plaire puisque tout le monde hocha la tête et dirent qu’il fallait promouvoir le télé-travail. Les questions continuèrent bon train, et à chaque fois c’était un très grand effort mental pour trouver des solutions pour revitaliser le village.
Ainsi alla cette merveilleuse journée du 19 janvier 2009.

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