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samedi 29 octobre 2011

Vermont, my lover

Tout a commencé par un douanier particulièrement bête (bon, on s'en doutait un comme tout de même, ça reste un douanier américain) qui nous a demandé sèchement pourquoi nous n'étions pas l'école (après que nous lui ayons dit que nous allions à l'université ensemble). Alors tenez-vous-le pour dit : on ne peut PAS manquer l'université pour aller aux États-Unis. Heureusement que nous étions en relâche : nous avions une excuse en béton. Non mais.

Puis il y a eu l'usine de Ben and Jerry's avec son guide de soixante ans extrêmement sympathique et vraiment trop enthousiaste (on met ça sur le dos de leurs avantages sociaux qui incluent TROIS pintes de crème glacé gratuite PAR SOIR). Si vous êtes en manque de carrière, je vous le recommande vivement.

Puis la ville étudiante, Burlington, le Sherbrooke américain... en plus touristique et en plus... vermontois. Et ce n'était pas une blague : la ville croulait sous les étudiants de la University of Vermont et du Champlain College. Ainsi, le running gag de notre séjour a tourné autour des « Frats boys » (nous qualifions à peu près tout garçon qui n'avait pas l'air hipster, hippie ou métalleux de ce qualificatif), c'est-à-dire les célèbres membres des fraternités universitaires, qui ne sont pas du tout un mythe apparemment. Les fraternités étaient de véritables manoirs arborant fièrement des lettres grecques que nous avions de la difficulté à déchiffrer (mes cours de maths et de physique du collège remontent à loin, désolée). Quoique après une petite recherche Wikipédia (faut bien s'instruire un peu), je confirme que je n'avais encore jamais entendu parlé de X (chi), probablement parce qu'elle n'est jamais utilisée en science à cause du X qui représente une variable.

Puis il y a eu notre soirée. À notre insu, malgré nous, sans que nous le voulions vraiment (ok, mensonges), on s'est ramassé à faire un « pub crawl », c'est-à-dire une tournée des pubs. Parce qu'ils sont très populaires dans la ville! Ainsi, nous nous sommes joyeusement fait carter CINQ fois dans une même soirée. Le seul bar qui ne nous a pas cartées était le « Das Bierhaus », un pub allemand qui servait des tonnes de bières allemandes, mais aussi vermontoises. C'était probablement parce que nous étions toutes les trois SEULES dans le bar avec le barman et que nous avons commandé une Bard's, une bière sans gluten. On a été obligées d'expliquer notre projet au barman qui se demandait manifestement pourquoi nous gloussions en buvant. EH BIEN, JE VOUS L'ANNONCE : cette bière au sorgho (oui) était décente! Plus sucrée qu'à l'habitude, assez légère, elle n'était pas déplaisante du tout. Bon, je suis loin d'être une experte, certes.

Finalement, cinq pubs plus tard, nous sommes rentrées à l'hôtel où nous avons décidé de faire un pathétique drinking game que nous avons réinventé en devant parler un tour sur deux en espagnol et l'autre tour en anglais. Parce qu'il n'y a jamais de mauvais moment pour s'éduquer, paroles de traductrices. Et cette vodka au citron (oui) goûtait le Halls (observation d'Ève). Vous vous direz que cette fin de soirée est lamentable et triste. Certes. Mais que serait un roadtrip sans une bouteille de vodka dans une chambre d'hôtel pas chère? Huh. Le tout a fini devant une téléréalité quelconque américaine (j'oublie si c'était « Why Am I Still Single? » ou « The Autist Twins »), fort pertinente, par ailleurs. Oh et Ève et Kathy ont eu leur initiation de machine à glace. Quelle vie vraiment si on n'a jamais rempli un seau de glace à l'hôtel!

Le lendemain s'est pas résumé en une tournée des cafés. Non, nous n'étions pas en lendemain de veille, franchement. Nous sommes de jeunes femmes tout à fait décentes qui savent quand il est bon pour nous d'arrêter de boire, bon. Non, en fait, c'est qu'il faisait HORRIBLEMENT froid (bref, la température d'octobre habituelle) et nos pauvres personnes se mouraient. Aussi, nous avons pu tester les cafés au lait et les chocolats chauds faits avec du lait du Vermont (pas de l'écrémé, je vous le dis!) et les cidres chauds (une petite merveille qui entrera maintenant dans ma routine... P.S. pour les Européens qui lisent ceci, je parle ici du cidre à « l'américaine », c'est-à-dire une boisson aux pommes non alcoolisée). L'un des cafés était en fait un petit kiosque au coin d'une rue (très semblable à celui où Rory de Gilmore Girls achète ses cafés à Yale) tenu par un charmant jeune homme blondinet qui avait une chemise à carreaux (apparemment, tout étudiant qui se respecte dans le Vermont doit porter une chemise carreautée) et des « turn-up » (bas de ses jeans roulés). Un vrai de vrai, les enfants. Et LE sourire de service à la clientèle le plus sincère jamais vu. Après quelques minutes d'observation sur un banc à proximité, nous avons constaté que toutes les filles repartaient du kiosque en gloussant. Admirable.

Après un court (HAHAHA, non) arrêt dans une librairie de livres usagés (on avait quand même rassemblé ici trois des plus grandes livrovores de cette planète), nous sommes reparties vers les terres arides canadiennes, où nous avons appris à la douane que nous ne pouvions pas rapporter un demi quarante onces de vodka après moins de 48 heures sans payer une taxe faramineuse. Heureusement, nos yeux de biche et notre tentative de jeter ladite bouteille par la fenêtre (il y a ici exagération, pour ceux qui ne l'auraient pas noté) ont sauvé la situation. Ou peut-être que le douanier n'a pas cru que nous pourrions revendre une demi bouteille. Sage analyse.

Oh et oui, nous avons mangé comme des truies. Des hamburgers, des chaudrées de palourde, des sandwichs plus gros que notre tête, de la Ben and Jerry's, du Taco Bell... rien comme les voyages gastronomiques, hihi.

Fin.



Bon, désolée, Ève n'est pas sur la photo, alors j'en mets une autre :

mardi 25 octobre 2011

Toyota Blues

Demain, jeunes gens, je pars en « voyage » (dans le sens propre du terme). En fait, la distance parcourue est si courte qu'on peut à peine le qualifier de road trip (j'ai roulé plus longtemps dimanche dernier pour aller bruncher... certes, c'était peut-être exagéré pour un brunch, MAIS TOUT DE MÊME). Bon, puisque le suspense est insoutenable, je vous le donne dans le mille : nous partons à Burlington (celui au Vermont, pas celui en Ontario, ni les 25 autres aux États-Unis [cette manie qu'ont les Américains d'avoir le même putain nom de ville 43 fois dans le pays... ça fait chier avec les GPS]) pour deux jours. Oui. Au programme : manger dans un Taco Bell américain, manger du beef jerky, goûter à la bière Bard's (la petite histoire : nous devions traduire le slogan de cette bière sans gluten [EXCITANT, JE SAIS] pour notre cours de traduction publicitaire, mais la Bard's n'existe pas au Québec. Alors après avoir recherché sur l'entreprise pendant tout ce temps, on s'est dit qu'il fallait bien goûter à cette Bard's), aller rire des fraternités universitaires, chiller dans un bar étudiant et le comparer avec La Maisonnée, visiter l'usine de Ben and Jerry's et, bien sûr, se pâmer sur la beauté du lac Champlain. Nous, on sait voyager comme des rois. Je vous en redonne des nouvelles (parce que oui, vous en attendez).

Sur ce, je pars à la recherche de mon passeport et je vais m'enfiler un ou deux épisodes de Roswell (eeeeeh non, je n'ai pas abandonné... je suis une personne très fidèle, malheureusement).

samedi 15 octobre 2011

Le classique billet de blogue de mi-session (attention : contenu impertinent)

C'est ce billet qu'on écrit tout simplement parce que soudainement, toutes les excuses sont bonnes pour éviter d'étudier les théories de Nord, de Berman, de Toury et de toute cette joyeuse bande de linguistes et traductologues (fun fact : « traductologue » n'existe pas dans le dictionnaire Word. Ça en dit beaucoup).

Oui. Est enfin venu ce moment chéri de l'année où quand on pense au travail qu'il faut faire, on se met à soudainement trembler stupidement. Le fait que j'aie un document de 10 000 mots à traduire d'ici vendredi (gotta love my job), ainsi que trois examens, une charmante présentation orale (OUI EN TRADUCTION, SACREBLEU, parce que supposément qu'on est des introvertis et qu'il faut apprendre à se dégêner. Mes deux cours d'art dramatique pris contre mon gré au secondaire ont réglé la chose. Le problème, c'est que TROIS professeurs ont une cette idée géniale en même temps) et une remise de TP (pour les non-initiés au langage universitaire : travaux pratiques) n'aide pas. M'enfin. La bonne nouvelle, c'est que je serai riche ET que c'est la semaine de relâche la semaine prochaine.

Pour célébrer le tout, je pars DEUX jours en expédition, jeunes gens. Et pas n'importe où, no-no-non. À Burlington, mesdames et messieurs. Vous avez bien lu. Un roadtrip (ou comme j'ai appris que les Français disaient : je pars en vadrouille. Et après ça ils rient du mot « croquette ») de deux heures vers les États-Unis, RIEN DE MOINS. La raison initiale était la présence de Taco Bell aux États-Unis, puis j'ai appris qu'il y en maintenant dans l'ouest de l'île, which is a big big fail. N'empêche. Je pars avec Ève et Kathy. Au programme : manger du Beef Jerky de dépanneur, manger dans un Taco Bell, boire légalement dans un motel miteux, visiter l'usine de Ben and Jerry's et goûter à une bière Bard's (bière sans gluten dont il fallait traduire le slogan pour notre cours de traduction publicitaire et qui existe partout sauf au Québec). Je ne sais pas pour vous, mais je trouve notre programme particulièrement fascinant. The American Dream. Suffira cette fois de ne pas 1) se faire voler mon ordinateur portable et 2) de ne pas foncer dans un chevreuil en voiture (dernier roadtrip aux États-Unis qui a l'avantage d'être mémorable).

Hier soir je suis allée au Latulipe. Première fois de ma vie. Thématique 90-2000. Devinez qui était hystérique (et ça n'avait aucun rapport avec la bouteille de vin prise juste avant)? Bibi. Plus de la moitié des chansons qui passaient étaient sur mon Ipod. Moi je suis comme ça. Vintage et cool. Je tiens par ailleurs à m'excuser pour avoir traumatisé la moitié des gens en traduction pour avoir sautillé beaucoup trop intensément toute la soirée. J'ai d'ailleurs eu la chance de goûter pour la première fois à la liberté montréalaise : Sara m'avait prêté sa clé d'appartement parce qu'elle allait coucher chez son chum. Wooooouhou. J'ai pu faire ma première marche seule à trois heures du matin dans les rues de Montréal (testé à Édimbourg, mais jamais dans ma joyeuse métropole québécoise). Et ainsi débarquer un arrêt trop tôt, faire semblant que c'était voulu quand mes amis criaient que je m'étais trompée d'arrêt et que le chauffeur m'a demandé si je voulais rembarquer dans l'autobus, sauter par inadvertance dans une flaque d'eau et marcher dans la louche rue des Carrières les pieds squish-squishant. Et finir en beauté en montant les escaliers métalliques du balcon arrière jusqu'au troisième étage (pensons à ma phobie absurde des escaliers), après m'être évidemment trompé de cour arrière.

Bon. J'arrête. Je pourrai déblatérer des absurdités des heures durant.

La vie va bien. Et cette nouvelle chanson française de Mika est vraiment accrocheuse. Merde.