Puis il y a eu l'usine de Ben and Jerry's avec son guide de soixante ans extrêmement sympathique et vraiment trop enthousiaste (on met ça sur le dos de leurs avantages sociaux qui incluent TROIS pintes de crème glacé gratuite PAR SOIR). Si vous êtes en manque de carrière, je vous le recommande vivement.
Puis la ville étudiante, Burlington, le Sherbrooke américain... en plus touristique et en plus... vermontois. Et ce n'était pas une blague : la ville croulait sous les étudiants de la University of Vermont et du Champlain College. Ainsi, le running gag de notre séjour a tourné autour des « Frats boys » (nous qualifions à peu près tout garçon qui n'avait pas l'air hipster, hippie ou métalleux de ce qualificatif), c'est-à-dire les célèbres membres des fraternités universitaires, qui ne sont pas du tout un mythe apparemment. Les fraternités étaient de véritables manoirs arborant fièrement des lettres grecques que nous avions de la difficulté à déchiffrer (mes cours de maths et de physique du collège remontent à loin, désolée). Quoique après une petite recherche Wikipédia (faut bien s'instruire un peu), je confirme que je n'avais encore jamais entendu parlé de X (chi), probablement parce qu'elle n'est jamais utilisée en science à cause du X qui représente une variable.
Puis il y a eu notre soirée. À notre insu, malgré nous, sans que nous le voulions vraiment (ok, mensonges), on s'est ramassé à faire un « pub crawl », c'est-à-dire une tournée des pubs. Parce qu'ils sont très populaires dans la ville! Ainsi, nous nous sommes joyeusement fait carter CINQ fois dans une même soirée. Le seul bar qui ne nous a pas cartées était le « Das Bierhaus », un pub allemand qui servait des tonnes de bières allemandes, mais aussi vermontoises. C'était probablement parce que nous étions toutes les trois SEULES dans le bar avec le barman et que nous avons commandé une Bard's, une bière sans gluten. On a été obligées d'expliquer notre projet au barman qui se demandait manifestement pourquoi nous gloussions en buvant. EH BIEN, JE VOUS L'ANNONCE : cette bière au sorgho (oui) était décente! Plus sucrée qu'à l'habitude, assez légère, elle n'était pas déplaisante du tout. Bon, je suis loin d'être une experte, certes.
Finalement, cinq pubs plus tard, nous sommes rentrées à l'hôtel où nous avons décidé de faire un pathétique drinking game que nous avons réinventé en devant parler un tour sur deux en espagnol et l'autre tour en anglais. Parce qu'il n'y a jamais de mauvais moment pour s'éduquer, paroles de traductrices. Et cette vodka au citron (oui) goûtait le Halls (observation d'Ève). Vous vous direz que cette fin de soirée est lamentable et triste. Certes. Mais que serait un roadtrip sans une bouteille de vodka dans une chambre d'hôtel pas chère? Huh. Le tout a fini devant une téléréalité quelconque américaine (j'oublie si c'était « Why Am I Still Single? » ou « The Autist Twins »), fort pertinente, par ailleurs. Oh et Ève et Kathy ont eu leur initiation de machine à glace. Quelle vie vraiment si on n'a jamais rempli un seau de glace à l'hôtel!
Le lendemain s'est pas résumé en une tournée des cafés. Non, nous n'étions pas en lendemain de veille, franchement. Nous sommes de jeunes femmes tout à fait décentes qui savent quand il est bon pour nous d'arrêter de boire, bon. Non, en fait, c'est qu'il faisait HORRIBLEMENT froid (bref, la température d'octobre habituelle) et nos pauvres personnes se mouraient. Aussi, nous avons pu tester les cafés au lait et les chocolats chauds faits avec du lait du Vermont (pas de l'écrémé, je vous le dis!) et les cidres chauds (une petite merveille qui entrera maintenant dans ma routine... P.S. pour les Européens qui lisent ceci, je parle ici du cidre à « l'américaine », c'est-à-dire une boisson aux pommes non alcoolisée). L'un des cafés était en fait un petit kiosque au coin d'une rue (très semblable à celui où Rory de Gilmore Girls achète ses cafés à Yale) tenu par un charmant jeune homme blondinet qui avait une chemise à carreaux (apparemment, tout étudiant qui se respecte dans le Vermont doit porter une chemise carreautée) et des « turn-up » (bas de ses jeans roulés). Un vrai de vrai, les enfants. Et LE sourire de service à la clientèle le plus sincère jamais vu. Après quelques minutes d'observation sur un banc à proximité, nous avons constaté que toutes les filles repartaient du kiosque en gloussant. Admirable.
Après un court (HAHAHA, non) arrêt dans une librairie de livres usagés (on avait quand même rassemblé ici trois des plus grandes livrovores de cette planète), nous sommes reparties vers les terres arides canadiennes, où nous avons appris à la douane que nous ne pouvions pas rapporter un demi quarante onces de vodka après moins de 48 heures sans payer une taxe faramineuse. Heureusement, nos yeux de biche et notre tentative de jeter ladite bouteille par la fenêtre (il y a ici exagération, pour ceux qui ne l'auraient pas noté) ont sauvé la situation. Ou peut-être que le douanier n'a pas cru que nous pourrions revendre une demi bouteille. Sage analyse.
Oh et oui, nous avons mangé comme des truies. Des hamburgers, des chaudrées de palourde, des sandwichs plus gros que notre tête, de la Ben and Jerry's, du Taco Bell... rien comme les voyages gastronomiques, hihi.
Fin.

Bon, désolée, Ève n'est pas sur la photo, alors j'en mets une autre :
