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jeudi 31 mars 2011

Je suis une criminelle, je l'avoue.

C'est dit. J'ai volé.

Oui.

L'été passé, j'ai volé deux articles à l'hôtel, le dernier jour de mon emploi. J'avais un pressentiment que ce ne serait pas tout à fait un vol, mais mon simple dû. J'ai bien fait au fond. J'ai volé un roman dans une petite bibliothèque poussiéreuse qu'aucun client ne consultait. Seules Sara et moi y jetions parfois un regard. C'était un roman sans grand attrait, au fond : "Highland fling". L'histoire n'était pas particulièrement bonne, mais elle se passait dans les Highlands et mettait en scène tous ces petits détails de la culture écossaise que j'avais appris à connaître au cours de l'été.

Puis j'ai volé un crayon, un style. Tout à fait banal lui aussi. Il a dû leur coûter 20¢. Mais je l'aimais bien. Je l'avais préféré tout l'été, à cause de sa pointe fine. Il faut d'abord spécifier que j'ai un amour inconditionnel pour les stylos... ceux qui écrivent bien, selon mon goût. Et je l'avais tant aimé que je n'ai pas pu me résoudre à le laisser là.

Jusqu'à présent, ces actes constituent les plus grands gestes criminels de mon existence.

Mais au fond, puisqu'ils ne m'ont pas payée, je n'ai fait que leur soutirer l'équivalent de peut-être 10 $ de ma paie.

Alors j'ai retrouvé, tantôt, le stylo, dans le fond de ma chambre (je découvre chaque jour des trésors dans ma chambre, ce qui devrait m'inciter à y faire le ménage plus souvent).

Je suis bien résolue à le vider en écrivant ma colère sur toute cette histoire. Je l'utiliserai pour des injures, des menaces, des cris, jusqu'à ce qu'il soit complètement sec. Et ensuite, après avoir beurré mon journal d'aberrations, je serai sereine. Et je jetterai ce crayon maudit.

Amen.

lundi 21 mars 2011

Une expérience de vie

Cette fin de semaine, comme certains le savent, je me suis rendue aux Jeux de la traduction à l'Université d'Ottawa. Contrairement à la plupart des jeux inter-universitaires, les nôtres sont de véritables épreuves de traduction. J'imagine que pour la plupart d'entre vous, c'est un turn-off total, mais pour nous, c'est l'extase.

Parce qu'évidemment, ce ne sont pas n'importe quelles épreuves. Nous avions d'abord samedi matin (beaucoup trop tôt) une épreuve de traduction individuelle de l'anglais vers le français (la plus traditionnelle). Nous devions traduire un extrait d'Edgar Allan Poe (et ainsi se comparer à Charles Baudelaire, son traducteur officiel... pas de pression). Ensuite, Étienne et moi étions en équipe pour faire une traduction spécialisée (un texte sur le service policier américain, si je me souviens bien). Pendant ce temps, Alain et Geneviève faisaient du doublage (ils traduisaient les paroles d'un film) et Stéphanie et Daphné s'attaquaient à une épreuve de traductique (traduction assistée par l'informatique). Ensuite, nous devions faire de l'improvisation (!) sur un thème en lien avec la relation qui existe entre le client et le traducteur. Aussi bien vous dire que nous nous morfondions de peur (s'exclamer devant un grand public n'est pas particulièrement un des talents cachés des traducteurs... même qu'en général, c'est plutôt leur hantise). Heureusement, Alain nous a sauvé la mise en parlant d'un texte sur le saumon en rut (toujours un succès pour faire rire). Mais vraiment, 20 secondes pour trouver une idée et répartir les rôles... C'EST PAS ASSEZ (ce qui a donné comme résultat que nous avons vraiment dû improviser, hahaha).

Ensuite, Geneviève, Étienne et moi nous sommes plongés dans une traduction publicitaire. Quatre publicités à traduire, dix minutes chaque (des publicités chaque). Notre plus grande fierté est bien sûr le "Bye Pod. Don't advertise your MP3 to thieves" que nous avons traduit par "Pod vol! Un MP3 caché est un MP3 en sécurité".

Nous avons bien aimé un autre :

Nous l'avons traduit par "Need to blues it out? Labatt Bleue"

Que de talent, ma foi.

Finalement, nous avions une épreuve vraiment drôle qui s'appelait "simulation professionnelle". Nous étions répartis en trois groupes dans la salle : les traducteurs, les terminologues et les réviseurs. J'étais traductrice avec Alain. Donc nous devions traduire un texte (encore sur les services policiers... c'était en fait sur les interrogatoires musclés) et nous devions envoyer nos requêtes de terminologie aux terminologues (c'est-à-dire s'il y avait des termes spécialisés que nous ne connaissions pas, parce que nous n'avions droit à aucune dictionnaire). Nous écrivions notre requête sur un bout de papier, le donnions à notre bénévole (merci d'avoir tant couru, Édith :D) et elle courait le donner aux terminologues (Étienne et Daphné) qui, eux, avaient accès à Internet et faisait les recherches pour nous. Ensuite, quand nous avions terminé de traduire une partie de texte, nous le relisions rapidement et l'envoyions à la révision de la même façon (par Édith). Alors nos deux autres coéquipières révisaient notre texte (elles avaient droit aux dictionnaires) et le transcrivaient au propre. Pas besoin de vous dire que c'était tout un défi et que les requêtes volaient de tous sens, tous côtés. C'est dans ces moments qu'on apprécie vraiment Internet et sa rapidité (parce que dans la vraie vie, Édith ne courrait pas). Évidemment, le tout a laissé place à des insultes à l'écrit sur la lenteur des coéquipiers (sans rancune), un grand classique.

Finalement, hier matin, dimanche (encore à l'aube), nous avions l'épreuve individuelle vers l'anglais (épreuve que nous étions certains de perdre, parce que nous avons jamais étudié cela à l'école). Un texte sur les mayas. Que de joie. Et puisque nous n'avions pas droit aux dictionnaires bilingues durant la fin de semaine, je peux vous dire que les pages des dictionnaires monolingues (juste en français ou juste en anglais) virevoltaient allégrement.

La dernière épreuve était la plus stressante : c'était le retour aux sources. Ils nous donnaient une traduction littérale d'une expression, d'une étiquette, d'un film, d'une série télé, d'une chanson ou d'un concept sportif et nous devions trouver quelle était l'expression originale. Par exemple, "Regardez votre étape", qui était à l'origine "Watch your step". C'était un tournoi et nous étions un à un contre deux autres universités à la fois (pendant que les autres nous regardaient se creuser les méninges). Nous avions 30 secondes pour penser à la solution.

Nous avons gagné en Face-offs contre Concordia l'épreuve. C'est Stéphanie qui a trouvé la première (contre une fille de Concordia) que "Cogner à l'extérieur" était "Knock out".

Mais ce qu'il y avait de plus unique, c'était cette passion commune que partageaient tout le monde pour la traduction. Étaient présentes les universités de Montréal, Concordia, McGill, Laval, Sherbrooke, du Québec en Outaouais, Ottawa, Moncton (au Nouveau-Brunswick), Saint-Boniface (au Manitoba) et Glendale-York (à Toronto). Ce qui m'a le plus étonnée, c'est que la plupart de la fin de semaine s'est déroulée en français. Bien sûr, les organisateurs parlaient à peu près une phrase sur deux en anglais (on est quand même traducteurs), mais les participants s'abordaient plus en français (même ceux des provinces anglophones, étonnamment). Évidemment, ceux du Manitoba et du Nouveau-Brunswick avaient leur accent délectable de franco-manitobains et de l'Acadie (respectivement).

La fin de semaine a aussi laissé places à de trop nombreux jeux de mots incroyables (fallait s'y attendre). Le plus marquant est officiellement celui d'Alain après que M. Jean Delisle (l'auteur de notre bible de la traduction, l'équivalent du Campbell des biologistes et du Freud des psychanalystes... version lui est encore en vie, haha) ait dit : "À cette époque, les traducteurs étaient brûlés pour un contre-sens". Alain a sorti : "That means they were fired?". On l'a ri pendant très longtemps.

Autour de tout ça, nous dormions à l'hôtel et chaque équipe avait une suite (!) où il y avait plusieurs chambres à coucher, deux salles de bain, un salon, une cuisine. Vendredi soir et samedi soir, nous sommes sortis, même si nous devions nous lever à 6 h 45 le lendemain matin. Heureusement, nous étions en Ontario, donc à 2 h, tout le monde était couché. Le samedi soir, nous avons d'ailleurs fait une espèce de "open-house" en invitant tout le monde (finalement les gars d'Ottawa et Réal, notre coach de l'UdeM) à prendre une bière à notre chambre.

Finalement, notre fameux rap a été extrêmement bien reçu et nous étions officiellement parmi les meilleures présentations. Tout le monde a eu notre chanson dans la tête pour le reste de la fin de semaine. Nous avons même reçu des compliments de Jean Delisle, qui était présent à la présentation. Un honneur inestimable. La vidéo sera bientôt sur Youtube.

Alors voilà. C'était vraiment une expérience unique dans une vie, de rencontrer ces traducteurs des quatre coins du Canada et de pouvoir ainsi socialiser avec eux. Malgré notre fatigue extrême et notre stress, nous nous sommes vraiment amusés et j'ai extrêmement hâte d'y retourner l'an prochain (en espérant me faire encore retrancher, hahaha).

:)

Anne-Marie, complètement satisfaite par ses expériences traductionnelles.

jeudi 17 mars 2011

Joyeuse Saint-Patrick! (ou comme dirait les Français, joyeuse Saint-Patrice!)

Beannachtai na Feile Padraig, mes amis!

Pour ceux qui ne l'auraient pas compris, c'est en gaélique irlandais (à ne pas confondre avec le gaélique écossais, nononon).
 
Tout ceci me rappelle une charmante anecdote irlandaise. 
 
Non, je n'ai jamais été en Irlande, mais je ne m'appellerais pas Anne-Marie Coutu si je n'avais pas une anecdote pour tout propos.
 
Alors voilà. C'était en secondaire 5. C'était un projet "inter-classes" (une petite mode passagère du PEI).
 
Alors je travaillais, pour la première et dernière fois de ma vie, en équipe avec Sara (pour les incultes, ma meilleure amie), ainsi qu'avec Marie-Lou et Catherine (si mes souvenirs sont bons).
 
Nous devions faire un met national d'un pays au choix. Ma passion était évidemment vers l'Écosse, mais comme tout le monde le sait, les mets écossais, ça torche pas. Et, vraiment, je n'avais pas la force de confectionner du haggis.
 
Alors nous avons choisi l'Irlande (j'ai tant d'influence... je suis encore surprise que les autres aient accepté).
 
Alors nous avons fait des boxties (des crêpes faites à partir de patates).
 
Bref, notre prof de géographie est passé dans les rangées et nous a posé des questions. 
 
Après que je lui aie fait un long exposé sur la crise des patates et sur les moeurs irlandaises, j'ai commencé à dériver sur le gaélique et à lui expliquer qu'il ne fallait
surtout pas confondre l'irlandais et l'écossais. J'pense que je l'ai un peu traumatisé.

Ça a fini par le classique : "Tu as de la famille irlandaise ou écossaise?". Moi : "Non.". Lui : "Hum. Bon, alors tu connais vraiment trop ton sujet".


On a eu une bonne note.

Et tout le monde a aimé nos boxties, malgré le fait qu'ils soient d'une couleur vraiment étrange (grisâtre).
 
Un jour, un jour... après l'Écosse, l'Irlande, my friends! (J'essaierai quand même de faire un détour par le Western Manor House Hotel en Écosse pour aller faire un petit coucou (SARCASME) à Neil). 


 

dimanche 13 mars 2011

Epic fail (prise 54 604).

Bon, le raté date de plusieurs jours, mais vu mon horaire surchargé (entendre ici : mon âme procrastinatrice imbattable), je n'ai pas pu le publier ici avant.

Alors que j'étais gaiement en Floride (la belle époque), j'ai envoyé joyeusement des cartes postales, dont certaines étaient accompagnées de lettres. Eh bien, j'ai OUBLIÉ de mettre l'une d'entre elles dans l'enveloppe. Donc, oui, j'ai posté une enveloppe avec seulement la carte postale dedans (avec écrit sur celle-ci : "Bon, ça me sert à rien de tout te raconter sur la carte, tu as une lettre qui vient avec").

Ouais, ouais. Moi et la poste, vraiment.

C'aurait pu être pire. J'aurais pu envoyer une enveloppe vide.

dimanche 6 mars 2011

Comment bien commencer la journée

Il y a deux jours, je me suis acheté un décadent Rice Krispies trempé dans le caramel et le chocolat. Parce que je l'avais acheté après être allée manger au restaurant, je n'en avais mangé que quelques bouchées.

Alors ce matin, à mon réveil, je vois ce sac contenant le Rice Krispies. Je sais que je pars ce soir. Alors, je me dis : « Tiens, tiens, POURQUOI PAS? ». Alors je confirme : y'a rien de mieux qu'un peu de sucré pour se réveiller en beauté.

Mordons dans la vie, brave compagnons.

C'était le conseil du jour.