C'est dit. J'ai volé.
Oui.
L'été passé, j'ai volé deux articles à l'hôtel, le dernier jour de mon emploi. J'avais un pressentiment que ce ne serait pas tout à fait un vol, mais mon simple dû. J'ai bien fait au fond. J'ai volé un roman dans une petite bibliothèque poussiéreuse qu'aucun client ne consultait. Seules Sara et moi y jetions parfois un regard. C'était un roman sans grand attrait, au fond : "Highland fling". L'histoire n'était pas particulièrement bonne, mais elle se passait dans les Highlands et mettait en scène tous ces petits détails de la culture écossaise que j'avais appris à connaître au cours de l'été.
Puis j'ai volé un crayon, un style. Tout à fait banal lui aussi. Il a dû leur coûter 20¢. Mais je l'aimais bien. Je l'avais préféré tout l'été, à cause de sa pointe fine. Il faut d'abord spécifier que j'ai un amour inconditionnel pour les stylos... ceux qui écrivent bien, selon mon goût. Et je l'avais tant aimé que je n'ai pas pu me résoudre à le laisser là.
Jusqu'à présent, ces actes constituent les plus grands gestes criminels de mon existence.
Mais au fond, puisqu'ils ne m'ont pas payée, je n'ai fait que leur soutirer l'équivalent de peut-être 10 $ de ma paie.
Alors j'ai retrouvé, tantôt, le stylo, dans le fond de ma chambre (je découvre chaque jour des trésors dans ma chambre, ce qui devrait m'inciter à y faire le ménage plus souvent).
Je suis bien résolue à le vider en écrivant ma colère sur toute cette histoire. Je l'utiliserai pour des injures, des menaces, des cris, jusqu'à ce qu'il soit complètement sec. Et ensuite, après avoir beurré mon journal d'aberrations, je serai sereine. Et je jetterai ce crayon maudit.
Amen.

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