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dimanche 17 avril 2011

Printemps, un conte à la québécoise.

Alors je vous le donne dans le mille : écrire pour me distraire (encore) des études.


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Doux Printemps du Québec, toujours aussi timide, à se cacher derrière l’imposant hiver. Dès qu’il fait ses premiers pas dans le cycle des saisons, l’hiver, jaloux, rapplique dans la seconde. Hier encore, les bourgeons pointaient, l’herbe gigotait d’enfin pouvoir poindre et les oiseaux gazouillaient plus gaiement que jamais. Aujourd’hui, tout est blanc. L’Hiver n’a pas dit son dernier mot dans les montagnes de la Mauricie, non! Mais le Printemps, s’il est aux premiers abords assez discret, ne se laisse pas ainsi démonter. Que cette neige soit souillée! De ses pluies froides et mordantes, le Printemps attaque sans relâche ces vils centimètres de neige qui ont osé détruire tout espoir de chaleur. Les nuages sont encore lourds et épais, mais bientôt le soleil apparaîtra et là, oh! que l’Hiver attache sa tuque! 

Le Printemps est fier. Il a de la difficulté à s’imposer, certes, parce que ses armes sont moins puissantes que celles de l’Hiver, mais il vainc toujours, après des efforts monstrueusement lents. La pluie, après la neige de la nuit, ruisselle sur les fenêtres. La neige, vaincue, fond et se ligue avec la pluie pour éclabousser notre vue de l’extérieur.

Ah tiens! Le soleil, le voilà! Blasé, il se dit qu’il pourrait bien intervenir. Oh, bien sûr, il est moins glorieux au printemps qu’il l’est en hiver, car moins reflété, mais l’avantage au printemps, c’est qu’il produit toujours un effet plus victorieux. Les humains et tous les autres êtres vivants au fond, animaux, plantes, arbres, fleurs, tournent leur visage vers lui et se repaissent de ses rayons. Il ne sort pas encore toutes ses armes… tout de même! il doit se garder un peu de gloire pour l’été, mais on voit ses efforts. 

Les conifères se dandinent dans le vent du sud. Ils sont tout excités! Bientôt ils ne seront plus seuls dans le monde du vert. Leurs amis les feuillus s’en viennent! Oh, bien sûr, ils ne seront plus les rois de la forêt… mais qu’est-ce au fond de perdre un peu de célébrité? Ils la retrouveront bien assez rapidement, de toute façon.
Une danse digne des plus grands ballets. Une lutte, une collaboration, un gagnant.

Et moi, bien au chaud, je bois un thé en regardant la nature se dévergonder. Je plisse les yeux quand le soleil devient trop vif. Je suis aveuglée par tant de violence. Je glousse parfois en voyant les poules et les coqs fixer la neige avec incrédulité. Hier encore, ils se baladaient en caquetant entre les plaques de neige brunâtres. Pauvres petits! Encore quelques jours et vous pourrez profiter du retour de la belle saison. C’est une promesse que vous fait chaque année la Nature.
        

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