Hier matin, j'étais cordialement invitée (je m'étais évidemment invitée moi-même) à prendre un thé avec Jimmy au Vieux-Port, où son bateau est amarré pour la semaine.
Alors voilà. Joie joie joie, je me stationne sur la rue Gosford, juste à côté de la place Jacques-Cartier. Je pars de la voiture, je déambule gaiement parmi les touristiques, les guides qui demandent en anglais si quelqu'un sait à quelle date Montréal a été fondée, les vendeurs ambulants, les artistes qui dessinent des caricatures des passants et les nombreux kiosques de nourriture.
La journée est magnifique et le port est tout ensoleillé. J'envie soudainement les touristes de découvrir l'endroit pour la première fois de leur vie. Et puis se promener ici, c'est toujours joyeux : tout le monde est en vacances et est heureux. Personne n'est stressé ou soucieux. Les gens pointent des points au loin en souriant, d'autres prennent des photos, d'autres encore passaient des commentaires dans toutes les langues sur la mignonitude de l'endroit. Je comprenais l'anglais, le français de France, l'espagnol, l'italien... mais je dois avouer que je n'aurais pas pu dire si les Asiatiques trouvaient l'endroit beau ou non. Leurs intonations me mystifient encore.
Alors voilà, j'arrive finalement aux quais, je descends, je demande à la grille de me rendre au « bateau de M. Milette » puis j'atteints enfin le bateau climatisé (béni soit-il). Aussitôt les bises échangées, je fige.
- AH MERDE, m'exclame-je, MON PARCOMÈTRE. JE NE L'AI PAS PAYÉ.
Évidemment.
- Tu m'accompagnes? moi de demander.
- Non, je vais terminer d'aplatir mes cheveux pendant ce temps.
Évidemment.
Alors je repars à la course, robe et cheveux dans le vent. La scène peut paraître romantique (au sens large) vue comme ça, mais en fait, ça s'approchait beaucoup plus du lamentable. Surtout lorsqu'il fait plus de 30 °C dehors. Alors je reziguezage entre les touristes souriants, qui soudain me regardent tous en se demandant sûrement qui est cette personne stressée parmi tous ces vacanciers.
Je peux vous garantir que courir un kilomètre en montant la place Jacques-Cartier, en robe et en sandales, ce n'est pas la joie.
Et là, que n'entends-je pas?
- Anne-Marie!?
Évidemment.
C'étaient les parents de Jimmy et leurs amis, assis sur une charmante terrasse. Je ralentis, ruisselante et complètement essoufflée et leur cris que je reviens, que j'ai oublié de payer mon parcomètre.
Je pense qu'ils ont trouvé la vision très drôle.
Alors finalement.
J'arrive sur la rue Gosford et qu'est-ce que je ne vois pas sur le coin en train de tourner? Une voiture de police. J'accélère le pas et je cours, carte de crédit à la main jusqu'au parcomètre.
J'étais donc à 30 secondes d'avoir une amende.
Pas besoin de dire qu'en revenant au bateau, j'ai dû passer un bon dix minutes (et une bouteille d'eau glacée) devant l'air climatisé avant de pouvoir prendre le thé promis.
Voilà. C'est tout. Un autre grand classique de vie.

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