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samedi 28 janvier 2012

Good auld nights a' McCarold's...

Donc, pour ceux d'entre mes quelques lecteurs qui ne feraient pas partie de la faune étudiante de l'Université de Montréal ou qui en font partie, mais ont une notion vraiment déficiente du campus universitaire, le McCarold's, c'est le pub le plus populaire chez les étudiants (La Maisonnée étant un resto-bar). On y mange de la nourriture de pub (Shepherd's pie, hamburgers, jarrets d'agneau, ragoûts...), ce qui est un TRÈS gros plus.

Bref. Vous voyez le topo. Alors depuis, ma foi, quelques jours, on a décidé que c'était notre nouveau point de rassemblement. Le fait est : les gens y sont principalement jeunes (et souvent agréables au regard), mais on y trouve quand même quelques hommes étranges d'âge avancé qui mettent un peu de personnalité à l'endroit (au contraire de La Maisonnée, où on trouve EXCLUSIVEMENT des étudiants).

Donc mardi dernier, après notre cours de traduction technique qui était, sainte, plus que passionnant (on a passé la totalité du cours à traduire en petits groupes le guide de l'utilisateur d'une affranchisseuse numérique... yaouh), j'ai dit à Kathy que j'avais besoin d'un scotch pour m'en remettre (ça nous prend parfois... on devait être des guerriers écossais dans une autre vie...). Au passage, on a informé Stéphanie de nos intentions :
Moi : On va prendre un scotch au McCarold's, tu viens?
Steph : Oui!
Notre nonchalance devient désarmante.
Donc tout a fini avec un scotch, une bière noire (pour faire durer le scotch plus longtemps) et un pichet d'eau glacée. Raawr.

Et puis hier soir, on décide d'entraîner Ève dans l'aventure (!). Une bière plus tard, Kathy et moi en étions à la convaincre qu'il fallait absolument qu'elle écoute Fast and Furious (le premier), qu'un c'était un incontournable des films d'action (même si 1) on n'aime pas les voitures, 2) on n'aime pas Vin Diesel, 3) on n'aime pas Paul Walker).
Kathy (tout en portant des perles et une robe style année 60) : Non, mais ma fille, quand Vin Diesel pogne la fille et la calique sur le char... j'te jure que tu veux voir ça. Que t'aimes Vin Diesel ou non.

C'est à ce moment très précis que je me suis rendu compte que le McCarold's a un effet néfaste sur notre féminité. (Un instant plus tard, la discussion dérivait sur un débat à savoir si le premier Terminator était meilleur que le deuxième... argumentation : certes, l'histoire est meilleure dans le deuxième et les répliques légendaires proviennent de celui-là, mais Arnold Swartzeneger est mille fois plus badass en méchant qu'en allié).

Heureusement, on se rattrapera demain soir... on y tiendra notre sixième rencontre du club de lecture. Pas que ce soit féminin (peu importe ce que veulent en penser plusieurs personnes), mais y'a moins de chance qu'on finisse par parler des films de Bruce Lee.

Longue vie aux pubs irlandais.

P.S. Oui, je sais, "auld", c'est un mot écossais. Mais c'était visuellement plus attrayant.  

dimanche 22 janvier 2012

Bonne fête, maman!

Aujourd'hui, c'est le 22 janvier. Et donc, c'est la fête de ma mère préférée :)!

Puisqu'elle est probablement ma plus fidèle lectrice depuis, ma foi, toujours, je tenais à lui dédier ce message.

Je voulais lui dire à quel point je suis fière de l'avoir comme mère. Un jour, une amie m'a dit à son propos quelque chose qui m'a marquée : « Je pense que si ta mère est si sympathique, c'est qu'elle nous écoute vraiment quand on lui parle et qu'elle s'intéresse vraiment à ce qu'on lui dit ». Si ma mère est en fait une solitaire, elle a ce don inné de se faire aimer de tous.

C'est elle qui nous a initiées, nous ses trois filles, aux joies de la lecture dès notre plus tendre enfance. Nous nous rendions régulièrement à la bibliothèque de Bois-des-Filion pour choisir des albums pour enfants. Nous y restions parfois plus d'une heure pour choisir avec soin les meilleures histoires. Et puis, presque chaque soir, nous allions au salon et on s'assoyait toutes les quatre -- Isabelle sur ses genoux, Laurence et moi sur chaque côté -- pour qu'elle nous lise une histoire. Encore aujourd'hui, je me souviens de notre excitation à découvrir le monde des mots et à se plonger dans une nouvelle histoire. Depuis, nous partageons, elle et moi, cette passion commune pour la littérature et la rédaction. On peut passer des heures à discuter de livres.

Ma mère m'a aussi appris à m'émerveiller des petites choses de la vie, que ce soit une bonne tasse de thé au lait, un coucher de soleil ou le son de la pluie sur le toit. Mais si elle dit qu'elle n'est pas bonne pour inventer des histoires ou rédiger des écrits littéraires, elle a l'âme d'une poète et, à travers ses yeux, tout est beau et poétique. Et puis, dès qu'on lui propose une activité, elle est partante, que ce soit d'aller acheter de nouvelles bottes d'hiver, d'aller à la Grande Bibliothèque ou simplement d'aller prendre une marche dans le quartier.

Et puis, peu importe nos projets, elle a toujours été là pour nous encourager. Que ce soit d'aller en Tunisie à 13 ans, d'écrire un roman ou de s'inscrire à des cours de gymnastique (probablement la pire idée de tous les temps), elle était là pour nous soutenir et nous pousser à continuer jusqu'au bout de nos idées. Malgré sa nature de mère, elle s'est réjouie avec nous quand nous sommes parties seules à l'autre bout du monde et elle s'est même fait un devoir de m'envoyer régulièrement des lettres pour me transmettre un peu la chaleur de mon chez-moi.

Et, bonus bonus, elle sait comment utiliser Facebook de façon appropriée (ce qui n'est PAS encore le cas de mon père, qui s'amuse à me demander si je viens souper en commentaire sur mes photos de profil). Elle va même parfois sur les sites de memes et sur Twitter, lit les Harry Potter pour se tenir au courant de ce qui passionne notre génération, pour mieux nous comprendre.

Des fois, elle prétend que parce qu'elle a été adoptée à huit mois, elle a manqué d'amour maternel dans les premiers mois de sa vie et que c'est pour ça qu'elle en a tant à donner aujourd'hui.

Parfois (souvent), elle prend l'autobus le matin pour se rendre jusqu'au train afin que nous puissions prendre la voiture pour l'une de nos activités qui l'exigent. Et jamais elle n'hésite à le faire pour nous faire plaisir.

Notre mère, elle a une hantise des lumières fortes (littéralement), elle ne comprend toujours pas notre sarcasme, elle est parfois distraite, elle pleure à la moindre émotion (ça, elle prétend que c'est parce qu'à la naissance, ses glandes lacrymales ne fonctionnaient pas et que les médecins les ont trop « débouchées ») et elle est prompte (et obstineuse, malheureusement, comme moi), mais c'est la meilleure mère au monde.

Bonne fête, maman.

Ne pleure pas trop, là. Héhé.

jeudi 19 janvier 2012

Hommage aux études en traduction

Donc aujourd'hui je suis allée prendre ma photo de finissants. Après avoir passé près de m'étrangler avec le faux collet de chemise (nous femmes ne sommes pas habituées d'attacher le dernier bouton de la chemise), j'ai agrippé mon faux diplôme de traduction et j'ai souri pour les besoins de la cause. Tout ça me rend très nostalgique (d'avance).

Et à vous, je vous offre la liste des joies des études universitaires en traduction. Vous risquez d'être jaloux, de quitter votre programme et de vous inscrire sur-le-champ au programme de traduction. Juste un petit avertissement.

1) Les horaires qui nous permettent de dormir... souvent. Je ne suis pas une grande dormeuse, mais le simple fait de POUVOIR le faire me rend folle de joie... et ce, maintenant CINQ matins par semaine (amen).

2) Le fait que je n'ai en moyenne qu'un seul cours par session qui m'oblige à étudier pour mes examens. Le par coeur ne fait heureusement plus beaucoup partie de ma vie.

3) Les étudiants qui me ressemblent tellement. Presque tous geeks (chacun à sa façon : geeks d'informatique, geeks de jeux vidéos, geeks de lecture [MOOOOOI], geeks de films et de télé...), tous ouverts d'esprit (on aime nos étudiants étrangers), tous plus ou moins socially awkward (certains savent mieux le cacher que d'autres) et surtout tous avides de savoir (en une seule semaine, on peut passer des textes littéraires aux textes de comptabilité aux films aux textes d'ingénierie... disons qu'on est forcé d'apprendre que nous le voulions ou non sur tous les sujets). J'adore mes confrères et consoeurs (rédaction épicène, héhéhé). Ils ont tous une personnalité unique et complètement fascinante. Ce programme, c'est la revanche des geeks.

4) Notre talent inné au karaoké. Faut vraiment arrêter d'aller traduire instantanément les chansons de La Maisonnée. Tout le monde nous trouve étrange (IL TOMBE DES MÂLES! ALELUHIA), faut vraiment arrêter ça.

5) Nos soirées de party, qui se résument généralement à parler (et éventuellement, hurler de rire) autour d'une bière (payée par l'asso, HOLÉ). C'est principalement grâce à ces soirées que j'ai appris à connaître des dizaines et des dizaines de personnes (si j'avais su à 10 ans [être extrêmement timide que j'étais] qu'un jour j'allais avoir tout plein d'amis... snif, snif, je suis émue).

6) Les Jeux de la traduction, le paradis du traducteur sociable qui aime rencontrer des traducteurs de partout au Canada (c'est tellement excitant quand ils viennent d'aussi loin que le Manitoba, l'Ontario et le Nouveau-Brunswick!). On se rend alors compte qu'on est beaucoup au pays à se battre pour nos langues officielles, pour leur qualité et pour leur importance culturelle.

7) L'intelligence facebookienne des étudiants. Les étudiants en traduction sont reconnus pour leurs commentaires hilarants et toujours ô combien pertinents (dans un français parfait, s'il vous plaît), pour leurs statuts épiques (OUI, ÈVE, J'UTILISE « ÉPIQUE », bon) et pour leur engagement politique et culturel sans faille. Pour plusieurs, Facebook est un outil inutile et stupide... pour moi, il devient une plateforme de mise en commun des meilleures nouvelles des derniers jours, de jeux de mots toujours plus louches les uns que les autres et de republiage de touches humoristiques web particulièrement délicieuses. (Quoique j'ai aussi beaucoup d'amis d'autres programmes qui y contribuent).

8) L'Association étudiante. Nous avons beau être un programme, nous nous battons année après année pour offrir à nos étudiants la meilleure vie étudiante possible... et ça porte fruit! Au début de mon bac, nous étions une dizaine aux 4 @ minuit... maintenant nous sommes souvent plus de 40 (Dieu bénisse les Espagnols qui sont fidèlement présents à TOUS les événements). Nos conseils exécutifs qui se tiennent sur l'affreux divan bleu et sur les sièges défoncés du local de l'asso me manqueront! Mon mandat prendra officiellement fin dans deux mois et j'avoue que je m'ennuierai de recevoir les menaces facebookiennes de Jean-François qui veut que j'envoie les invitations aux diverses activités. Et puis, mon rôle, même si assez facile, venait avec son lot de célébrité (WOUHOU, l'accomplissement d'une vie).

9) Les longs débats linguistiques. Je me souviens particulièrement de ce cours avec Réal Paquette où nous avions passé trois heures à traduire deux phrases. Mais, mes amis, ces phrases étaient PARFAITES. Une syntaxe, une idiomaticité et une fluidité parfaites. Moi, amatrice de mots et de français, étais au paradis (dur à croire pour les non initiés, je le sais, mais tout à fait vrai).

10) Nos stages. J'entends tous mes amis qui doivent faire des stages obligatoires et non rémunérés, pendant leur session. Alors que nos stages sont optionnels (quoique fortement recommandés) et très bien rémunérés. Non seulement nous avons donc des emplois d'été de rêve, mais en plus on en ressort plus riches. Longue vie à la traduction.

11) Notre sous-statut. Pas que j'aime que les traducteurs soient sous-estimés, mais ça me permettra d'avoir une cause pour laquelle me battre dans la vie. Faire valoir les compétences des traducteurs et leur importance dans le roulement de l'économie canadienne (oh oui, j'ai dû lire un rapport de 120 pages là-dessus). Par contre, si quelqu'un me demande encore 1) combien de langues je parle, 2) de lui traduire instantanément une phrase en japonais, 3) qu'est-ce que je veux faire avec un diplôme en traduction, 4) à quoi ça sert d'apprendre les anglicismes, de toute façon ils passeront dans l'usage bientôt, 5) si tous les étudiants mâles sont gais, 6) dans combien de temps je pense que les ordinateurs réussiront à faire ce qu'on fait, 7) pourquoi je ne vais pas plutôt en interprétation, 8) si je compte traduire dans une troisième langue bientôt; je risque de hurler.

12) La complicité traductionnelle. J'ai dû travailler avec beaucoup d'étudiants et débattre sur beaucoup de mots au cours de mes études. Mais quand on trouve ces personnes avec qui on travaille parfaitement, c'est vraiment la meilleure sensation au monde. Ces personnes dont on respecte le talent et à qui on fait confiance presque les yeux fermés quant aux travaux que l'on partage. Mais qui respectent aussi nos idées et nous font confiance.

13) Notre initiation hors norme, où nous partons tous une fin de semaine dans un vieux chalet dans le fin fond des trous et où il n'y à peu près aucun bizutage (à part peut-être la fameuse course à obstacles pommes-eau-farine-poche-de-patate) et où tous les étudiants, peu importe l'année, sont les bienvenus pour accueillir les premières années. Oui, nous sommes cul-culs comme ça. Mais que seraient les traducteurs sans leurs traditions quétaines?

14) Et finalement, le mur des citations, qui regroupe les « meilleures » citations de tous les temps proférées par des étudiants ou des enseignants en traduction, parmi lesquels on retrouve quelques perles :
- « Étudiants, dans la rue, contre l'éducation », fameux lapsus de J-F durant la manif contre la hausse des frais de scolarité
- « Nous autres, on aime ça les langues », pas mal tout le monde, qui s'amusent à faire des jeux de mots douteux.
- « À tous ceux qui me disent que n'importe quel bilingue peut être traducteur, je leur réponds que ce n'est pas parce que je respire depuis ma naissance que je peux être inhalothérapeute », un professeur qui a à coeur la reconnaissance de notre travail.
Et autres blagues traductionnelles mauvaises.

Longue vie à la traduction.

P.-S. Cette liste est une ébauche. Peut-être sera-t-elle améliorée avec le temps.

mardi 17 janvier 2012

Ces soirées étranges...

Y'a de ces choses dans la vie qu'on n'aurait jamais été capable de s'imaginer, même si on le voulait bien.

Donc je vous raconte notre fabuleuse (?) soirée. Mon amie Stéphanie avait gagné un concours où elle pouvait aller à une soirée cinéma avec trois de ses amis... voir Un Prince à New York avec Rachid Badouri. Oui, oui, le film des années 90 avec Eddie Murphy (FAIS PAS CHIER, MEC). Probablement le film qui nous a tous enseigné à parler l'argot français (probablement le seul film qui est éminemment plus drôle doublé en français qu'en version originale). En fait, tous les gagnants remplissaient à peu près une salle de cinéma.

Donc voilà. Moi, Stéphanie D., Stéphanie C. et Kathy, on se pointe au cinéma du Quartier latin (quoi de mieux à faire un lundi soir, vraiment?). Grosso modo, on avait droit à un pop-corn et une liqueur gratuits, à 9 jetons d'arcade et à une séance photo avec Rachid Badouri (WOOOOOOUHOU. Non.). Évidemment, nous étant nous, on était passablement plus excitées par les courses de moto d'arcade que par la séance photo.

Mais avec notre chance habituelle, y'a une simili journaliste avec un caméraman qui s'approchent de NOUS (Seigneur) pour nous interviewer (probablement pour les extra du DVD de Badouri ou je ne sais pas trop). En tout les cas, faut préciser qu'on n'était probablement les personnes les moins enthousiastes de la place (c'est donc à se demander pourquoi ils sont venus nous voir), parce qu'admettons-le, nous ne sommes pas tout à fait des fangirls finies (sauf Stéphanie C. avec les Japonais, mais ça c'est une autre histoire). En fait, Kathy n'avait jamais vu de numéro de Rachid Badouri. Donc donc. La "journaliste" (appelons-la ainsi pour les besoins de la cause) demande à Stéphanie si elle est contente, si elle est excitée, etc., etc. Stéphanie essaie de mettre le plus d'enthousiasme possible (l'effort était là), puis la journaliste se tourne vers moi. Eh bien je me dis que c'est le bon moment d'être sarcastique (en fait, je ne l'étais pas VRAIMENT). J'ai vraiment un problème. Ils vont probablement me couper au montage. C'est sûrement mieux comme ça. S'ils ne me coupent pas, pardonnez-moi d'avance de mon mauvais humour.

Mais ce n'est rien comparé à Kathy. Alors qu'on arrive finalement à Rachid Badouri (SO EXCITING), il nous demande nos prénoms. Stéphanie, Kathy, Anne-Marie, Stéphanie. Kathy dit alors, tenez-vous bien : "Ben oui, la gang des i". OH SEIGNEUR JÉSUS. Probablement la pire blague de tous les temps devant l'humoriste le plus à la mode des derniers temps. Même Rachid n'a pas trouvé quelque chose de drôle à ajouter à ça. C'était vraiment d'une beauté. (Notre grâce et notre subtilité féminines est sans bornes).

Puis on se rend dans la salle de cinéma, où on a la chance unique d'avoir un animateur de NRJ (tuez-nous) qui est vraiment du style vieux mononcle cochon. En tout cas, il nous invite à participer à un quiz pour passer le temps. Vous pouvez imaginer notre excitation (passion pour les quiz, que voulez-vous). EH BIEN FINALEMENT, c'était un quiz à propos de SCENE, une carte de points (un peu comme la Air Miles version cinéma), qui avait organisé le concours. Du genre : "Combien y a-t-il de membres SCENE au Canada?". Bref, pire quiz de tous les temps (dont toutes les questions vrai ou faux avaient pour réponse VRAI).

Alors Rachid se pointe enfin et prend la relève de cet hurluberlu qui nous servait d'animateur. Nous on écoute attentivement, armées de notre pop-corn, de nos nachos et de nos hot-dogs (ON N'AVAIT PAS SOUPÉ, bon). On a eu notre moment de gloire pendant la photo "concept" de groupe où nous devions avoir l'air fâché. Évidemment, Kathy et moi avons une grave tendance à éclater de rire à ce moment précis (rappelons l'hystérie du brunch de Noël en traduction). Rachid a fait un commentaire à notre propos. VICTOIRE, CÉLÉBRITÉ! (Non)

Et puis ENFIN, le film qui, heureusement, valait tout ce brouhaha. J'avais vraiment oublié à quel point ce film était bon (SEXY CHOCOLAT... j'espère que vous vous en souvenez). Et puis c'était tellement... 1990. Vraiment magique à voir au cinéma. Surtout dans ce contexte, où le monde applaudissait à l'entrée de Samuel L. Jackson et après la performance de Sexy Chocolat. On a ri comme de vraies petites folles (probablement l'hystérie du moment). Et puis notre QI avait chuté incroyablement (Kathy lançait du pop-corn à Stéphanie, mais la ratait toujours et frappait à la place l'autre Stéphanie). Et on s'amusait à lancer "pléonasme" quand l'animateur en commettait ("monter en haut", "mauvais défauts"...). Le problème quand on sort entre traductrices.  

Bref. Mes soirées de filles sont manifestement hors norme.

Nous expliquerons tout ça par la fatigue. OUI.

Et voilà comment j'ai rencontré Rachid Badouri. Certes un excellent humoriste et une très sympathique personne... mais sérieusement, je ne suis groupie que des auteurs (faut pas me laisser au Salon du livre).

Forever geek.

lundi 2 janvier 2012

Même en 2012, ma vie est toujours aussi passionnante.

Alors voilà, c'est 2012. Deux « 2 » et j'aurai 22 ans. MAGNIFIQUE. Ça ne peut être qu'une bonne année pour la génération 1990 (la meilleure).

Je commence l'année en beauté, à Sainte-Ursule (cette maison est si belle qu'elle me donne envie de rire de bonheur chaque fois que j'y entre).

Alors ma grand-mère nous a montré cette plaque en boisque mon grand-père avait trouvé en rachetant la maison. Elle était entre deux murs, dans ce qui était autrefois une dépense (maintenant agrandie en une cuisine). On peut y lire : « On fini [sic] la construction aujord'hui [sic]. Il reste seulement que [sic] la peinture. Irénée Gagnon, 1913 ». Constructeur de la maison. On a décidé qu'on allait réparer la corde pour hisser le drapeau québécois dans la cours (mon grand-père avait littéralement une caisse de drapeaux de rechange, sans parler des drapeaux acadiens qu'il hissait pour ma grand-mère pour la fête de l'Acadie) lors du centième de la maison.

Donc, tout ça pour dire que j'ai eu une soudaine envie de lire sur Sainte-Ursule.

Je me suis donc amusé à lire « Histoire de Ste-Ursule », un ouvrage que j'ai trouvé dans une armoire de l'ancien bureau de mon grand-père (la vie est excitante à la campagne, surtout quand la parenté n'est pas encore arrivée). Un honorable document tapé à la machine (certaines fautes étaient biffées). Dommage qu'ils n'aient pas fait de DVD, comme à Bois-des-Filion (deux heures de vie très bien investies). Ce qui m'a le plus marqué (vous allez être surpris), c'est qu'ils écrivaient le mot « chute » : « chûte». Je me suis demandé si ce n'était pas une ancienne graphie, alors je suis allée consulter un dictionnaire Bélisle des années 1950 (sans rire, ce dictionnaire fait un bon 20 cm d'épaisseur; j'ai passé très près de me fouler un poignet en le prenant). Alors je me rends compte que l'origine de chute est « cheute ». Il était donc plus que possible que la contraction du e et du u ait fait un û.

Après de plus amples recherches dans un dictionnaire étymologique, j'ai découvert qu'on écrivait « chûte » entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Donc probablement que l'auteur du document (potentiellement une collaboration des membres du club d'histoire de Sainte-Ursule, qui oui, existe) s'est fait trompé par un document écrit de 1750 qui mentionnait les « chûtes de Ste-Ursule ».

Fascinant.

P.S. Vous saviez qu'il y avait eu un tremblement de terre énorme au Québec en 1663? Énorme au point d'agrandir de petites failles dans le sol qui sont devenues les chutes de Grand-Mère, les chutes de Shawinigan et les chutes de Ste-Ursule! Donc au moins 50 km de circonférence.

Jeez. Ma vie est passionnante.

C'était la minute d'Histoire en compagnie d'Anne-Marie. En préparation pour mon cours « Histoire de la femme au Canada » (HAHAHAHA, oui, le seul cours d'histoire qui entrait dans mon horaire).