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jeudi 24 novembre 2011

Nostalgie et écriture

*Conseil : écouter http://www.youtube.com/watch?v=t1TcDHrkQYg pour un effet plus réussi*

À onze ans, je me rendais souvent avec mes sœurs et avec nos quelques amis qui habitaient sur la même que nous dans le grand champ qui borde la route 335 à Bois-des-Filion. C’est à cet endroit que l’on construira – finalement – l’autoroute 19. Un petit sentier escarpé nous menait jusqu’à une grande fosse où aboutissait un tuyau d’égout. Peut-être n’était-ce que des eaux grises, je ne le sais pas. Une grande mare s’y était formée et il y flottait plusieurs déchets, dont un vélo et quelques pneus abandonnés. On se serait crus dans Stand by Me ou peut-être même dans Les aventures de Tom Sawyer. Ou en tout cas, dans notre tête pleine de jeunesse. Alors, armés de lampes de poche, nous partions à l’aventure dans l’immense tuyau. Notre objectif était d’aller plus loin que le premier tournant – j’ai réussi une seule fois à le faire. Nous l’essayions quelques fois par semaine, dès que nous n’avions rien à faire. Je devais toujours y aller la première parce que j’étais la plus vieille. Mes sœurs devaient être au centre avec nos amies et Marc-André devait fermer la marche parce que c’était le seul garçon. Habituellement, après quelques pas, ma sœur Laurence se mettait à hurler « J’AI ENTENDU QUELQUE CHOSE, ON PART! ». Ceux qui la connaissent savent pertinemment qu’elle n’a pas changé depuis. Alors tout le monde partait en hurlant et j’étais laissée seule avec mon orgueil et ma lampe de poche.

Après, nous nous rendions dans un grand parc qui se situait au centre de cours de maison. C’était un parc peu connu à Bois-des-Filion où je suis allée quelques fois plus tard pour jouer au croquet avec des amis (oui, nous avons commencé à jouer au croquet après la mort de mon grand-père, quand ma grand-mère a ainsi découvert un vieux jeu de croquet qui lui appartenait dans le garage). À l’époque, il y avait un énorme arbre duquel pendait une espèce de liane naturelle. Nous grimpions de façon assez acrobatique jusqu’à une branche élevée et nous sautions dans le vide avec la liane. Derrière l’arbre, dans un petit fossé rempli de buissons, nous avions construit une petite cabane où nous tenions à peine à deux.

Nous finissions parfois nos journées d’été en nous rendant dans le boisé au bout de la rue Carmel, à Terrebonne. Nous n’avions qu’à escalader un sentier particulièrement à pic pour atteindre une petite clairière à quelques centaines de mètres de l’autoroute 640. Là, on trouvait une panoplie de framboises et de mûres. Parfois même des fraises des champs.

Et puis quand il faisait très chaud au camp de jour, nous partions en expédition. Nous traversions les viaducs inutiles construits il y a près de 40 ans (ceux qui serviront un jour à la 19, autoroute promise depuis quarante ans, mais inachevée à cause de manques de fonds) et nous marchions près d’une demi-heure dans la forêt qui longeait la 640 pour atteindre une petite cascade dont le fond était en glaise. On les appelait les chutes de glaise. On se rendait en haut et on s’asseyait dans la cascade, puis on se laissait glisser (la glaise mouillée est VRAIMENT glissante) jusque dans une mare remplie de crapauds. Les garçons se plaisaient à nous lancer des mottes d’argile dans les cheveux. Puis nous repartions et marchions avec la peau craquante jusqu’au camp de jour où on se rinçait avec de l’eau glaciale.  

Quand j’avais treize ans et que j’étudiais à Rosemère, j’aimais le midi aller m’asseoir avec mes amies dans un petit parc pavé de briques où trônait une grande fontaine souvent remplie de savon par des garçons de notre âge qui cherchaient à se divertir. On s’assoyait sur un banc de parc et on y mangeait notre lunch. C’était à l’époque où les yogourts à boire étaient très à la mode (tellement plus cool qu’un yogourt habituel) et donc on s’amusait, une fois le contenant vide, à le presser le plus fort possible et à regarder qui avait réussi à faire voler son bouchon le plus loin.

Parfois encore on allait à un grand parc qui bordait la rivière des Mille-Îles, à dix minutes à pied de l’école secondaire. On s’installait sur les balançoires, on se balançait le plus haut possible et c’était à celle qui réussirait à sauter et à voler le plus haut. Nous tracions alors de magnifiques arcs dans le vide avant de nous écraser dans le sable en rasant la foulure chaque fois.

D’autres fois, nous allions manger près d’un grand étang où des canards, des oies et des cygnes pataugeaient gaiement. C’était à celle qui réussirait à lancer son bout de pain le plus loin.

Et sinon nous allions « illégalement » dans la cour de l’école primaire pour jouer à Homme sur terre dans les modules pour enfants, avant de nous faire chasser par une surveillante qui nous aurait remarqués.

Aujourd’hui, j’ai vieilli et ces activités ne font plus partie de mon quotidien.

Mais aujourd’hui, la fosse sera remplacée par une autoroute, la liane a été coupée par la ville parce qu’elle était trop dangereuse, la clairière de framboises a été remplacée par des condos, la chute de glaise a été remplacée par un quartier industriel. Le Bois-des-Filion de mon enfance a disparu. Maintenant, nous avons une réglementation sur le style des panneaux d’affichage, nous avons des haut-parleurs qui jouent de la musique sur la rue principale et nous avons des platebandes de fleurs à la tonne pour décorer la ville. La ville a certes un charme évident maintenant… mais tous ces endroits qui nous paraissaient autrefois pittoresques et aventureux dans notre jeune temps ont disparu. Je sais que c’est aussi le cas de la plupart des enfants qui ont grandi en banlieue. Les terrains vagues qui ont modulé notre enfance se vendent à des prix d’or et ne survivent jamais une décennie.

On me demande souvent où je trouve toute cette inspiration pour écrire sans arrêt, fictions et blogues. Je la trouve dans ces souvenirs furtifs qui me permettent encore aujourd’hui de garder non seulement un cœur d’enfant, mais un cœur optimiste. Je sais que chaque événement vécu, je m’en ennuierai dans quelques années. Et donc je profite du moment présent pour que les traces de ma jeunesse demeurent toujours colorées dans mon esprit.

Je suis une nostalgique incorrigible. Je l'admets volontiers et sans honte. 





lundi 21 novembre 2011

Ça m'énerve

Dans la foulée tardive du plus que très (trop) célèbre hit de Helmut Fritz (Ça m'énerve), j'ai décidé de faire une liste (non exhaustive et sujette à ajouts) des trucs qui me tapent vraiment sur les nerfs. L'ordre n'est pas particulièrement important. Si vous vous reconnaissez là-dedans, dites-vous que je vous ai déjà averti de l'irritant si vous êtes mon ami ou de ma famille. Alors ne vous inquiétez pas.

Je fais des efforts pour essayer de ne pas trop chialer dans la vie de tous les jours, mais condition de Québécoise oblige, je craque souvent. Et des fois, j'ai besoin de me défouler.

Section télévision et films
1) Le fait que Tout le monde en parle soit la meilleure émission qui passe à Radio-Canada et que ce soit la seule qui ne soit pas sur Tou.tv.
2) Occupation double et tout ce qui s'y rapporte (particulièrement la chronique à Salut Bonjour là-dessus). Et le fait que je sois la seule de la famille qui juge qu'arrêter un souper familial en plein milieu pour écouter des personnes débiter des stupidités à coup de « si j'aurais » soit déplacé.
3) Le fait qu'à Salut Bonjour, ils passent dix minutes à parler d'un but de hockey de la veille et qu'ils glissent en moins de trente secondes que trente mille personnes sont mortes dans une inondation et en moins de deux secondes et demi que le Salon du Livre était arrivé. Je sais, je sais. Faudrait que j'écoute Radio-Canada le matin. Mais ils sont trop sérieux pour me réveiller à 6 h. Et puis j'aime bien rire des gaffes pas croyables de Gino.
4) Le Banquier. Je pense que dans toute mon existence je n'avais jamais vu d'émission avec si peu d'intérêt.
5) Ceux qui passent le plus clair de leur existence à rabaisser Twilight. Je sais pertinemment que ce n'est pas du grand cinéma. Je sais aussi que c'est complètement irréaliste. Je sais aussi que les vampires (ou en tout cas, certains) de Stephenie Meyer sont vraiment nuls comparés à bien d'autres. J'ai lu et vu Entretien avec un vampire. Je ne compare juste pas les deux. Et ce n'est pas particulièrement pire que Transformer, ni que bien d'autres films d'ailleurs. Revenez-en. N'allez juste pas le voir au cinéma. Et accordez-nous deux heures par deux ans pour faire ressortir les filles de douze ans en nous.
6) Dans la même veine, les filles qui obligent leur chum à venir voir Twilight avec eux. À celles qui le font : VOUS ÊTES STUPIDES. Un garçon ne fera que vous rendre consciente de la nullité incroyable du film. Les amies de fille, ça sert à ça. C'est comme si un garçon vous obligeait à écouter la lutte avec lui. Exactement pareil. Il sait que c'est très mal joué, que c'est stupide et que c'est irréaliste, mais il aime ça. Vous non. Et vraiment, vous êtes à ce point castratrices?

Section conduite
1) Les gens qui commencent à avancer aux feux de circulation pour prendre de l'avance quand la lumière tournera au vert.
2) Les personnes qui roulent à 70 dans les zones de 90. Est-ce qu'il y a un règlement non-dit qui oblige les gens à rouler 20 km/h sous la vitesse?
3) De la même manière, ceux qui te collent au cul quand tu roules à 105 dans une zone de 90. Qu'est-ce qu'ils attendent exactement? Qu'on se jette dans le champ pour aller saluer les vaches?
4) Ceux qui klaxonnent quand il y a du trafic.
5) Ceux qui font vraiment des arrêts de trois secondes.

Section comportements
1) Ceux qui parlent beaucoup et reçoivent tout le crédit, mais au fond ils n'ont rien fait.
2) Ceux qui répondent « Mm » à une anecdote que tu racontes et qui partent sur un sujet sans aucun lien.
3) Ceux qui lisent par dessus mon épaule.
4) Ceux qui ne comprennent vraiment pas mon humour (entendre : le sarcasme) et pensent que je ne les aime pas.
5) Ceux qui refusent qu'on les appelle par autre chose que leur surnom. Du genre : « Allô, moi c'est Véronique, mais je trouve mon nom vraiment laid alors appelle-moi Véro ». Premièrement, à moins de s'appeler Erménégilde ou Spatule, il n'y a pas lieu de croire que votre prénom est laid. Deuxièmement, je n'appelle même pas mes propres soeurs par leur nom raccourci. Donc ne m'imposez pas cette intimité, merci. J'en ferai usage si je le désire.
6) Les personnes étrangères ou les homosexuels qui croient qu'on est racistes ou homophobes quand on se fâche après eux. Si vous méritez mes insultes, c'est juste que vous êtes stupides. Peu importe votre couleur ou votre orientation sexuelle, vraiment. La stupidité est partout. Et elle m'énervera toujours.
7) L'imbécillité, profonde et ancrée. Celle qui ne relève pas juste d'un moment, mais de toute une vie. Mon grand-père dit toujours qu'il y a 40 % d'imbéciles dans la population. Je le crois.  
8) Ceux qui n'ont jamais le temps de rien faire. On trouve toujours le temps de faire ce qui nous plaît, si on le veut vraiment. J'accepterai seulement votre excuse si vous êtes mère célibataire de sept enfants et que vous devez travailler 60 heures par semaine.

Section traduction et école
1) Ceux qui me demandent si je vais faire une maîtrise et qui paraissent déçus quand je leur dis non. Je n'étudie pas en Philosophie ou en Histoire. Je n'ai pas besoin de me spécialiser et je suis prête à travailler. Voilà.
2) Ceux qui sont déçus quand je leur dis que je n'ai pas l'intention de me spécialiser dans une troisième langue. Je le ferai si je dois aller vivre en Europe. D'ici là, je suis très bien avec mon débordement de travail en langues officielles.
3) Ceux qui croient être bons en français et qui ne savent même pas accorder le participe passé du verbe avoir. Ça me fait plus que plaisir corriger vos textes. Alors ne soyez pas offusqués quand je trouve des fautes, pardieu. Chacun son métier, c'est tout. J'admets que ça arrive peu souvent et que la plupart des personnes font confiance à mes corrections. Merci, d'ailleurs.
4) Les professeurs de traduction qui font des fautes. Il n'y a aucune bonne excuse. Et ça fait saigner nos yeux chaque fois.
5) Les « si j'aurais ». Depuis que j'ai réussi à me débarrasser de cette mauvaise habitude il y a de seulement maintenant cinq ans (je remercie d'ailleurs mes meilleurs amis qui m'ont soutenue dans ma réhabilitation française), je grince des dents chaque fois que je l'entends.
6) Les travaux d'équipe à cinq. CINQ. On n'est plus au primaire, on a une vie en dehors de l'école et trouver le moyen de se rencontrer à cinq, c'est tout un casse-tête. Je remercie d'ailleurs Doodle et Skype de nous faciliter les travaux d'équipe.
7) Ceux qui ne croient toujours pas qu'il est possible d'aimer corriger des textes. Ou en traduire. Et qui pensent qu'on fait ça par bonté d'âme. Non. Je ne fais pas ça par bonté d'âme. Quand je propose de corriger votre texte, c'est que J'AIME ça. Vraiment. Objectivement, ce n'est pas pire qu'aimer faire des maths (bon ça aussi j'aime ça, mais bon), qu'aimer les sports (bleh) ou qu'aimer dessiner.

Section société et monde
1) Ceux qui disent que les syndicats sont inutiles et fatiguants. Certes, ils ne sont pas de tout repos, mais allez lire Germinal et revenez-moi sur votre haine des syndicats.
2) Le Journal de Montréal. Rien à ajouter.
3) Ceux qui croient que tous les politiciens c'est des « crosseurs » et qui ensuite, pour cette raison, ne vont pas voter.
4) Ceux qui ne jurent que par l'argent. Vraiment. Trop d'argent, c'est nul. On l'a tous expérimenté dans Les Sims. Après dix minutes, on s'emmerde.
5) Ceux qui achètent des cadeaux par obligation à leurs parents, à leurs amis, à leurs frères et soeurs. C'est perdre toute la signification profonde des cadeaux.
6) Dans le même ordre d'idée, les mères et les pères qui obligent leurs enfants à leur acheter un cadeau pour la Fête des mères/des pères. Je pense que c'est un peu perdre l'esprit de la fête.
7) Le fait que les billets d'avion nous coûtent si chers en Amérique du Nord. Devoir travailler pendant deux ans d'arrache-pied pour se payer un voyage à plus de trois cents kilomètres, ce n'est pas normal.

C'est tout pour aujourd'hui :)

Je vais mieux. Merci. Ça vient de m'épargner des frais de psychologue.

Et pour vous vous remonter le moral, une photo de Boo, le chien le plus mignon de la planète (ou en tout cas, c'est ce que clament ses propriétaires).


   
 

mercredi 9 novembre 2011

50 raisons d'aimer l'hiver nordique

J’adore toutes les saisons, vraiment. Mais j’ai toujours eu un faible pour l’hiver, au grand désarroi de la plupart de mes compagnons canadiens. Je l’avoue : j’adore le froid. Je suis une fille du Nord et rien ne pourrait me convaincre de ne pas aimer l’hiver. Pas même la gadoue, pas même le déneigement de la voiture, rien.

J’ai donc établi une liste de ce que j’aime tant de l’hiver. En espérant peut-être vous convaincre un peu. Vous faire réaliser les beautés et les petits moments que vous oubliez.

Pourquoi l’hiver (du Nord, évidemment) est la meilleure saison de l’année :

1)      Parce qu’on peut boire du thé/chocolat chaud/cidre chaud sans avoir des bouffées de chaleur. C’est le parfait compagnon pour faire ses devoirs, lire ou écrire. Il réchauffe et réconforte. Le tout accompagné d’une doudoune sur les genoux et d’un feu de foyer pour réchauffer un peu le salon… une vision de paradis.
2)      Parce que notre foulard conserve l’odeur de notre parfum et que chaque matin, ça crée une petite joie olfactive impromptue.
3)      Parce qu’une simple tempête de neige nous fait dépenser automatiquement tous nos repas de la journée juste à pelleter, à prendre les transports en commun (j’entends ici de devoir marcher dans 30 centimètres de neige) ou à devoir déprendre la voiture de l’entrée (une aventure qui finit toujours avec deux voisins qui viennent aider à pousser la voiture). De l’exercice aussi facile, quoi de mieux! Sans même y penser, vous venez de vous éviter 15 $ de frais de gym.
4)      Parce qu’il fait noir tôt, mais c’est juste pour pouvoir admirer plus longtemps les lumières de Noël, qui illuminent notre cœur plus d’un mois par année (aaaawww).
5)      Parce que les joues sont rougies par le froid et qu’il n’y a rien de plus plaisant que d’embrasser une joue encore froide par l’hiver.
6)      Parce que lorsqu’il neige, nos cheveux deviennent soudainement une œuvre d’art toute scintillante.
7)      Parce qu’on éclate de rire chaque fois qu’on tombe sur la glace.
8)      Parce que conduire dans la neige donne l’impression d’être dans Fast and Furious et qu’il n’y a rien de plus cool que de faire du « drift » involontaire en tournant un coin de rue.
9)      Parce qu’il y a de la musique de Noël qui joue sur la rue principale de Bois-des-Filion.
10)   Parce qu’on est tellement bien dans son lit plein de couvertes de laine, lourdes et chaudes.
11)   Parce que mettre une salopette de neige replonge tout le monde instantanément en enfance, peu importe le nombre de fois qu’on en a mises depuis.
12)   Parce que c’est la saison des ragoûts de pattes, des tourtières, des cipâtes et de tous ces plats traditionnels québécois qui sont si réconfortants et conviviaux durant l’hiver.
13)   Parce qu’on peut s’amuser à faire tomber la neige des sapins sur les randonneurs qui nous suivent.
14)   Parce que la soupe devient un repas des dieux.
15)   Parce que tricoter devient soudainement à la mode.
16)   Parce que marcher dans la forêt sans raquettes devient une aventure digne de Bob Morane.
17)   Parce que les bébés ressemblent à des boules colorées toutes raidies à cause de leurs énormes habits de neige.
18)   Parce que les lunettes embuent quand on entre à l’intérieur et qu’immanquablement, cela fait rire les gens.
19)   Parce qu’il n’y aucun son plus agréable que le bruit des bottes qui craquent sur la neige.
20)   Parce que faire du traîneau sur de la neige fraîchement verglacée devient un sport extrême gratuit et ô combien amusant. La Ronde semble alors futile et enfantine.
21)   Parce que patiner sur un lac devient aussi un sport extrême chaque fois que la glace craque sous notre poids et qu’on a l’impression de défier la vie comme des brutes à chaque séance de patinage.
22)   Parce que les enfants deviennent des ingénieurs et des architectes incroyables pour construire des forts dans la neige.
23)   Parce qu’il n’y a rien de plus badass que d’aller dans un bain froid d’un spa finlandais quand il fait – 30°C dehors (fait vécu et fortement regretté sur le moment).
24)   Parce que chaque tempête apporte son lot d’anecdotes à raconter.
25)   Parce que pour les femmes, il n’est plus nécessaire de s’épiler à toutes les trois secondes et que pour les hommes, le port de la barbe devient plus approprié (et très apprécié du regard de la gent féminine).
26)   Parce que Movember est enfin fini et qu’on n’est plus obligés de voir des hommes à moustache partout.
27)   Parce qu’on peut rire des touristes français et japonais qui veulent faire du traîneau à chiens.
28)   Parce que pendant ce temps, on peut faire de la motoneige et raser la mort à chaque bosse de neige.
29)   Parce qu’on n’a jamais peur qu’il ne fasse pas beau pour une activité de plein air.
30)   Parce qu’on peut impressionner les étrangers avec nos statistiques de températures et de précipitations de neige.
31)   Parce qu’une panne d’électricité devient une aventure de vie et que ça finit toujours en party chez la seule personne de la rue qui a un foyer.
32)   Parce qu’il n’y a rien de plus drôle que de courir pieds nus dans la neige jusqu’à un spa. Et on l’avouera, c’est très drôle de glisser de la neige dans le maillot de ses amis.
33)   Parce qu’il n’y a rien de plus confortable que de s’étendre dans la neige des dizaines de minutes durant et de regarder le ciel bleu comme jamais de l’hiver.
34)   Parce que les paysages sont à couper le souffle, comme si on les avait recouverts de sucre à glacer.
35)   Parce que les mères et les grands-mères s’inquiètent toujours qu’on ne soit pas assez habillés, peu importe le nombre de couches qu’on porte.
36)   Parce qu’on peut aller en pyjama à la commande à l’auto chez Mcdonald sans que personne ne s’en rende compte.
37)   Parce qu’il n’y a rien comme le silence de l’hiver, imperturbable, que seul le vent dans les branches nues vient troubler.
38)   Parce qu’il n’y a rien de plus drôle que de regarder une poule rester prise dans la neige plusieurs dizaines de minutes parce qu’elle a osé dériver du chemin de paille (les plusieurs dizaines de minutes sont le temps nécessaire pour qu’elle comprenne qu’elle a des ailes).
39)   Parce que les soirées de jeux de société en pyjama deviennent socialement respectables.
40)   Parce qu’il fait toujours clair la nuit à cause de la neige et qu’il est donc possible d’aller marcher dans la forêt sans lampe de poche.
41)   Parce qu’on a des rabais de fou chez Ashton quand il fait froid.
42)   Parce qu’il y a des calèches qui passent parfois de façon tout à fait aléatoire devant la maison.
43)   Parce qu’on peut mettre des sacs magiques dans notre lit pour se réchauffer… et c’est vraiment magique.
44)   Parce qu’on n’a plus besoin de se chercher une roche pour s’asseoir dans la forêt. La neige devient un infini divan.
45)   Parce qu’on peut se faire de la tire d’érable si facilement.
46)   Parce que notre eau reste toujours froide quand on va faire un sport d’hiver.
47)   Parce qu’on s’amuse à regarder les immigrants affronter l’hiver (particulièrement les plaques de glace).
48)   Parce qu’écouter la télé toute la journée devient soudainement une activité tout à fait respectable.
49)   Parce que maintenant, le paysage s’agence avec notre drapeau québécois.
50)   Parce qu’il n’y a personne sur Terre qui apprécie autant le printemps que nous, peuples du Nord.

lundi 7 novembre 2011

La semaine des classiques.

Cette semaine, j'ai décidé de remédier à plusieurs lacunes dans ma culture générale.

Bon, sachez que ce plan de vie est en marche depuis... eh bien, depuis à peu près toujours. Dès l'âge de 9 ans, j'ai décidé de lire le roman Tom Sawyer parce qu'on avait parlé de Mark Twain en classe et qu'on avait dit que c'était un classique littéraire américain. Je mentionne d'ailleurs que depuis que je l'ai lu, j'ai une fascination presque passionnée pour le sud des États-Unis et j'ai toujours préféré aller explorer les parcs nationaux et les ranchs lors de mes voyages en Floride que d'aller à la plage (au grand désespoir de ma soeur Laurence, qui est amoureuse folle du soleil).

Bref. J'ai terminé hier soir la série Roswell, que je n'avais jamais pu regarder plus jeune (en 2000, lorsqu'elle passait à la télévision québécoise) parce que je n'avais pas le câble (j'ai toujours dit que l'absence de câble a forgé ma personnalité... peut-être en partie parce que ça m'a obligée à écouter Virginie et Watatatow à 8 ans et Macaroni tout garni et Cornemuse jusqu'à 13 ans). J'ai fait la même chose avec Dawson's Creek il y a deux ans. Certes, c'est loin d'être un classique, mais Roswell demeure tout de même une référence culturelle assez importante pour notre génération. Il était donc de mon DEVOIR de l'écouter.

Plus sérieusement maintenant, je me suis ENFIN décidé à regarder Star Wars. Parce que non, je ne l'avais jamais vu.... seulement quelques parties par-ci par-là qui remontent à plus de dix ans. C'est ce texte que j'ai dû lire pour mon cours de traduction audiovisuelle (un texte sur les formes de traduction dans Star Wars). Je n'ai écouté que l'épisode IV et V, mais il me reste encore cinq jours pour écouter l'épisode VI avant de devoir aller reporter la première trilogie au club vidéo (vous auriez dû voir le visage admiratif du commis quand j'ai loué, moi une fille seule, la trilogie complète. Ils se laissent facilement impressionner, ces commis de vidéo). En fait, je voulais aimer Star Wars. Je sentais que c'était une honte à mon statut de geek que de ne pas pouvoir comprendre la moitié des références sur Star Wars. Je pense que How I Met Your Mother est aussi grandement responsable de mon envie de le regarder. Mais je vous rassure (ou vous décourage?) : Star Wars est à la hauteur de sa réputation. J'ai surtout été très impressionnée par la qualité des effets spéciaux en 1977. Et je peux enfin mettre un visage sur Jaba the Hutt et Chewbacca! Je sais, je sais, c'est une honte que de ne pas savoir cela. Mais comme je vous l'ai dit, je prends ma culture en mains.

Finalement, j'ai aussi décidé la semaine passée de lire Le Survenant de Germaine Guèvremont, probablement un des plus grands classiques de la littérature québécoise. Le fait est : je connaissais à peu près tout de ce livre sauf son histoire. On nous a tellement répété souvent que c'était le dernier roman du terroir écrit, en 1945, la même année que le premier roman de la ville, écrit par Gabrielle Roy : Bonheur d'occasion, évidemment. Alors ouais, je connaissais l'auteure, le contexte, l'année de publication et la portée, mais je n'avais aucune de l'histoire. Je l'avais même dans ma bibliothèque depuis un an ou deux. Probablement que je l'avais trouvé dans une vente de garage, quelque part... Et bien que le livre était si vieux que certaines pages tombaient et bien qu'il appartenait à un certain Richard Flynn qui s'amusait à écrire partout dans les marges (damn you, Richard!), j'en ai bien apprécié la lecture. Très facile à lire, au fait, je le recommande. Ça m'a donné presque envie de me partir une famille de quatorze enfants et d'être capable de faire des ragoûts et de la broderie.

Voilà donc. C'est ce qui arrive quand la mi-session finit. On se jette dans la culture comme pas possible.

samedi 5 novembre 2011

Mel Gibson, sors de ce corps!

On pourrait croire qu’après toutes ces années je serais devenue une personne décente et respectable. Après tout, pour plusieurs, je ne suis qu’une bolée qui excelle à l’école et qui passe son temps à lire. Ce n’est pas tout à fait faux. Mais c’est loin de représenter la réalité. Aussi, l’Halloween gâche toujours mes bonnes intentions.

Certaines, en voyant une jupe écolière, penseraient tout de suite à se déguiser en « slutty collégienne », comme probablement 50 % des filles cools à l’Halloween. Eh bien, cette mode des « slutty tout ce qui existe » me laisse complètement de marbre. C’est une solution bien trop facile (la vie est trop courte pour être facile) et même si c’est Halloween, un costume fondamentalement sexy donnera toujours l’impression d’être dans un mauvais porno (est-ce un pléonasme?). Désolée de l’apprendre à celles qui profitaient de l’occasion pour mettre en valeur leur féminité. Si vous voulez vraiment être sexy, déguisez-vous en un personnage sexy au moins, pas en une représentation pleine de préjugés. L’Halloween est l’occasion idéale de pouvoir changer de personnalité pour une soirée, de jouer un rôle qui nous sort de notre quotidien, d’user de créativité et de bricoler un peu (je vous jure, il n’y a rien de plus satisfaisant que de réussir à transformer un objet ou un vêtement parfaitement banal en un costume qui inspirera l’admiration de tous). Fin de l’éditorial.

J’adore créer mes propres costumes. Ne vous faites pas d’idée : mes talents en couture sont tout juste assez développés pour faire quelques modifications et réparations. Non, en fait, ma technique officielle est de dévaliser des friperies (en l’occurrence, le Village des valeurs, véritable paradis du vêtement de toutes sortes) et trouver des pièces de vêtement auxquelles je pourrai donner une deuxième vie, souvent très éloignée de sa fonction originale.

Aussi, quand j’ai acheté la jupe en plaid (ou jupe portefeuille ou jupe écolière) qui m’arrivait à la mi-mollet, ce n’était pas dans l’intention de l’utiliser pour sa fonction initiale. Mais bien de la transformer en kilt pour me déguiser en sanguinaire guerrier écossais du Moyen-Âge. Vous l’aurez peut-être deviné, j’étais déguisée en William Wallace, aussi connu sous le surnom de Braveheart. Bien sûr, je me suis déguisée selon la version du film, parce qu’autrement personne ne m’aurait reconnu (dans la réalité, Wallace portait des pantalons et non le kilt, parce qu’il venait des Lowlands et non des Highlands). Et j’avoue être très fière du résultat, beaucoup plus réaliste que je ne l’avais d’abord prévu. J’avais donc coupé ma jupe juste au-dessus du genou (les kilts de guerre sont juste au-dessus du genou alors que les kilts traditionnels sont juste en dessous). Je m’étais aussi acheté deux mètres de tissu en plaid brun (très semblable à celui du film, en fait) au Fabricville, que j’avais jeté par-dessus mon épaule et que j’avais fixé avec une ceinture en cuir un peu au-dessus de la taille. Je m’étais aussi fabriqué un sporran (la pochette en cuir ou en fourrure que les écossais portent au devant de leur kilt pour palier à l’absence de poches… ils y mettent souvent des balles de fusil [pas dans le cas de William Wallace, évidemment, qui a vécu de 1272 à 1305], une flasque de whisky, des lacets de cuir pour les cheveux, etc.) avec, tenez-vous bien, une tuque en véritable fourrure que j’ai trouvée dans le fond d’une allée au Village des valeurs. J’ai cousu les rebords ensemble, puis je l’ai fixée à une corde tressée en cuir que j’avais aussi achetée chez Fabricville. À cette même corde pendait ma hache de guerre (oui). J’avais aussi
trouvé une paire de chaussure en suède brun avec des boucles en argent (pas très 14e siècle, mais très écossais) et une paire de bas en laine qui m’arrivaient sous le genou. Finalement, je m’étais peint le visage en bleu et blanc et j’avais attaqué ma chevelure avec beaucoup de fixatif et de crêpage pour ressembler à un Mel Gibson échevelé. Je n’ai pas oublié les tresses de guerre, non non, celles que les écossais font traditionnellement pour éviter d’avoir les cheveux dans le visage en se battant, ni la blessure de guerre sur le biceps droit (très chétif par rapport à Mel). Bref, tout un attirail.

Mon costume a certes fait effet, mais peut-être moins que ma personnification un peu trop crédible. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, j’ai tendance à trop bien maîtriser les accents étrangers, particulièrement celui d’Écosse. Et bref, tout a fini avec des duels avec trop d’hommes dans la place (un Amérindien, un Darth Maul, un Wolverine). On touchait le lamentable, mais j’avoue que c’est plaisant de faire semblant d’avoir de la testostérone pendant une soirée de temps.

Et donc est venu le temps du fameux concours de costumes de traduction. Il faut que nous passions chacun notre tour devant le public non déguisé pour présenter notre déguisement à l’aide d’un petit sketch. Évidemment, un discours de ralliement et un cri de guerre étaient de mise dans mon cas. J’ai donc pris ma voix la plus grave et la plus tonnante (peu réussi, mais je parlais vraiment très fort, je me faisais peur moi-même).

Donc imaginez l’accent écossais et moi qui brandis ma hache :
« People of Scotland! People of the Lowlands and the Highlands, people from Stirling, Aberdeen, Dundee, Edinburgh and Glasgow, we will gather against the evil Englishmen and Edward Longshanks to win back our contry and to be able to shout again “FREEEEEEEEDOOOOOOOM”, AAAAARH” »

Ce n’était pas le discours du film en fait… je l’ai inventé sur le coup, sauf bien sûr le cri de « Freedom », qui a marqué l’imaginaire de plusieurs générations depuis le film avec Mel Gibson.

Et voilà. J’ai gagné le concours à une voix de différence contre Darth Maul (son maquillage était extrêmement réussi). Pouvez-vous le croire? Mon premier concours de costume gagné! Par contre, j’ai dû refaire un discours qui ressemblait à quelque chose du genre :

« Bottomline of this story: never try to fight against a Scotman ».

De la poésie, quoi.

Je tiens à faire une mention spéciale à mes chers amis de l’association qui s’étaient déguisés en Village People (la police, le motard, l’Amérindien, le gars de la construction et le matelot). Ils avaient l’air de sortir tout droit d’un club de danseurs et c’est ce qui a fait le succès de leur costume.

Et voici donc comment j’ai fêté mon Halloween 2011.