Certaines, en voyant une jupe écolière, penseraient tout de suite à se déguiser en « slutty collégienne », comme probablement 50 % des filles cools à l’Halloween. Eh bien, cette mode des « slutty tout ce qui existe » me laisse complètement de marbre. C’est une solution bien trop facile (la vie est trop courte pour être facile) et même si c’est Halloween, un costume fondamentalement sexy donnera toujours l’impression d’être dans un mauvais porno (est-ce un pléonasme?). Désolée de l’apprendre à celles qui profitaient de l’occasion pour mettre en valeur leur féminité. Si vous voulez vraiment être sexy, déguisez-vous en un personnage sexy au moins, pas en une représentation pleine de préjugés. L’Halloween est l’occasion idéale de pouvoir changer de personnalité pour une soirée, de jouer un rôle qui nous sort de notre quotidien, d’user de créativité et de bricoler un peu (je vous jure, il n’y a rien de plus satisfaisant que de réussir à transformer un objet ou un vêtement parfaitement banal en un costume qui inspirera l’admiration de tous). Fin de l’éditorial.
J’adore créer mes propres costumes. Ne vous faites pas d’idée : mes talents en couture sont tout juste assez développés pour faire quelques modifications et réparations. Non, en fait, ma technique officielle est de dévaliser des friperies (en l’occurrence, le Village des valeurs, véritable paradis du vêtement de toutes sortes) et trouver des pièces de vêtement auxquelles je pourrai donner une deuxième vie, souvent très éloignée de sa fonction originale.
Aussi, quand j’ai acheté la jupe en plaid (ou jupe portefeuille ou jupe écolière) qui m’arrivait à la mi-mollet, ce n’était pas dans l’intention de l’utiliser pour sa fonction initiale. Mais bien de la transformer en kilt pour me déguiser en sanguinaire guerrier écossais du Moyen-Âge. Vous l’aurez peut-être deviné, j’étais déguisée en William Wallace, aussi connu sous le surnom de Braveheart. Bien sûr, je me suis déguisée selon la version du film, parce qu’autrement personne ne m’aurait reconnu (dans la réalité, Wallace portait des pantalons et non le kilt, parce qu’il venait des Lowlands et non des Highlands). Et j’avoue être très fière du résultat, beaucoup plus réaliste que je ne l’avais d’abord prévu. J’avais donc coupé ma jupe juste au-dessus du genou (les kilts de guerre sont juste au-dessus du genou alors que les kilts traditionnels sont juste en dessous). Je m’étais aussi acheté deux mètres de tissu en plaid brun (très semblable à celui du film, en fait) au Fabricville, que j’avais jeté par-dessus mon épaule et que j’avais fixé avec une ceinture en cuir un peu au-dessus de la taille. Je m’étais aussi fabriqué un sporran (la pochette en cuir ou en fourrure que les écossais portent au devant de leur kilt pour palier à l’absence de poches… ils y mettent souvent des balles de fusil [pas dans le cas de William Wallace, évidemment, qui a vécu de 1272 à 1305], une flasque de whisky, des lacets de cuir pour les cheveux, etc.) avec, tenez-vous bien, une tuque en véritable fourrure que j’ai trouvée dans le fond d’une allée au Village des valeurs. J’ai cousu les rebords ensemble, puis je l’ai fixée à une corde tressée en cuir que j’avais aussi achetée chez Fabricville. À cette même corde pendait ma hache de guerre (oui). J’avais aussi
trouvé une paire de chaussure en suède brun avec des boucles en argent (pas très 14e siècle, mais très écossais) et une paire de bas en laine qui m’arrivaient sous le genou. Finalement, je m’étais peint le visage en bleu et blanc et j’avais attaqué ma chevelure avec beaucoup de fixatif et de crêpage pour ressembler à un Mel Gibson échevelé. Je n’ai pas oublié les tresses de guerre, non non, celles que les écossais font traditionnellement pour éviter d’avoir les cheveux dans le visage en se battant, ni la blessure de guerre sur le biceps droit (très chétif par rapport à Mel). Bref, tout un attirail.
Mon costume a certes fait effet, mais peut-être moins que ma personnification un peu trop crédible. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, j’ai tendance à trop bien maîtriser les accents étrangers, particulièrement celui d’Écosse. Et bref, tout a fini avec des duels avec trop d’hommes dans la place (un Amérindien, un Darth Maul, un Wolverine). On touchait le lamentable, mais j’avoue que c’est plaisant de faire semblant d’avoir de la testostérone pendant une soirée de temps.
Et donc est venu le temps du fameux concours de costumes de traduction. Il faut que nous passions chacun notre tour devant le public non déguisé pour présenter notre déguisement à l’aide d’un petit sketch. Évidemment, un discours de ralliement et un cri de guerre étaient de mise dans mon cas. J’ai donc pris ma voix la plus grave et la plus tonnante (peu réussi, mais je parlais vraiment très fort, je me faisais peur moi-même).
Donc imaginez l’accent écossais et moi qui brandis ma hache :
« People of Scotland! People of the Lowlands and the Highlands, people from Stirling, Aberdeen, Dundee, Edinburgh and Glasgow, we will gather against the evil Englishmen and Edward Longshanks to win back our contry and to be able to shout again “FREEEEEEEEDOOOOOOOM”, AAAAARH” »
Ce n’était pas le discours du film en fait… je l’ai inventé sur le coup, sauf bien sûr le cri de « Freedom », qui a marqué l’imaginaire de plusieurs générations depuis le film avec Mel Gibson.
Et voilà. J’ai gagné le concours à une voix de différence contre Darth Maul (son maquillage était extrêmement réussi). Pouvez-vous le croire? Mon premier concours de costume gagné! Par contre, j’ai dû refaire un discours qui ressemblait à quelque chose du genre :
« Bottomline of this story: never try to fight against a Scotman ».
De la poésie, quoi.
Je tiens à faire une mention spéciale à mes chers amis de l’association qui s’étaient déguisés en Village People (la police, le motard, l’Amérindien, le gars de la construction et le matelot). Ils avaient l’air de sortir tout droit d’un club de danseurs et c’est ce qui a fait le succès de leur costume.
Et voici donc comment j’ai fêté mon Halloween 2011.

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