Outre la fierté immense que l'on ressent chaque 24 juin, la Fête nationale me permet chaque année de faire une réflexion sur notre culture, sur l'avenir de notre pays. Surtout, j'aime aller aux spectacles de la Saint-Jean pour pouvoir voir gratuitement tous ces artistes québécois qui font la fierté de notre culture.
Hier soir, je suis allée à Montréal pour voir le Grand Spectacle, où chantaient Jean-Pierre Ferland, Ariane Moffatt, Adam Cohen, Yann Perreault, Alfa Rococo, Misteur Valaire, Isabelle Boulay et Daniel Bélanger. Un doux mélange de générations qui nous permettait d'avoir un aperçu de toute la scène musicale québécoise : les chansons « traditionnelles » et les chansons de la nouvelle génération, plus diversifiée et talentueuse que jamais (même si nos grands-parents disent souvent qu'on ne fait plus de la musique comme on en faisait).
Je connaissais évidemment déjà tous ces artistes, mais pour plusieurs d'entre eux, j'avoue que je ne connaissais qu'une chanson ou deux. Je les ai redécouverts plus en feu que jamais. J'ai chanté avec la foule ces chansons de Daniel Bélanger, de Jean-Pierre Ferland et d'Isabelle Boulay que tout le monde connaît (sous le regard quelque peu étonné de Thomas, mon cher ami français avec qui j'ai passé la Saint-Jean) et j'avais l'âme qui vibrait de fleurs de lys, même si, objectivement, quelques-unes de ces chansons sont franchement quétaines et ne sont appréciées que par nostalgie.
Puis j'ai vu Guy A. Lepage et les artistes faire des discours enflammés sur l'avenir du Québec, sur leur fierté envers la jeunesse d'aujourd'hui. C'était quelque peu enivrant, ces discours qui s'adressaient enfin à nous. Les politiciens aiment souvent nous laisser de côté dans leurs discours parce que notre « poids politique » est minime en comparaison de celui des 45-70 ans. Et oui, en nombre, il l'est. Mais les politiciens semblent oublier que nous sommes jeunes, que notre voix est plus forte, que notre détermination est encore enflammée, que nos rêves sont encore brillants. Que nous maîtrisons l'art de la communication de masse mieux que jamais auparavant et que soulever des foules de centaines de milliers de personnes ne nous demande que quelques clics et quelques mots bien pesés.
Ces discours de la Saint-Jean d'hier étaient teintés sans nuance de politique et d'appel au changement. Comme disait Guy A., « si les artistes soutiennent tant les étudiants, c'est qu'ils travaillent ensemble dans les mêmes restaurants ».
Qu'est ce Québec qui se célèbre en faisant appel aux artistes, mais qui leur crache dessus dès qu'on parle de leur utilité dans la société? « S'il n'étudiait pas en art, aussi, peut-être qu'il pourrait payer ses frais de scolarité »... on l'entend souvent, celle-là.
Si les artistes sont certes souvent pauvres et vivent « sur le bras de la société », ce sont aussi eux qui la font vivre. Si les « honnêtes travailleurs » forment le corps de notre société, les artistes, les écrivains, les philosophes, les historiens en sont l'âme, et sans eux, notre société ne serait rien de mieux qu'un homme qui s'est fait embrassé par un détraqueur.
Je suis fière de notre Québec culturel. De cette culture qui s'est levée envers et contre tous au beau milieu de l'Amérique du Nord, ce monstre qui balaie la culture internationale. Nous ne sommes que huit millions, mais nous parvenons à faire parler de nous sur toute la planète, par notre seul fait français. Nous sommes les Gaulois de la Rome antique. Et notre potion magique, c'est la fierté inébranlable de notre culture.
Mon cher Québec, c'est à ton tour de te laisser d'amour. Bonne fête.

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