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jeudi 7 juin 2012

Les films français

Donc je suis allée voir Laurence Anyways hier soir et pour une raison mystérieuse, ça m'a donné envie d'écouter un film français (j'hésite à savoir si c'est parce qu'il n'existe pas beaucoup d'autres films d'art québécois ou si c'est l'effet Melvil Poupaud, qui accomplit l'exploit de rester viril tout en avouant à sa blonde qu'il veut devenir une femme).

Bref. Je me suis ramassée à écouter Conte d'été (de la série des Quatre saisons produite vers la milieu des années 90) à une heure pas possible. Et là j'en étais à tenter de fabuler sur la fin du film avec Kathy (une activité fréquente que nous avons de commenter des films que l'autre écoute et dont nous n'avons JAMAIS entendu parler... si c'est pas beau le clavardage).

Je m'égare. Tout ça pour dire que je me suis rendue compte que si ça avait été un film américain, j'aurais absolument su la fin. Melvil Poupaud serait reparti sur son bateau et Margot aurait couru et aurait fait arrêter le bateau. Mais c'était un film français. Au début, je spéculais sur une noyade par désespoir incompris (même si personne n'était désespéré, mais ça reste un film français), mais finalement, on s'en est tirés pour une fin en queue de poisson (pourquoi n'y avais-je pas pensé?).

Alors je me disais que vraiment, chaque fois que je regarde un film français (un drame, s'entend, et j'exclus ici Les choristes et Huit femmes), je me ramasse toujours à finir le film avec les sourcils froncés en me disant : « Erh... je ne suis pas TOUT À FAIT certaine d'avoir compris le chef-d'oeuvre là-dedans ». Alors je passe des heures à réfléchir et à analyser jusqu'à me convaincre que finalement, c'était un bon film. Foutus films français. Je perds tous mes référents et j'ai toujours de la difficulté à émettre une critique constructive. Et là ça me frustre parce que je me dis que j'écoute trop de films nord-américains. Un chef-d'oeuvre américain, tu sais que la secrétaire deviendra directrice d'entreprise, que le patriote va mourir pour sa patrie et ainsi permettre la victoire de son peuple, que la preppy finira avec le rebelle marginal, que les garçons apprendront à travers les épreuves de l'enfance quels sont les véritables liens de l'amitié, que la prostituée finira avec l'homme riche.

Mais les films français sont presque aussi prévisibles. Il y aura une scène de sexe, une remise en question de soi, un pétage de coche hystérique de la part d'une femme pour à peu près aucune raison légitime, des pleurs trop réalistes, une scène d'adultère, de longues conversations sur les sentiments dont on ne comprendra pas tout à fait le sens, des femmes sans brassière (toujours et encore) et, la plupart du temps, des acteurs avec une espèce de beauté qui transcende l'écran (autant les hommes que les femmes), à la fois naturels et incroyablement beaux (au contraire, disons, des acteurs québécois, qui ont souvent l'air de monsieur et madame tout-le-monde ou des acteurs américains qui sont d'une beauté complètement impossible). Et, évidemment, une fin qu'on ne comprendra pas. Presque sans exception, le générique partira et on se dira : « Hein, euh, quoi? Ça finit comme ça? ». Mais je parle pour les drames. Les comédies, c'est une toute autre paire de manches.

J'adore les films français. Et les films américains, au passage. Un doux mélange des deux, c'est très agréable (au passage, je me rends compte que le doux mélange des deux est souvent le film québécois).

Donc voilà, après ma passe de films et téléséries britanniques, je reviens à mes vieilles amours (c'est vite dit, en fait, j'écoutais toujours des films français parce qu'il n'y avait que ça qui jouait à Super Écran à 14 h).

Fin.




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