Avec cette grève, je suis en train de vivre la fin de baccalauréat la plus étrange de tous les temps. Je n'aurai même pas de dernière fin de session. Certes, la paresseuse en moi est heureuse, mais la nostalgique l'est moins.
D'ailleurs, nous aurons notre bal de finissant la semaine prochaine... longtemps avant la fin de la session (si fin il y a). Nous avons depuis longtemps perdu espoir de retourner en classe. Le plus triste, c'est que c'était ma session avec les cours les plus intéressants et les plus instructifs (ou plutôt avec le plus haut taux de cours intéressants). Donc je ne saurai jamais autre chose en traduction technique que comment utiliser une PUTAIN de base de données (absolument inutile, si vous voulez mon avis). Finalement, mon stage chez L-3 Communications aura été BEAUCOUP plus utile que mon cours. Oui, bon, je m'en doutais, mais on peut toujours avoir de fous espoirs que les profs des domaines qui nous intéressent seront compétents. Et je connaîtrai l'histoire des femmes au Canada seulement jusqu'en 1850.
Mais bon, faut pas croire que la grève nous a rendus légumes. En bon étudiants que nous sommes, nous ne pouvions passer près de trois mois en grève sans ne rien faire côté intellectuel. Certes, j'ai encore mon club de lecture, mais ce n'est pas tout.
Par emmerdement, j'ai décidé de lire la page Wikipédia des présidentielles françaises de 2012 (la politique va si mal ici que j'aime bien m'intéresser à celles des autres et y mettre tous mes espoirs). Une chose menant à l'autre, je me suis ramassée à lire la page Wikipédia du système français. J'vous ai déjà dit que j'adore Wikipédia? Plusieurs personnes pensent que c'est l'outil des paresseux, mais en fait c'est l'arme des intellectuels curieux qui n'ont pas particulièrement envie d'aller lire une thèse de doctorat sur le sujet.
Puis j'ai commencé à apprendre le code HTML. Question de modifier le modèle pré-fait de mon blogue de voyage pour la France. J'y ai passé des heures. À essayer de modifier les couleurs, les polices, les encadrés et les images. Tout un défi. Mais je suis assez satisfaite du résultat. Deux jours plus tard, Laurent (aussi en grève) me disait qu'il allait commencer à étudier le HTML (pur hasard, on ne s'était pas parlé). Les geeks en nous sont insatiables.
Il a aussi commencé à étudier l'italien. Un autre de mes amis a commencé à étudier le mandarin, par ennui. J'ai aussi appris à terminer des foulards en tricot avec Youtube. J'ai commencé à lire Marie-Didace, parce que je me disais que ma culture littéraire québécoise n'était pas assez à point. J'ai découvert par le même fait que Marie-Didace était la suite de Le Survenant (que j'avais lu il y a quelques mois). Je me suis donc rendu compte que ma culture littéraire n'était VRAIMENT pas à point. Après toutes ces années à connaître la date de publication de Marie-Didace, son auteur, sa réception dans la société... je ne savais même pas que c'était une suite. Et là je me dis que j'ai lu trop de romans du terroir. Ça me donne des envies de me partir une ferme, de devenir pratiquante et de condamner à mort tous les Anglais de cette terre.
J'écoute des films d'auteur (Inglorious Basterds, The Tree of Life, Fight Club... je sais, je sais, c'est tous des films avec Brad Pitt... en fait, c'est un hasard) et je vais lire des analyses par la suite pour voir si j'étais sur la bonne piste de compréhension. Puis j'en discute de long en large avec Ève, Kathy ou Laurent. Et puis ça dérive sur la philosophie et je me dis que finalement, nos cours de philosophie n'était si inutiles que ça. Surtout ces temps-ci... notre cours de philosophie et société est un précieux atout.
J'ai même recommencé à lire mon livre de psychologie générale du Cégep. Comme lecture de chevet.
Bref, la grève m'a permis d'apprendre plein de trucs intéressants.
Mais vraiment, ce sera une conclusion étrange à mes études.

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