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lundi 9 avril 2012

Je suis une intellectuelle.

Je pense que la grève est en train de me rentrer dedans (et je ne parle pas de l'insomnie, ici).

C'est-à-dire qu'après plus de cinq semaines maintenant à ne pas être allée en cours, je commence vraiment à m'emmerder.

Et donc je prends plaisir à faire mes travaux. Oui.

D'ailleurs, pour une des rares fois de mon bac, j'ai de vrais travaux de session longs et pénibles à faire. Dans mon cours de Terminologie et aménagement linguistique (oui, je sais, le nom de ce cours est particulièrement obscur... ça m'a pris un bon trois semaines avant de comprendre quel était l'objectif du cours), on doit rédiger à trois un programme de francisation d'au moins trente pages pour une entreprise fictive nouvellement installée au Québec. Dit comme ça, ça semble atroce, mais on y prend vite goût. Donc ces jours-ci, je m'amuse à fouiller les moindres recoins de la Charte de la langue française et des mille guides d'aide à la francisation de l'Office québécois de la langue française. On en est à leur proposer des écoles de français, des tests de classement en ligne, des avantages sociaux qui favorisent l'apprentissage du français, des politiques d'approvisionnement en français. Bref. C'est long, mais c'est sincèrement divertissant. Et je me fais un peu peur quand je réalise ça.

Mais ce n'est pas le pire. J'ai décidé de prendre un cours d'histoire cette session-ci, pour mon bon plaisir. Mais le seul qui entrait dans mon horaire, c'est le cours d'Histoire des femmes au Canada. Donc je dois faire un travail de session sur le féminisme. J'ai décidé de le faire sur, attention, la syndicalisation des institutrices québécoises. Et puisque c'est un travail universitaire, il faut absolument que j'aie des archives authentiques (c'est-à-dire pas juste des livres sur le sujet, mais des journaux intimes, des articles de journaux de l'époque, des certificats, des contrats, etc.). Ma nouvelle vie est donc dans la Collection nationale de la Grande bibliothèque. Et comme toute personne qui fait de la recherche le sait, la Collection nationale, c'est chiant. Faut laisser notre sac à dos dans un casier à l'entrée, laisser une carte d'identité en otage et, surtout, ne sortir aucune documentation. Donc faut que je me rende au centre-ville pour aller écrire grosso modo l'entièreté de mon travail. Mais au passage, j'apprends plein de choses fort intéressantes. Et puis, ça me fait apprécier la condition actuelle de la femme au Québec (j'entends presque ma mère répéter qu'ici on est tellement plus avancées parce qu'on doit garder notre nom de jeune fille toute notre vie... « Tu voudrais VRAIMENT abandonner ton nom et prendre celui de ton mari? VRAIMENT? »... si ça pouvait m'éviter des blagues de pharmacie, moi... héhé. Ma mère peut devenir très violente quand on blague et qu'on l'appelle Mme Coutu).     

Bref. Ma vie est purement divertissante ces temps-ci.

3 commentaires:

  1. C'est, en fait, le seul point de vue féministe que j'ai, alors, j'y tiens. Mais sinon, moi les mères à la maison, pas de problème, et je n'ai pas envie de brandir mon soutien-gorge pour rien d'autre. Reine du foyer, ça m'irait bien.

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  3. Tu imagines épouser un Latrimouille ou un Cauchon ou un Crétin (oui, ça existe!), un Creton ou pire, un Fulachier?! Et voici pire encore : Folachier (eh oui, ça existe aussi). Bénis le Ciel d'être née Coutu :-) D'autres idées? Consulte cette page : http://jeantosti.com/noms/.

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