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samedi 24 décembre 2011

Joyeux Noël!

Je sais, ce n'est encore que le 24, le réveillon. Mais soyons francs, je n'aurai pas le temps d'écrire un billet de blogue demain matin, avant de partir pour la campagne (là ===> http://www.ste-ursule.ca/pages/galeriePhoto/maisonsPatrimoniales5.html, dans notre belle maison ancestrale de Sainte-Ursule, la fierté des Coutu).

Alors voilà, je souhaite donc joyeux Noël à tous ceux qui ont la bonté de lire mon blogue. En plus, le ciel (avec une majuscule ou non, selon vos croyances) nous a fait l'honneur d'une petite tempête qui a mis le Québec sur son 31.

N'oubliez pas d'être sincèrement heureux de tout cadeau que vous recevrez, même si ce n'est pas exactement ce que vous aviez demandé. Pour ça, il y a Amazon, Ebay et Beyond the Rack. Et mangez vraiment beaucoup. Empiffrez-vous jusqu'à vouloir mourir de bonheur. Pas une seule pensée pour votre ligne. Les lignes, ça peut être de bien des formes sans perdre sa grâce. Et ne levez pas les yeux au ciel en entendant de la musique de Noël. Joignez-vous plutôt à la chorale. Mais surtout, riez et soyez heureux. Aimez comme vous n'avez jamais aimé. Mettez vos soucis de côté pour quelques jours et laissez-vous emporter par la magie de Noël.

Voici donc mes (très) utiles conseils (oui).

Merci à tout le monde de lire fidèlement mon blogue. Le nombre de visites a explosé depuis quelques mois. Je suis vraiment touchée de voir que tant de gens acceptent de perdre un peu de leur temps en compagnie de mes mots. Ça fait chaud au coeur. C'est un merveilleux cadeau de Noël. Quoique je ne dirais pas non à quelqu'un qui aurait envie de me tricoter des bas. J'aime les bas de laine. C'est toujours pratique en hiver.

Joyeux Noël tous :)! 

jeudi 22 décembre 2011

Vacances, Français et cadeaux de Noël

Alors ouais. Je suis maintenant officiellement en congé des Fêtes, c'est-à-dire que je ne travaille plus d'ici Noël. J'aurais pu travailler demain. Mais j'ai envie d'être congé. C'est ça qui arrive quand on gère son horaire. Et qu'on s'appelle Anne-Marie Coutu ===> donc les vacances passent toujours avant l'argent. Je me force tout de même à travailler trois jours par semaine, BON. Aujourd'hui, j'ai appris à faire des étiquettes de "mail merge" (envoi d'une même lettre à plusieurs centaines de personnes) sur Word à partir d'une liste de noms et d'adresses Excel. Vous ai-je dit que je vénère Word? On a une vieille complicité, moi et lui. On en a passé, des heures ensemble! Une relation qui dure depuis maintenant quinze ans. À l'époque où je devais faire des compositions écrites de 50 mots en police 24. Good old days.

Ceci est peu pertinent (qu'est-ce qui l'est au fond? *Pensées profondes et philosophiques*). Alors avec zéro travail qui m'attend d'ici samedi, je n'ai plus qu'à me mettre dans l'ambiance des Fêtes. Certes, il n'y a pas de neige (la dépression me nargue sournoisement), mais mon sapin est toujours là (aussi quétaine soit-il)  pour me réchauffer le coeur, jour après jour, nuit après nuit, alors que je passe toutes ces heures à écrire.

Alors avant-hier, j'ai été prendre une bière avec Timothée de France (l'appeler comme ça lui donne un air aristocratique... alors je le laisse comme ça), venu rendre visite au Canada pour y célébrer les joies de l'hiver. Tout ça pour dire que se promener à Montréal avec un Français (ou, en fait, pas mal n'importe quel étranger) est tout à fait fascinant. Lui ou encore Clément cet été ou encore tous nos chers étudiants espagnols en échange passent leur temps à me faire remarquer plein de petites de choses intéressantes que je prenais pour acquis. Avec eux, j'ai l'impression de voyager dans ma propre ville (je ne parle PAS de Bois-des-Filion... ça, c'est un cas à part, mais bien de Montréal, ma ville mère), d'apprendre à mieux connaître mon propre pays (ici le Québec). Par exemple, Timothée me disait qu'avec Clément, ils étaient fascinés par les messages de la STM qui terminaient toujours par « D'autres messages suivront », comme si le STM tenait vraiment à coeur le bonheur de ses passagers. Alors que ces messages m'avaient toujours exaspérée, je me rends compte que ce serait probablement pire s'il n'y avait pas de message du tout. Ou encore, cette fascination des écureuils et des ratons-laveurs, considérés comme de véritables plaies ici. Sans parler des colibris (à force d'avoir trop écouté Pocahontas). Et puis, en tant que langagière, j'adore parler avec des étrangers et entendre leurs impressions sur la langue québécoise. Comme pour notre pays, j'ai appris grâce à eux à reconnaître beaucoup de québécismes auquel je n'aurais jamais pensés (« croquette de poulet », « sûrement », « voyons donc », « tourlou », « écoeurant », « prendre une marche », « barrer une porte », etc. etc.) et à découvrir l'étendue des expressions qui nous sont propres. Et je ne mentionnerai même pas tous les mots que nous utilisons qui sont là-bas des expressions sexuelles (si un étranger se met à glousser stupidement quand vous parlez et dit « Ah non non, c'est rien » quand vous lui demandez ce qui se passe, vous aurez compris pourquoi).

Et puis demain je vais dîner avec mon cher Thomas, qui repart en France pour les Fêtes, manger du foie gras et des baguettes de qualité. Pour l'occasion, je vais le rejoindre durant son heure de lunch à Sainte-Justine. Je pourrai donc faire un rapport complet sur la qualité de la cuisine à mon grand-père, ex chef cuisinier de l'hôpital, quand je le verrai samedi (par la même occasion, il en profitera probablement pour me demander si je n'ai pas vu Paul-Jean-Jacques qui travaille encore là... et que je n'aurai PAS vu).

Et parlant de samedi... me voilà qui m'emballe (get ready for it) à l'idée qu'on déballe mes cadeaux (mes jeux de mots sont mirobolants). CERTES, il n'y en pas beaucoup, parce qu'on fait des échanges partout et que chez les Coutu (famille élargie), on se donne jamais de cadeaux, par conscience non consommatrice. Mais tout de même, il y a quelque chose d'excitant à l'idée qu'on voit ces cadeaux pour lesquels on s'est cassé la tête, jusqu'à trouver ce cadeau qui correspond parfaitement aux goûts et au prix. Et de prendre, très souvent, des risques par originalité. Souvent, à Noël, j'ai si hâte qu'on voit mes cadeaux que je ne me souviens que le jour de Noël que moi aussi j'en aurai. Et alors je deviens à peu près euphorique, parce que je sais que mes proches connaissent trop mes goûts et m'achètent souvent quelque chose que je vais adorer (je pense à ce dictionnaire anglais-français des proverbes québécois que Sara m'avait acheté, ou encore la série Blanche que ma mère m'avait donnée, ou encore l'ensemble de plumes de la part de Laurent [j'ai d'ailleurs vidé toutes les cartouches d'encre à force de me prendre pour Jane Austen... c'est malheureux], ou encore ce macaron avec une photo de « Scottish Breakfast » qu'Ève m'avait fait importer d'Écosse, ou ce double DVD « Flashdance / Footloose » qu'Isabelle m'avait offert, sans parler des DVD de Braveheart et de Le Patriote que Laurence m'avait dénichés, entre autres cadeaux aussi cool les uns que les autres ». J'adore Noël. Chaque fois, j'avoue même rester surprise qu'on me connaisse tant. Puis je me souviens qu'avec mon Facebook, c'est pas trop trop difficile. Mais qu'importe. Être secrète, ça ne mène à rien. Et les gens mystérieux et secrets reçoivent des chandelles et des savons à Noël. Et moi, j'ai peur du feu et je fais des réactions allergiques à bien des savons. Et si je n'y suis pas allergique, je les laisse dans ma chambre des années durant à attendre le moment idéal pour les utiliser, jusqu'à ce que les savons sentent la poussière et que je les jette. Vaut mieux prévenir que guérir, jeunes gens.

C'est tout (oui, enfin).       

lundi 19 décembre 2011

Douce et merveilleuse sensation...

...qu'est celle des vacances. Peu importe que je travaille encore trois jours par semaine. Quand j'arrive chez moi, je peux m'installer sagement avec mon ordinateur devant le sapin de Noël et admirer la quantité de cadeaux croissante près de la crèche.

Alors je note que mes passe-temps en vacances sont toujours différents de ceux que j'avais prévus. De un, je n'ai TOUJOURS pas fait le ménage de ma chambre. Ni envoyé mes cartes de Noël. La bonne nouvelle, c'est que cette année je ne vais pas acheter mes cadeaux le 23 décembre...

Alors donc, puisque la formule liste me semble intéressante (j'aime les listes... même si je ne les suis JAMAIS, mais jamais), voici mes (véritables) passe-temps quand je suis en vacances, qui sont diantrement différents de ceux souhaitables et respectables :

1) Aller faire de la randonnée pédestre avec Marie-Lou... parce qu'en théorie, ça semble toujours bien... et qu'en pratique, je finis toujours par avoir mal partout pendant une semaine.

2) Lire une BD d'Astérix et essayer de comprendre les blagues que je n'avais encore jamais comprises.

3) Traduire des extraits de roman pour mon bon plaisir.

4) Commander des livres sur Internet.

5) Écouter des films de plus en plus louches sur Netflix où plus souvent qu'autrement, il y a une tension sexuelle jamais résolue entre deux personnages. Ou des silences qui durent plusieurs minutes. Ou beaucoup de sous-titres. Ou le choc des cultures. Ou tous les éléments susmentionnés (je sais, je sais, ce dernier mot ne devrait être utilisé que dans les textes juridiques... mais on appellera ça la liberté littéraire).

6) Squatter Facebook (et commencer à faire un centième ménage dans mes photos). Squatter 9gag (et tout republier sur Facebook). Squatter Cyberpresse (et me décourager sur l'état de la planète). Squatter Goodreads (et écrire une critique pour tous les livres que j'ai lus dans ma vie).

7) Essayer la nouvelle voiture de mon père malgré ses regards menaçants de « tu l'abîmes, je te renie » (très peu convaincants, par ailleurs). Écouter à tue-tête de la musique de Noël.

8) Regarder mon père installer un arbre de Noël dans notre village sous L'ARBRE DE NOËL (Inception much).

9) Allumer des feux avec mes vieilles de cours parce qu'on n'a plus de vieux journaux (et qu'on gèle en TABARNOUCHE, foutue température qui passe de 6 à -15 une journée sur deux).

10) Regarder des séries télé absolument quétaines (The Vampire Diaries, Le Cercle) et d'autres un peu moins (Modern Family, Prison Break, La Petite Vie).

11) Lire pour la première fois de ma vie Bridget Jones (honte à moi qui ai vu les films une bonne vingtaine de fois).

12) Regarder des films historiques britanniques. Parce que c'est ma grande faiblesse dans la vie.

13) Oublier d'aller porter mes livres à la bibliothèque, encore et toujours (je le fais secrètement pour financer un peu la triste bibliothèque de Bois-des-Filion qui n'a, à ce jour, toujours pas "La Servante écarlate" de Margaret Atwood).

14) Écouter du Bananarama, à mon grand désarroi (Cruel, CRUEL, summer!).

15) Regarder Météomédia à chaque minute de ma vie pour voir quand arrivera cette foutue tempête de neige.

16) Écrire des bouts d'histoire sur tous les bouts de papier qui traînent. Et puis perdre les bouts de papier.

17) Lire des romance novels écrits par des membres de Goodreads (dans la section "Creative Writing") et rire vraiment beaucoup en me disant que finalement, je ne suis pas si pire. Puis lire les commentaires des lectrices (admettons la réalité, je ne pense pas qu'il y ait vraiment un homme qui lise ça) en fin de chapitre... et s'étonner que quelqu'un écrive : « OMGGGGG I SO didn't see coming that he like her!!!! Write mooooore, plzzzzz ». J'veux dire, c'est déjà gênant au départ d'avoir envie de lire plus d'un chapitre (je l'ai fait, JE L'AI FAIT! Faut bien se divertir), ne prétends pas être SURPRISE en plus. Non mais.

18) Clavarder avec tous mes amis qui n'ont pas encore fini leur session et qui cherchent désespérément un moyen de procrastiner (en l'occurrence, 90 % du temps, ma personne).

19) Échanger des recettes et des anecdotes de fin de semaine avec Huguette, ma collègue de 60 quelque ans (ce qu'on peut rire!). Je peux maintenant me vanter d'avoir véritablement des amis de tous les âges.

20) Boire du thé Tetley (je garde les autres thés pour les grandes occasions.......). En quantité inhumaine. (Moi, d'la marde la drogue et la cigarette, je suis accro au thé).

21) M'asseoir sur le plancher de la cuisine et profiter du seul endroit dans la maison où il fait vraiment chaud, et ce, quand il fait soleil.

22) Passer la cassette de Mario Tennis au Nintendo 64 (parce que je me rends compte que ça faisait un bon millier d'années que je n'y avais pas joué).

23) Écrire mon blogue parce que je suis trop lâche pour avoir de l'imagination.

24) Lire trois romans en même temps.

25) Recommencer à aimer prendre le métro, parce que ça ne signifie plus école, mais sorties entre amis.

Alors voilà. Tout ça en quatre jours. C'est un peu triste. Je compte bientôt recommencer à avoir une vie sociable décente (dès demain). Parce que là, vraiment, malgré mon travail la semaine, j'ai vraiment trop de temps libres.

P.S. J'ai écouté cette chanson de Bananarama en boucle pendant toute l'écriture de ce truc (c'est-à-dire, à peu près une heure). Pas étonnant que je sois étrange.

===> http://www.youtube.com/watch?v=MPNhV1gF008 (le clip est délicieux. On songe à faire un remake avec Ève et Kathy). 

mercredi 14 décembre 2011

Choses à faire pendant les vacances de Noël

On y arrive presque. Si on n'y est pas encore arrivé. Je parle bien des VACANCES DE NOËL. Certes beaucoup plus courtes que celles d'été, elles sont néanmoins presque aussi appréciables, grâce à... ben tiens, Noël. Mais nous savons tous qu'on a hâte aux vacances pour pouvoir enfin faire ce que nous nous sommes promis de faire depuis trois mois. Cette procrastination extrême que nous faisons TOUS en se disant qu'on sera bientôt en congé et que pendant les vacances, on aura juste ça à faire (sûrement ouais). En voilà une courte liste.

1) Faire le ménage de ma chambre, déclarée zone sinistrée depuis le mois d'août. Et faudrait que j'en profite pour jeter des trucs. Du genre ce pantin de bois que j'ai dû faire en secondaire 3. Ou ce casse-tête 3D en bois que j'ai dû faire pour le même cours. Ou ce calendrier de chats qui traîne dans mon tiroir depuis 5 ans (pourquoi exactement est-ce que j'avais un calendrier de chats...? Je n'ai jamais vraiment su ce qui a pris à mes parents d'acheter ça. Je n'ai jamais aimé les chats. Et eux les détestent encore plus que moi.). Ou encore ces centaines de crayons qui sont délaissés dans mon tiroir de crayons (oui, j'ai un tiroir dédié aux crayons). Ou même tous ces vêtements que je ne porterais même pas sous la torture et que j'ai acheté à l'âge de douze ans (alors qu'à douze ans je mesurais environ 4pi10, sans exagération).
2) Faire le recensement officiel des livres en ma possession.
3) M'inscrire à des cours de Jive.
4) Prendre mon putain de rendez-vous pour aller me faire arracher les dents de sagesse.
5) Terminer mon tricot de foulard que j'ai commencé à l'âge de 14 ans et qui fait maintenant près de six pieds.
6) Apprendre à faire de la trempette d'épinards puis en manger jusqu'à ce que mort s'ensuive.
7) Mine de rien, aller acheter mes cadeaux.
8) Arrêter d'écrire des trucs inutiles et me résoudre à continuer mon foutu roman (ça s'en vient, ça s'en vient...!, dis-je depuis cinq ans).
9) Écrire mes cartes de Noël AVANT Noël, pour ne pas avoir à prétendre comme d'habitude que la poste a été lente (la belle excuse).
10) Travailler plus pour avoir de l'argent (les belles ambitions... j'sens que ça ne durera pas très longtemps).
11) Faire une danse de la neige tous les matins pour espérer avoir un, au moins UN, centimètre de neige pour Noël.
12) Faire de l'exercice (je t'appelle au secours, Marie-Lou, seule amie qui réussit à m'obliger à me bouger le derrière parfois).
13) Faire un casse-tête. Juste parce que j'aurai le temps.
14) Aller skier. Parce que ça fait maintenant plus de deux ans que j'y suis pas allé. *Note à moi-même : ne PAS y aller avec Marie-Lou. On se souvient de la dernière intermédiaire "mais vous allez voir elle est ben ben facile"*
15) Aller dans mon spa. Arrêter de juste aller dans des spas quand je vais à l'hôtel ou m'entraîner à l'Université.
16) Faire du ski de fond. Parce que je n'ai pas pris un cours pour rien. Faudrait bien que je m'y remette.
17) Revoir ces amis que je n'ai pas vus depuis six mois.
18) Lire des essais pour mon bon plaisir.
19) Continuer à étudier le langage des signes.
20) Refaire des tartes, parce que j'étais assez douée, mais je suis trop lâche pour en faire.

Et à tous : une joyeuse fin de session! Yay! *Retourne étudier*

jeudi 8 décembre 2011

Ce à quoi il faut s'attendre pour Noël

Noël est synonyme de tradition. Et donc, chaque année, on refait à peu près le même manège. Je prévois donc certains événements, habituels dans ma famille. Parce que chaque famille a ses traditions.

1) On va attendre à la veille de Noël pour emballer les cadeaux. De façon la plus ratée possible. Question que le receveur ne se fasse pas trop d'attentes.

2) On va aller chez mes grands-parents Lévesque le 24, mon oncle André va dire à ma soeur Isabelle et moi : « Toujours pas de p'tit chum », on va sourire en répliquant quelque chose de drôle et d'intelligent tout en ruminant intérieurement. On va manger de la tourtière, du boeuf bourguignon fait par mon grand-père, des patates pilées. Avec un choix de tarte au citron, tarte aux framboises ou carré aux dattes pour dessert. Bien sûr, à la table des « enfants » où la moyenne d'âge est maintenant d'à peu près 25 ans. On descendra au sous-sol, on ouvrira nos cadeaux. On ira embrasser mes grands-parents. Ma grand-mère dira : "Ben ça me fait plaisir ma belle fille" en riant, parce qu'elle rit tout le temps, et quand elle a pris du vin, elle devient encore plus rouge que d'habitude.

3) On va aller à la messe de minuit par tradition, puis on s'endormira sur le banc de la cathédrale de Sainte-Thérèse parce que le curé de Sainte-Thérèse est sûrement l'homme le plus soporifique de cette Terre.

4) On va partir chez les Coutu à Sainte-Ursule. On ira s'asseoir devant la télévision pour écouter une mauvaise émission de Musiqueplus avec mon cousin Vincent. On blaguera sur le comportement de nos parents respectifs tout en mangeant le plus de nourriture possible (peut-être une mousse aux crevettes, une trempette aux épinards ou tout simplement des amandes au chocolat, selon l'humeur cuisinière de ma grand-mère). La mère de Vincent lui dira de ne pas trop manger avant le repas, malgré ses 21 ans. Mon père trouvera un vieux vinyle de Noël sur lequel il se mettra à chanter en coeur avec ses deux frères. Ma mère et mes tantes les regarderont en riant, heureuses, puis ma grand-mère se joindra à eux et on aura droit à un portrait de famille émouvant. Pendant le repas, nous serons hystériques à la "table des enfants" où la moyenne d'âge est de 20 ans. Vincent versera discrètement du jus Fruité dans son vin blanc, ma grand-mère demandera : "Finalement, vous le trouvez trop fruité?", et on éclatera de rire aux larmes. On mangera le cipâtes que les parents de Vincent auront fait avec de la viande sauvage, chassée par mon oncle au cours de l'année. Ma grand-mère aura fait ses merveilleux biscuits à la mélasse. Puis mon père sortira un nouveau jeu de société de groupe qu'il a acheté pour l'occasion et nous traumatiserons probablement Nicolas, le chum de ma soeur Laurence et le chum de ma cousine Mélissa par notre trop grand enthousiasme. Ma grand-mère ne voudra pas jouer, puis finalement s'avérera la meilleure de la famille. Ma famille s'arrangera pour paraître le plus intense possible devant le nouveau venu, le chum de ma cousine (parce que troubler les inconnus par un trop grand enthousiasme, ce n'est pas juste mon père qui le fait).

5) Le lendemain, on ira chez mon parrain et ma marraine, à dix minutes de là, et tout le monde ira faire de la traîne sauvage. Mon père n'aura pas les vêtements appropriés et sera complètement mouillé. Ma mère va nous regarder et prendre des photos. Mon cousin Vincent essaiera de glisser debout et s'obstinera pour construire un « jump » en bas, que nous détruirons dès qu'il a le dos tourné. On retournera tous en dedans où Marie-Claude nous proposera des chocolats chauds. Nous aurons les cheveux dans un état qui dépasse tout entendement, le bas de nos pantalons sera mouillé de neige et nos joues brûleront encore du froid.

6) On reviendra chez nous et pour déjeuner on aura toutes les merveilles du monde : oeufs, bacon, saucisses, croissants, muffins, fromages, fruits. Puis on déballera nos cadeaux. On aura plus hâte que les autres voient nos cadeaux que de recevoir les nôtres. On fera durer le jeu en pigeant nos tours de déballage. On essaiera de deviner qui nous aura pigé dans l'échange (on est trop paresseux pour aller acheter des cadeaux pour chacun des membres de notre famille -- non pour vrai, on ne donne juste pas beaucoup de cadeaux dans notre famille, directive de mon parrain qui promeut la simplicité volontaire, et qui, avec les années, a réussi à nous convaincre des bienfaits de la chose --, donc on pige un nom). Je vais écrire une carte de Noël pour ma mère et elle va pleurer. Supposément parce que j'écris bien, mais en fait elle pleure à rien, alors je ne me donne pas trop de crédit. Quelqu'un achètera de la réglisse noire à mon père, parce qu'il est le seul à aimer ça dans la famille et qu'il n'en mange apparemment qu'à Noël.

7) Dans l'après-midi, on écoutera les DVD reçus dans un cadeau ou un autre. Mon père et Nicolas trouveront encore un moyen quelconque de nous faire écouter Transformer. Je m'éclipserai en prétextant aller lire un de mes cadeaux.

8) On fera une raclette pour souper, puis on mangera de la fondue au chocolat, puis on ira dans le spa (probablement la seule fois qu'on y va de l'année). Ma mère nous obligera à mettre une tuque pour pas qu'on attrape le rhume. Mon père n'en mettra pas. Nicolas n'en mettra pas. Nous n'en mettrons pas. Ma mère finira par mettre un bandeau.

9) Le 27, mon père apportera ses haut-parleurs au travail et mettra de la musique de Noël à la plus grande joie de tous les employés. Je lèverai les yeux au ciel. Ma patronne dira qu'elle n'aime pas la musique de Noël. Un vote collectif obligera mon père à mettre de la musique normale. On me demandera de brancher mon Ipod. On se rendra compte que j'écoute vraiment de la mauvaise musique. On arrêtera la musique.

10) Le 28, mon père va encore s'émouvoir sur le peu de trafic qu'il y a et me dira encore une fois à quel point il est judicieux de travailler entre Noël et le Jour de l'An. Il ajoutera au passage qu'il adore sa nouvelle voiture. On fera une blague sur la Malibu, que nous avons abandonnée chez le concessionnaire. On éclatera de rire.

Noël dans ma famille. Toujours un immense succès. Rien de trop beau pour nous.

lundi 5 décembre 2011

Satisfaction

J'ai finalement eu un rendez-vous chez l'orthodontiste il y a vingt minutes. Là, j'attends mon train de 12 h 17 à la gare de Rosemère. Je suis arrivée d'avance, donc j'ai eu le temps de m'acheter un thé pour emporter. Parce que je m'étais fait une théière chez nous... mais comme à mon habitude, après avoir fait bouillir l'eau deux fois, j'ai oublié le thé sur le comptoir, sans jamais le verser dans une tasse.

Alors, le rendez-vous. Ça faisait six mois que je le repoussais, parce que je suis une trop grande procrastinatrice pour avoir la force de prendre le téléphone et de prendre un rendez-vous. Et puisque je suis censée avoir un rendez-vous chaque six mois... j'étais en retard. La dernière fois, elle m'a dit que si je continuais de ne pas assez porter mon appareil, mes dents allaient affreusement crochir et qu'ils seraient obligés de me reposer des broches (bonne blague, bande de perfectionnistes).

Ce qu'il faut savoir, c'est que j'ai porté des broches pendant sept ans. De 12 à 19 ans. Pendant six ans, j'ai accepté mon sort avec impassibilité. La dernière année, je pleurais chaque fois que je sortais de chez l'orthodontiste et qu'il ne m'avait toujours pas donné de date. Je les ai portées si longtemps que la majorité de mes meilleurs amis ne m'avaient jamais vue sans broche.

Alors, les appareils, je m'en balance un tant soit peu. Je les porte juste de nuit et c'est bien en masse.

Tout ça pour dire que tantôt, une autre orthodontiste m'a dit que tout était parfait. Le rendez-vous a duré 3 minutes, c'était ridicule. So screw the appareil, raaah!

Oui, l'orthodontie me rend agressive. Désolée.

vendredi 2 décembre 2011

Ma vie vient de changer

Oh oui, jeunes gens.

Car j'ai trouvé un réseau social qui ne parle QUE DE LIVRES (je sais, j'ai mis à peu près 1 000 messages Facebook à ce propos, MAIS JE SUIS EMBALLÉE, BON). Ainsi, on inscrit les livres qu'on a lus, ce qu'on est en train de lire, ceux qu'on veut lire. On peut comparer nos lectures avec celles de nos amis (pour le moment, je n'en ai que quatre... c'est un peu triste), on peut voir les notes qu'ils ont attribuées aux livres, les critiques qu'ils en ont faites, les lectures qu'ils veulent faire. On peut s'inspirer ainsi pour nos prochaines lectures. On peut inscrire la progression de notre lecture en cours, on peut se donner des défis de lecture pour l'année suivante, on peut répondre à des quiz littéraires, on peut établir une section citations d'auteurs, on peut publier des extraits de nos propres écrits, on peut aimer et commenter les lectures de nos amis, on peut créer des « bookshelves », donc des étagères par catégorie (on crée nous-mêmes nos catégories... donc pour l'instant j'en ai certaines dont « Secret-reading » pour mes lectures honteuses, « Why-oh-why » pour les livres qui m'ont fait souffrir tellement ils étaient nuls, « Scottish-raawr » pour les livres à contenu écossais, etc.)..................... LE PARADIS.

Un vrai petit cyberclub de lecture. Et en plus, croyez-le ou non, ça me motive plus à lire quand je sais qu'on surveille ma progression, qu'on me demande comment je trouve ma lecture, etc. Parce que mine de rien, j'ai des milliers de livres à lire avant ma mort et j'ai souvent besoin d'un bon coup de pied dans le derrière. 

Par contre, je tiens à vous prévenir que vous deviendrez vite obsédé à retracer toutes vos lectures depuis votre enfance, à cliquer sur tous les livres que vous voulez lire, à commenter toutes les lectures, à catégoriser tous vos livres, etc. Ça me donne envie de me partir une librairie de livres usagés tout ça.

Je vous enjoins donc fortement à vous joindre au groupe si vous êtes des amateurs de lecture (le futur appartient aux geeks) ==> http://www.goodreads.com/annemariecoutu (faudrait vraiment que je me recycle dans le marketing de sites Internet). Ainsi, vous pourrez m'ajouter comme amie (youuuuhou!) et admirer à quel point je lis des romans douteux (et je les aime, pardi!), avec parfois quelques rares éclairs de bon goût. Au moins vous n'aurez pas l'excuse de dire que vous lisez des livres mauvais qui ne valent pas la peine d'être mentionnés... parce que dites-vous que j'ai osé mettre des livres pas possibles dans ma liste. Faut quand même s'assumer jusqu'au bout. 

Bref, c'est super plaisant. Ça permet d'engendrer des débats littéraires pas croyables. Et moi j'aime les débats littéraires. 

Alors voilà. Je devais le partager au vu et au su de tous. Parce que ma vie est cool comme ça.

Je pense qu'il serait grand temps de répéter : Mais où s'en va ma vie, vraiment?

jeudi 24 novembre 2011

Nostalgie et écriture

*Conseil : écouter http://www.youtube.com/watch?v=t1TcDHrkQYg pour un effet plus réussi*

À onze ans, je me rendais souvent avec mes sœurs et avec nos quelques amis qui habitaient sur la même que nous dans le grand champ qui borde la route 335 à Bois-des-Filion. C’est à cet endroit que l’on construira – finalement – l’autoroute 19. Un petit sentier escarpé nous menait jusqu’à une grande fosse où aboutissait un tuyau d’égout. Peut-être n’était-ce que des eaux grises, je ne le sais pas. Une grande mare s’y était formée et il y flottait plusieurs déchets, dont un vélo et quelques pneus abandonnés. On se serait crus dans Stand by Me ou peut-être même dans Les aventures de Tom Sawyer. Ou en tout cas, dans notre tête pleine de jeunesse. Alors, armés de lampes de poche, nous partions à l’aventure dans l’immense tuyau. Notre objectif était d’aller plus loin que le premier tournant – j’ai réussi une seule fois à le faire. Nous l’essayions quelques fois par semaine, dès que nous n’avions rien à faire. Je devais toujours y aller la première parce que j’étais la plus vieille. Mes sœurs devaient être au centre avec nos amies et Marc-André devait fermer la marche parce que c’était le seul garçon. Habituellement, après quelques pas, ma sœur Laurence se mettait à hurler « J’AI ENTENDU QUELQUE CHOSE, ON PART! ». Ceux qui la connaissent savent pertinemment qu’elle n’a pas changé depuis. Alors tout le monde partait en hurlant et j’étais laissée seule avec mon orgueil et ma lampe de poche.

Après, nous nous rendions dans un grand parc qui se situait au centre de cours de maison. C’était un parc peu connu à Bois-des-Filion où je suis allée quelques fois plus tard pour jouer au croquet avec des amis (oui, nous avons commencé à jouer au croquet après la mort de mon grand-père, quand ma grand-mère a ainsi découvert un vieux jeu de croquet qui lui appartenait dans le garage). À l’époque, il y avait un énorme arbre duquel pendait une espèce de liane naturelle. Nous grimpions de façon assez acrobatique jusqu’à une branche élevée et nous sautions dans le vide avec la liane. Derrière l’arbre, dans un petit fossé rempli de buissons, nous avions construit une petite cabane où nous tenions à peine à deux.

Nous finissions parfois nos journées d’été en nous rendant dans le boisé au bout de la rue Carmel, à Terrebonne. Nous n’avions qu’à escalader un sentier particulièrement à pic pour atteindre une petite clairière à quelques centaines de mètres de l’autoroute 640. Là, on trouvait une panoplie de framboises et de mûres. Parfois même des fraises des champs.

Et puis quand il faisait très chaud au camp de jour, nous partions en expédition. Nous traversions les viaducs inutiles construits il y a près de 40 ans (ceux qui serviront un jour à la 19, autoroute promise depuis quarante ans, mais inachevée à cause de manques de fonds) et nous marchions près d’une demi-heure dans la forêt qui longeait la 640 pour atteindre une petite cascade dont le fond était en glaise. On les appelait les chutes de glaise. On se rendait en haut et on s’asseyait dans la cascade, puis on se laissait glisser (la glaise mouillée est VRAIMENT glissante) jusque dans une mare remplie de crapauds. Les garçons se plaisaient à nous lancer des mottes d’argile dans les cheveux. Puis nous repartions et marchions avec la peau craquante jusqu’au camp de jour où on se rinçait avec de l’eau glaciale.  

Quand j’avais treize ans et que j’étudiais à Rosemère, j’aimais le midi aller m’asseoir avec mes amies dans un petit parc pavé de briques où trônait une grande fontaine souvent remplie de savon par des garçons de notre âge qui cherchaient à se divertir. On s’assoyait sur un banc de parc et on y mangeait notre lunch. C’était à l’époque où les yogourts à boire étaient très à la mode (tellement plus cool qu’un yogourt habituel) et donc on s’amusait, une fois le contenant vide, à le presser le plus fort possible et à regarder qui avait réussi à faire voler son bouchon le plus loin.

Parfois encore on allait à un grand parc qui bordait la rivière des Mille-Îles, à dix minutes à pied de l’école secondaire. On s’installait sur les balançoires, on se balançait le plus haut possible et c’était à celle qui réussirait à sauter et à voler le plus haut. Nous tracions alors de magnifiques arcs dans le vide avant de nous écraser dans le sable en rasant la foulure chaque fois.

D’autres fois, nous allions manger près d’un grand étang où des canards, des oies et des cygnes pataugeaient gaiement. C’était à celle qui réussirait à lancer son bout de pain le plus loin.

Et sinon nous allions « illégalement » dans la cour de l’école primaire pour jouer à Homme sur terre dans les modules pour enfants, avant de nous faire chasser par une surveillante qui nous aurait remarqués.

Aujourd’hui, j’ai vieilli et ces activités ne font plus partie de mon quotidien.

Mais aujourd’hui, la fosse sera remplacée par une autoroute, la liane a été coupée par la ville parce qu’elle était trop dangereuse, la clairière de framboises a été remplacée par des condos, la chute de glaise a été remplacée par un quartier industriel. Le Bois-des-Filion de mon enfance a disparu. Maintenant, nous avons une réglementation sur le style des panneaux d’affichage, nous avons des haut-parleurs qui jouent de la musique sur la rue principale et nous avons des platebandes de fleurs à la tonne pour décorer la ville. La ville a certes un charme évident maintenant… mais tous ces endroits qui nous paraissaient autrefois pittoresques et aventureux dans notre jeune temps ont disparu. Je sais que c’est aussi le cas de la plupart des enfants qui ont grandi en banlieue. Les terrains vagues qui ont modulé notre enfance se vendent à des prix d’or et ne survivent jamais une décennie.

On me demande souvent où je trouve toute cette inspiration pour écrire sans arrêt, fictions et blogues. Je la trouve dans ces souvenirs furtifs qui me permettent encore aujourd’hui de garder non seulement un cœur d’enfant, mais un cœur optimiste. Je sais que chaque événement vécu, je m’en ennuierai dans quelques années. Et donc je profite du moment présent pour que les traces de ma jeunesse demeurent toujours colorées dans mon esprit.

Je suis une nostalgique incorrigible. Je l'admets volontiers et sans honte. 





lundi 21 novembre 2011

Ça m'énerve

Dans la foulée tardive du plus que très (trop) célèbre hit de Helmut Fritz (Ça m'énerve), j'ai décidé de faire une liste (non exhaustive et sujette à ajouts) des trucs qui me tapent vraiment sur les nerfs. L'ordre n'est pas particulièrement important. Si vous vous reconnaissez là-dedans, dites-vous que je vous ai déjà averti de l'irritant si vous êtes mon ami ou de ma famille. Alors ne vous inquiétez pas.

Je fais des efforts pour essayer de ne pas trop chialer dans la vie de tous les jours, mais condition de Québécoise oblige, je craque souvent. Et des fois, j'ai besoin de me défouler.

Section télévision et films
1) Le fait que Tout le monde en parle soit la meilleure émission qui passe à Radio-Canada et que ce soit la seule qui ne soit pas sur Tou.tv.
2) Occupation double et tout ce qui s'y rapporte (particulièrement la chronique à Salut Bonjour là-dessus). Et le fait que je sois la seule de la famille qui juge qu'arrêter un souper familial en plein milieu pour écouter des personnes débiter des stupidités à coup de « si j'aurais » soit déplacé.
3) Le fait qu'à Salut Bonjour, ils passent dix minutes à parler d'un but de hockey de la veille et qu'ils glissent en moins de trente secondes que trente mille personnes sont mortes dans une inondation et en moins de deux secondes et demi que le Salon du Livre était arrivé. Je sais, je sais. Faudrait que j'écoute Radio-Canada le matin. Mais ils sont trop sérieux pour me réveiller à 6 h. Et puis j'aime bien rire des gaffes pas croyables de Gino.
4) Le Banquier. Je pense que dans toute mon existence je n'avais jamais vu d'émission avec si peu d'intérêt.
5) Ceux qui passent le plus clair de leur existence à rabaisser Twilight. Je sais pertinemment que ce n'est pas du grand cinéma. Je sais aussi que c'est complètement irréaliste. Je sais aussi que les vampires (ou en tout cas, certains) de Stephenie Meyer sont vraiment nuls comparés à bien d'autres. J'ai lu et vu Entretien avec un vampire. Je ne compare juste pas les deux. Et ce n'est pas particulièrement pire que Transformer, ni que bien d'autres films d'ailleurs. Revenez-en. N'allez juste pas le voir au cinéma. Et accordez-nous deux heures par deux ans pour faire ressortir les filles de douze ans en nous.
6) Dans la même veine, les filles qui obligent leur chum à venir voir Twilight avec eux. À celles qui le font : VOUS ÊTES STUPIDES. Un garçon ne fera que vous rendre consciente de la nullité incroyable du film. Les amies de fille, ça sert à ça. C'est comme si un garçon vous obligeait à écouter la lutte avec lui. Exactement pareil. Il sait que c'est très mal joué, que c'est stupide et que c'est irréaliste, mais il aime ça. Vous non. Et vraiment, vous êtes à ce point castratrices?

Section conduite
1) Les gens qui commencent à avancer aux feux de circulation pour prendre de l'avance quand la lumière tournera au vert.
2) Les personnes qui roulent à 70 dans les zones de 90. Est-ce qu'il y a un règlement non-dit qui oblige les gens à rouler 20 km/h sous la vitesse?
3) De la même manière, ceux qui te collent au cul quand tu roules à 105 dans une zone de 90. Qu'est-ce qu'ils attendent exactement? Qu'on se jette dans le champ pour aller saluer les vaches?
4) Ceux qui klaxonnent quand il y a du trafic.
5) Ceux qui font vraiment des arrêts de trois secondes.

Section comportements
1) Ceux qui parlent beaucoup et reçoivent tout le crédit, mais au fond ils n'ont rien fait.
2) Ceux qui répondent « Mm » à une anecdote que tu racontes et qui partent sur un sujet sans aucun lien.
3) Ceux qui lisent par dessus mon épaule.
4) Ceux qui ne comprennent vraiment pas mon humour (entendre : le sarcasme) et pensent que je ne les aime pas.
5) Ceux qui refusent qu'on les appelle par autre chose que leur surnom. Du genre : « Allô, moi c'est Véronique, mais je trouve mon nom vraiment laid alors appelle-moi Véro ». Premièrement, à moins de s'appeler Erménégilde ou Spatule, il n'y a pas lieu de croire que votre prénom est laid. Deuxièmement, je n'appelle même pas mes propres soeurs par leur nom raccourci. Donc ne m'imposez pas cette intimité, merci. J'en ferai usage si je le désire.
6) Les personnes étrangères ou les homosexuels qui croient qu'on est racistes ou homophobes quand on se fâche après eux. Si vous méritez mes insultes, c'est juste que vous êtes stupides. Peu importe votre couleur ou votre orientation sexuelle, vraiment. La stupidité est partout. Et elle m'énervera toujours.
7) L'imbécillité, profonde et ancrée. Celle qui ne relève pas juste d'un moment, mais de toute une vie. Mon grand-père dit toujours qu'il y a 40 % d'imbéciles dans la population. Je le crois.  
8) Ceux qui n'ont jamais le temps de rien faire. On trouve toujours le temps de faire ce qui nous plaît, si on le veut vraiment. J'accepterai seulement votre excuse si vous êtes mère célibataire de sept enfants et que vous devez travailler 60 heures par semaine.

Section traduction et école
1) Ceux qui me demandent si je vais faire une maîtrise et qui paraissent déçus quand je leur dis non. Je n'étudie pas en Philosophie ou en Histoire. Je n'ai pas besoin de me spécialiser et je suis prête à travailler. Voilà.
2) Ceux qui sont déçus quand je leur dis que je n'ai pas l'intention de me spécialiser dans une troisième langue. Je le ferai si je dois aller vivre en Europe. D'ici là, je suis très bien avec mon débordement de travail en langues officielles.
3) Ceux qui croient être bons en français et qui ne savent même pas accorder le participe passé du verbe avoir. Ça me fait plus que plaisir corriger vos textes. Alors ne soyez pas offusqués quand je trouve des fautes, pardieu. Chacun son métier, c'est tout. J'admets que ça arrive peu souvent et que la plupart des personnes font confiance à mes corrections. Merci, d'ailleurs.
4) Les professeurs de traduction qui font des fautes. Il n'y a aucune bonne excuse. Et ça fait saigner nos yeux chaque fois.
5) Les « si j'aurais ». Depuis que j'ai réussi à me débarrasser de cette mauvaise habitude il y a de seulement maintenant cinq ans (je remercie d'ailleurs mes meilleurs amis qui m'ont soutenue dans ma réhabilitation française), je grince des dents chaque fois que je l'entends.
6) Les travaux d'équipe à cinq. CINQ. On n'est plus au primaire, on a une vie en dehors de l'école et trouver le moyen de se rencontrer à cinq, c'est tout un casse-tête. Je remercie d'ailleurs Doodle et Skype de nous faciliter les travaux d'équipe.
7) Ceux qui ne croient toujours pas qu'il est possible d'aimer corriger des textes. Ou en traduire. Et qui pensent qu'on fait ça par bonté d'âme. Non. Je ne fais pas ça par bonté d'âme. Quand je propose de corriger votre texte, c'est que J'AIME ça. Vraiment. Objectivement, ce n'est pas pire qu'aimer faire des maths (bon ça aussi j'aime ça, mais bon), qu'aimer les sports (bleh) ou qu'aimer dessiner.

Section société et monde
1) Ceux qui disent que les syndicats sont inutiles et fatiguants. Certes, ils ne sont pas de tout repos, mais allez lire Germinal et revenez-moi sur votre haine des syndicats.
2) Le Journal de Montréal. Rien à ajouter.
3) Ceux qui croient que tous les politiciens c'est des « crosseurs » et qui ensuite, pour cette raison, ne vont pas voter.
4) Ceux qui ne jurent que par l'argent. Vraiment. Trop d'argent, c'est nul. On l'a tous expérimenté dans Les Sims. Après dix minutes, on s'emmerde.
5) Ceux qui achètent des cadeaux par obligation à leurs parents, à leurs amis, à leurs frères et soeurs. C'est perdre toute la signification profonde des cadeaux.
6) Dans le même ordre d'idée, les mères et les pères qui obligent leurs enfants à leur acheter un cadeau pour la Fête des mères/des pères. Je pense que c'est un peu perdre l'esprit de la fête.
7) Le fait que les billets d'avion nous coûtent si chers en Amérique du Nord. Devoir travailler pendant deux ans d'arrache-pied pour se payer un voyage à plus de trois cents kilomètres, ce n'est pas normal.

C'est tout pour aujourd'hui :)

Je vais mieux. Merci. Ça vient de m'épargner des frais de psychologue.

Et pour vous vous remonter le moral, une photo de Boo, le chien le plus mignon de la planète (ou en tout cas, c'est ce que clament ses propriétaires).


   
 

mercredi 9 novembre 2011

50 raisons d'aimer l'hiver nordique

J’adore toutes les saisons, vraiment. Mais j’ai toujours eu un faible pour l’hiver, au grand désarroi de la plupart de mes compagnons canadiens. Je l’avoue : j’adore le froid. Je suis une fille du Nord et rien ne pourrait me convaincre de ne pas aimer l’hiver. Pas même la gadoue, pas même le déneigement de la voiture, rien.

J’ai donc établi une liste de ce que j’aime tant de l’hiver. En espérant peut-être vous convaincre un peu. Vous faire réaliser les beautés et les petits moments que vous oubliez.

Pourquoi l’hiver (du Nord, évidemment) est la meilleure saison de l’année :

1)      Parce qu’on peut boire du thé/chocolat chaud/cidre chaud sans avoir des bouffées de chaleur. C’est le parfait compagnon pour faire ses devoirs, lire ou écrire. Il réchauffe et réconforte. Le tout accompagné d’une doudoune sur les genoux et d’un feu de foyer pour réchauffer un peu le salon… une vision de paradis.
2)      Parce que notre foulard conserve l’odeur de notre parfum et que chaque matin, ça crée une petite joie olfactive impromptue.
3)      Parce qu’une simple tempête de neige nous fait dépenser automatiquement tous nos repas de la journée juste à pelleter, à prendre les transports en commun (j’entends ici de devoir marcher dans 30 centimètres de neige) ou à devoir déprendre la voiture de l’entrée (une aventure qui finit toujours avec deux voisins qui viennent aider à pousser la voiture). De l’exercice aussi facile, quoi de mieux! Sans même y penser, vous venez de vous éviter 15 $ de frais de gym.
4)      Parce qu’il fait noir tôt, mais c’est juste pour pouvoir admirer plus longtemps les lumières de Noël, qui illuminent notre cœur plus d’un mois par année (aaaawww).
5)      Parce que les joues sont rougies par le froid et qu’il n’y a rien de plus plaisant que d’embrasser une joue encore froide par l’hiver.
6)      Parce que lorsqu’il neige, nos cheveux deviennent soudainement une œuvre d’art toute scintillante.
7)      Parce qu’on éclate de rire chaque fois qu’on tombe sur la glace.
8)      Parce que conduire dans la neige donne l’impression d’être dans Fast and Furious et qu’il n’y a rien de plus cool que de faire du « drift » involontaire en tournant un coin de rue.
9)      Parce qu’il y a de la musique de Noël qui joue sur la rue principale de Bois-des-Filion.
10)   Parce qu’on est tellement bien dans son lit plein de couvertes de laine, lourdes et chaudes.
11)   Parce que mettre une salopette de neige replonge tout le monde instantanément en enfance, peu importe le nombre de fois qu’on en a mises depuis.
12)   Parce que c’est la saison des ragoûts de pattes, des tourtières, des cipâtes et de tous ces plats traditionnels québécois qui sont si réconfortants et conviviaux durant l’hiver.
13)   Parce qu’on peut s’amuser à faire tomber la neige des sapins sur les randonneurs qui nous suivent.
14)   Parce que la soupe devient un repas des dieux.
15)   Parce que tricoter devient soudainement à la mode.
16)   Parce que marcher dans la forêt sans raquettes devient une aventure digne de Bob Morane.
17)   Parce que les bébés ressemblent à des boules colorées toutes raidies à cause de leurs énormes habits de neige.
18)   Parce que les lunettes embuent quand on entre à l’intérieur et qu’immanquablement, cela fait rire les gens.
19)   Parce qu’il n’y aucun son plus agréable que le bruit des bottes qui craquent sur la neige.
20)   Parce que faire du traîneau sur de la neige fraîchement verglacée devient un sport extrême gratuit et ô combien amusant. La Ronde semble alors futile et enfantine.
21)   Parce que patiner sur un lac devient aussi un sport extrême chaque fois que la glace craque sous notre poids et qu’on a l’impression de défier la vie comme des brutes à chaque séance de patinage.
22)   Parce que les enfants deviennent des ingénieurs et des architectes incroyables pour construire des forts dans la neige.
23)   Parce qu’il n’y a rien de plus badass que d’aller dans un bain froid d’un spa finlandais quand il fait – 30°C dehors (fait vécu et fortement regretté sur le moment).
24)   Parce que chaque tempête apporte son lot d’anecdotes à raconter.
25)   Parce que pour les femmes, il n’est plus nécessaire de s’épiler à toutes les trois secondes et que pour les hommes, le port de la barbe devient plus approprié (et très apprécié du regard de la gent féminine).
26)   Parce que Movember est enfin fini et qu’on n’est plus obligés de voir des hommes à moustache partout.
27)   Parce qu’on peut rire des touristes français et japonais qui veulent faire du traîneau à chiens.
28)   Parce que pendant ce temps, on peut faire de la motoneige et raser la mort à chaque bosse de neige.
29)   Parce qu’on n’a jamais peur qu’il ne fasse pas beau pour une activité de plein air.
30)   Parce qu’on peut impressionner les étrangers avec nos statistiques de températures et de précipitations de neige.
31)   Parce qu’une panne d’électricité devient une aventure de vie et que ça finit toujours en party chez la seule personne de la rue qui a un foyer.
32)   Parce qu’il n’y a rien de plus drôle que de courir pieds nus dans la neige jusqu’à un spa. Et on l’avouera, c’est très drôle de glisser de la neige dans le maillot de ses amis.
33)   Parce qu’il n’y a rien de plus confortable que de s’étendre dans la neige des dizaines de minutes durant et de regarder le ciel bleu comme jamais de l’hiver.
34)   Parce que les paysages sont à couper le souffle, comme si on les avait recouverts de sucre à glacer.
35)   Parce que les mères et les grands-mères s’inquiètent toujours qu’on ne soit pas assez habillés, peu importe le nombre de couches qu’on porte.
36)   Parce qu’on peut aller en pyjama à la commande à l’auto chez Mcdonald sans que personne ne s’en rende compte.
37)   Parce qu’il n’y a rien comme le silence de l’hiver, imperturbable, que seul le vent dans les branches nues vient troubler.
38)   Parce qu’il n’y a rien de plus drôle que de regarder une poule rester prise dans la neige plusieurs dizaines de minutes parce qu’elle a osé dériver du chemin de paille (les plusieurs dizaines de minutes sont le temps nécessaire pour qu’elle comprenne qu’elle a des ailes).
39)   Parce que les soirées de jeux de société en pyjama deviennent socialement respectables.
40)   Parce qu’il fait toujours clair la nuit à cause de la neige et qu’il est donc possible d’aller marcher dans la forêt sans lampe de poche.
41)   Parce qu’on a des rabais de fou chez Ashton quand il fait froid.
42)   Parce qu’il y a des calèches qui passent parfois de façon tout à fait aléatoire devant la maison.
43)   Parce qu’on peut mettre des sacs magiques dans notre lit pour se réchauffer… et c’est vraiment magique.
44)   Parce qu’on n’a plus besoin de se chercher une roche pour s’asseoir dans la forêt. La neige devient un infini divan.
45)   Parce qu’on peut se faire de la tire d’érable si facilement.
46)   Parce que notre eau reste toujours froide quand on va faire un sport d’hiver.
47)   Parce qu’on s’amuse à regarder les immigrants affronter l’hiver (particulièrement les plaques de glace).
48)   Parce qu’écouter la télé toute la journée devient soudainement une activité tout à fait respectable.
49)   Parce que maintenant, le paysage s’agence avec notre drapeau québécois.
50)   Parce qu’il n’y a personne sur Terre qui apprécie autant le printemps que nous, peuples du Nord.

lundi 7 novembre 2011

La semaine des classiques.

Cette semaine, j'ai décidé de remédier à plusieurs lacunes dans ma culture générale.

Bon, sachez que ce plan de vie est en marche depuis... eh bien, depuis à peu près toujours. Dès l'âge de 9 ans, j'ai décidé de lire le roman Tom Sawyer parce qu'on avait parlé de Mark Twain en classe et qu'on avait dit que c'était un classique littéraire américain. Je mentionne d'ailleurs que depuis que je l'ai lu, j'ai une fascination presque passionnée pour le sud des États-Unis et j'ai toujours préféré aller explorer les parcs nationaux et les ranchs lors de mes voyages en Floride que d'aller à la plage (au grand désespoir de ma soeur Laurence, qui est amoureuse folle du soleil).

Bref. J'ai terminé hier soir la série Roswell, que je n'avais jamais pu regarder plus jeune (en 2000, lorsqu'elle passait à la télévision québécoise) parce que je n'avais pas le câble (j'ai toujours dit que l'absence de câble a forgé ma personnalité... peut-être en partie parce que ça m'a obligée à écouter Virginie et Watatatow à 8 ans et Macaroni tout garni et Cornemuse jusqu'à 13 ans). J'ai fait la même chose avec Dawson's Creek il y a deux ans. Certes, c'est loin d'être un classique, mais Roswell demeure tout de même une référence culturelle assez importante pour notre génération. Il était donc de mon DEVOIR de l'écouter.

Plus sérieusement maintenant, je me suis ENFIN décidé à regarder Star Wars. Parce que non, je ne l'avais jamais vu.... seulement quelques parties par-ci par-là qui remontent à plus de dix ans. C'est ce texte que j'ai dû lire pour mon cours de traduction audiovisuelle (un texte sur les formes de traduction dans Star Wars). Je n'ai écouté que l'épisode IV et V, mais il me reste encore cinq jours pour écouter l'épisode VI avant de devoir aller reporter la première trilogie au club vidéo (vous auriez dû voir le visage admiratif du commis quand j'ai loué, moi une fille seule, la trilogie complète. Ils se laissent facilement impressionner, ces commis de vidéo). En fait, je voulais aimer Star Wars. Je sentais que c'était une honte à mon statut de geek que de ne pas pouvoir comprendre la moitié des références sur Star Wars. Je pense que How I Met Your Mother est aussi grandement responsable de mon envie de le regarder. Mais je vous rassure (ou vous décourage?) : Star Wars est à la hauteur de sa réputation. J'ai surtout été très impressionnée par la qualité des effets spéciaux en 1977. Et je peux enfin mettre un visage sur Jaba the Hutt et Chewbacca! Je sais, je sais, c'est une honte que de ne pas savoir cela. Mais comme je vous l'ai dit, je prends ma culture en mains.

Finalement, j'ai aussi décidé la semaine passée de lire Le Survenant de Germaine Guèvremont, probablement un des plus grands classiques de la littérature québécoise. Le fait est : je connaissais à peu près tout de ce livre sauf son histoire. On nous a tellement répété souvent que c'était le dernier roman du terroir écrit, en 1945, la même année que le premier roman de la ville, écrit par Gabrielle Roy : Bonheur d'occasion, évidemment. Alors ouais, je connaissais l'auteure, le contexte, l'année de publication et la portée, mais je n'avais aucune de l'histoire. Je l'avais même dans ma bibliothèque depuis un an ou deux. Probablement que je l'avais trouvé dans une vente de garage, quelque part... Et bien que le livre était si vieux que certaines pages tombaient et bien qu'il appartenait à un certain Richard Flynn qui s'amusait à écrire partout dans les marges (damn you, Richard!), j'en ai bien apprécié la lecture. Très facile à lire, au fait, je le recommande. Ça m'a donné presque envie de me partir une famille de quatorze enfants et d'être capable de faire des ragoûts et de la broderie.

Voilà donc. C'est ce qui arrive quand la mi-session finit. On se jette dans la culture comme pas possible.

samedi 5 novembre 2011

Mel Gibson, sors de ce corps!

On pourrait croire qu’après toutes ces années je serais devenue une personne décente et respectable. Après tout, pour plusieurs, je ne suis qu’une bolée qui excelle à l’école et qui passe son temps à lire. Ce n’est pas tout à fait faux. Mais c’est loin de représenter la réalité. Aussi, l’Halloween gâche toujours mes bonnes intentions.

Certaines, en voyant une jupe écolière, penseraient tout de suite à se déguiser en « slutty collégienne », comme probablement 50 % des filles cools à l’Halloween. Eh bien, cette mode des « slutty tout ce qui existe » me laisse complètement de marbre. C’est une solution bien trop facile (la vie est trop courte pour être facile) et même si c’est Halloween, un costume fondamentalement sexy donnera toujours l’impression d’être dans un mauvais porno (est-ce un pléonasme?). Désolée de l’apprendre à celles qui profitaient de l’occasion pour mettre en valeur leur féminité. Si vous voulez vraiment être sexy, déguisez-vous en un personnage sexy au moins, pas en une représentation pleine de préjugés. L’Halloween est l’occasion idéale de pouvoir changer de personnalité pour une soirée, de jouer un rôle qui nous sort de notre quotidien, d’user de créativité et de bricoler un peu (je vous jure, il n’y a rien de plus satisfaisant que de réussir à transformer un objet ou un vêtement parfaitement banal en un costume qui inspirera l’admiration de tous). Fin de l’éditorial.

J’adore créer mes propres costumes. Ne vous faites pas d’idée : mes talents en couture sont tout juste assez développés pour faire quelques modifications et réparations. Non, en fait, ma technique officielle est de dévaliser des friperies (en l’occurrence, le Village des valeurs, véritable paradis du vêtement de toutes sortes) et trouver des pièces de vêtement auxquelles je pourrai donner une deuxième vie, souvent très éloignée de sa fonction originale.

Aussi, quand j’ai acheté la jupe en plaid (ou jupe portefeuille ou jupe écolière) qui m’arrivait à la mi-mollet, ce n’était pas dans l’intention de l’utiliser pour sa fonction initiale. Mais bien de la transformer en kilt pour me déguiser en sanguinaire guerrier écossais du Moyen-Âge. Vous l’aurez peut-être deviné, j’étais déguisée en William Wallace, aussi connu sous le surnom de Braveheart. Bien sûr, je me suis déguisée selon la version du film, parce qu’autrement personne ne m’aurait reconnu (dans la réalité, Wallace portait des pantalons et non le kilt, parce qu’il venait des Lowlands et non des Highlands). Et j’avoue être très fière du résultat, beaucoup plus réaliste que je ne l’avais d’abord prévu. J’avais donc coupé ma jupe juste au-dessus du genou (les kilts de guerre sont juste au-dessus du genou alors que les kilts traditionnels sont juste en dessous). Je m’étais aussi acheté deux mètres de tissu en plaid brun (très semblable à celui du film, en fait) au Fabricville, que j’avais jeté par-dessus mon épaule et que j’avais fixé avec une ceinture en cuir un peu au-dessus de la taille. Je m’étais aussi fabriqué un sporran (la pochette en cuir ou en fourrure que les écossais portent au devant de leur kilt pour palier à l’absence de poches… ils y mettent souvent des balles de fusil [pas dans le cas de William Wallace, évidemment, qui a vécu de 1272 à 1305], une flasque de whisky, des lacets de cuir pour les cheveux, etc.) avec, tenez-vous bien, une tuque en véritable fourrure que j’ai trouvée dans le fond d’une allée au Village des valeurs. J’ai cousu les rebords ensemble, puis je l’ai fixée à une corde tressée en cuir que j’avais aussi achetée chez Fabricville. À cette même corde pendait ma hache de guerre (oui). J’avais aussi
trouvé une paire de chaussure en suède brun avec des boucles en argent (pas très 14e siècle, mais très écossais) et une paire de bas en laine qui m’arrivaient sous le genou. Finalement, je m’étais peint le visage en bleu et blanc et j’avais attaqué ma chevelure avec beaucoup de fixatif et de crêpage pour ressembler à un Mel Gibson échevelé. Je n’ai pas oublié les tresses de guerre, non non, celles que les écossais font traditionnellement pour éviter d’avoir les cheveux dans le visage en se battant, ni la blessure de guerre sur le biceps droit (très chétif par rapport à Mel). Bref, tout un attirail.

Mon costume a certes fait effet, mais peut-être moins que ma personnification un peu trop crédible. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, j’ai tendance à trop bien maîtriser les accents étrangers, particulièrement celui d’Écosse. Et bref, tout a fini avec des duels avec trop d’hommes dans la place (un Amérindien, un Darth Maul, un Wolverine). On touchait le lamentable, mais j’avoue que c’est plaisant de faire semblant d’avoir de la testostérone pendant une soirée de temps.

Et donc est venu le temps du fameux concours de costumes de traduction. Il faut que nous passions chacun notre tour devant le public non déguisé pour présenter notre déguisement à l’aide d’un petit sketch. Évidemment, un discours de ralliement et un cri de guerre étaient de mise dans mon cas. J’ai donc pris ma voix la plus grave et la plus tonnante (peu réussi, mais je parlais vraiment très fort, je me faisais peur moi-même).

Donc imaginez l’accent écossais et moi qui brandis ma hache :
« People of Scotland! People of the Lowlands and the Highlands, people from Stirling, Aberdeen, Dundee, Edinburgh and Glasgow, we will gather against the evil Englishmen and Edward Longshanks to win back our contry and to be able to shout again “FREEEEEEEEDOOOOOOOM”, AAAAARH” »

Ce n’était pas le discours du film en fait… je l’ai inventé sur le coup, sauf bien sûr le cri de « Freedom », qui a marqué l’imaginaire de plusieurs générations depuis le film avec Mel Gibson.

Et voilà. J’ai gagné le concours à une voix de différence contre Darth Maul (son maquillage était extrêmement réussi). Pouvez-vous le croire? Mon premier concours de costume gagné! Par contre, j’ai dû refaire un discours qui ressemblait à quelque chose du genre :

« Bottomline of this story: never try to fight against a Scotman ».

De la poésie, quoi.

Je tiens à faire une mention spéciale à mes chers amis de l’association qui s’étaient déguisés en Village People (la police, le motard, l’Amérindien, le gars de la construction et le matelot). Ils avaient l’air de sortir tout droit d’un club de danseurs et c’est ce qui a fait le succès de leur costume.

Et voici donc comment j’ai fêté mon Halloween 2011.

samedi 29 octobre 2011

Vermont, my lover

Tout a commencé par un douanier particulièrement bête (bon, on s'en doutait un comme tout de même, ça reste un douanier américain) qui nous a demandé sèchement pourquoi nous n'étions pas l'école (après que nous lui ayons dit que nous allions à l'université ensemble). Alors tenez-vous-le pour dit : on ne peut PAS manquer l'université pour aller aux États-Unis. Heureusement que nous étions en relâche : nous avions une excuse en béton. Non mais.

Puis il y a eu l'usine de Ben and Jerry's avec son guide de soixante ans extrêmement sympathique et vraiment trop enthousiaste (on met ça sur le dos de leurs avantages sociaux qui incluent TROIS pintes de crème glacé gratuite PAR SOIR). Si vous êtes en manque de carrière, je vous le recommande vivement.

Puis la ville étudiante, Burlington, le Sherbrooke américain... en plus touristique et en plus... vermontois. Et ce n'était pas une blague : la ville croulait sous les étudiants de la University of Vermont et du Champlain College. Ainsi, le running gag de notre séjour a tourné autour des « Frats boys » (nous qualifions à peu près tout garçon qui n'avait pas l'air hipster, hippie ou métalleux de ce qualificatif), c'est-à-dire les célèbres membres des fraternités universitaires, qui ne sont pas du tout un mythe apparemment. Les fraternités étaient de véritables manoirs arborant fièrement des lettres grecques que nous avions de la difficulté à déchiffrer (mes cours de maths et de physique du collège remontent à loin, désolée). Quoique après une petite recherche Wikipédia (faut bien s'instruire un peu), je confirme que je n'avais encore jamais entendu parlé de X (chi), probablement parce qu'elle n'est jamais utilisée en science à cause du X qui représente une variable.

Puis il y a eu notre soirée. À notre insu, malgré nous, sans que nous le voulions vraiment (ok, mensonges), on s'est ramassé à faire un « pub crawl », c'est-à-dire une tournée des pubs. Parce qu'ils sont très populaires dans la ville! Ainsi, nous nous sommes joyeusement fait carter CINQ fois dans une même soirée. Le seul bar qui ne nous a pas cartées était le « Das Bierhaus », un pub allemand qui servait des tonnes de bières allemandes, mais aussi vermontoises. C'était probablement parce que nous étions toutes les trois SEULES dans le bar avec le barman et que nous avons commandé une Bard's, une bière sans gluten. On a été obligées d'expliquer notre projet au barman qui se demandait manifestement pourquoi nous gloussions en buvant. EH BIEN, JE VOUS L'ANNONCE : cette bière au sorgho (oui) était décente! Plus sucrée qu'à l'habitude, assez légère, elle n'était pas déplaisante du tout. Bon, je suis loin d'être une experte, certes.

Finalement, cinq pubs plus tard, nous sommes rentrées à l'hôtel où nous avons décidé de faire un pathétique drinking game que nous avons réinventé en devant parler un tour sur deux en espagnol et l'autre tour en anglais. Parce qu'il n'y a jamais de mauvais moment pour s'éduquer, paroles de traductrices. Et cette vodka au citron (oui) goûtait le Halls (observation d'Ève). Vous vous direz que cette fin de soirée est lamentable et triste. Certes. Mais que serait un roadtrip sans une bouteille de vodka dans une chambre d'hôtel pas chère? Huh. Le tout a fini devant une téléréalité quelconque américaine (j'oublie si c'était « Why Am I Still Single? » ou « The Autist Twins »), fort pertinente, par ailleurs. Oh et Ève et Kathy ont eu leur initiation de machine à glace. Quelle vie vraiment si on n'a jamais rempli un seau de glace à l'hôtel!

Le lendemain s'est pas résumé en une tournée des cafés. Non, nous n'étions pas en lendemain de veille, franchement. Nous sommes de jeunes femmes tout à fait décentes qui savent quand il est bon pour nous d'arrêter de boire, bon. Non, en fait, c'est qu'il faisait HORRIBLEMENT froid (bref, la température d'octobre habituelle) et nos pauvres personnes se mouraient. Aussi, nous avons pu tester les cafés au lait et les chocolats chauds faits avec du lait du Vermont (pas de l'écrémé, je vous le dis!) et les cidres chauds (une petite merveille qui entrera maintenant dans ma routine... P.S. pour les Européens qui lisent ceci, je parle ici du cidre à « l'américaine », c'est-à-dire une boisson aux pommes non alcoolisée). L'un des cafés était en fait un petit kiosque au coin d'une rue (très semblable à celui où Rory de Gilmore Girls achète ses cafés à Yale) tenu par un charmant jeune homme blondinet qui avait une chemise à carreaux (apparemment, tout étudiant qui se respecte dans le Vermont doit porter une chemise carreautée) et des « turn-up » (bas de ses jeans roulés). Un vrai de vrai, les enfants. Et LE sourire de service à la clientèle le plus sincère jamais vu. Après quelques minutes d'observation sur un banc à proximité, nous avons constaté que toutes les filles repartaient du kiosque en gloussant. Admirable.

Après un court (HAHAHA, non) arrêt dans une librairie de livres usagés (on avait quand même rassemblé ici trois des plus grandes livrovores de cette planète), nous sommes reparties vers les terres arides canadiennes, où nous avons appris à la douane que nous ne pouvions pas rapporter un demi quarante onces de vodka après moins de 48 heures sans payer une taxe faramineuse. Heureusement, nos yeux de biche et notre tentative de jeter ladite bouteille par la fenêtre (il y a ici exagération, pour ceux qui ne l'auraient pas noté) ont sauvé la situation. Ou peut-être que le douanier n'a pas cru que nous pourrions revendre une demi bouteille. Sage analyse.

Oh et oui, nous avons mangé comme des truies. Des hamburgers, des chaudrées de palourde, des sandwichs plus gros que notre tête, de la Ben and Jerry's, du Taco Bell... rien comme les voyages gastronomiques, hihi.

Fin.



Bon, désolée, Ève n'est pas sur la photo, alors j'en mets une autre :

mardi 25 octobre 2011

Toyota Blues

Demain, jeunes gens, je pars en « voyage » (dans le sens propre du terme). En fait, la distance parcourue est si courte qu'on peut à peine le qualifier de road trip (j'ai roulé plus longtemps dimanche dernier pour aller bruncher... certes, c'était peut-être exagéré pour un brunch, MAIS TOUT DE MÊME). Bon, puisque le suspense est insoutenable, je vous le donne dans le mille : nous partons à Burlington (celui au Vermont, pas celui en Ontario, ni les 25 autres aux États-Unis [cette manie qu'ont les Américains d'avoir le même putain nom de ville 43 fois dans le pays... ça fait chier avec les GPS]) pour deux jours. Oui. Au programme : manger dans un Taco Bell américain, manger du beef jerky, goûter à la bière Bard's (la petite histoire : nous devions traduire le slogan de cette bière sans gluten [EXCITANT, JE SAIS] pour notre cours de traduction publicitaire, mais la Bard's n'existe pas au Québec. Alors après avoir recherché sur l'entreprise pendant tout ce temps, on s'est dit qu'il fallait bien goûter à cette Bard's), aller rire des fraternités universitaires, chiller dans un bar étudiant et le comparer avec La Maisonnée, visiter l'usine de Ben and Jerry's et, bien sûr, se pâmer sur la beauté du lac Champlain. Nous, on sait voyager comme des rois. Je vous en redonne des nouvelles (parce que oui, vous en attendez).

Sur ce, je pars à la recherche de mon passeport et je vais m'enfiler un ou deux épisodes de Roswell (eeeeeh non, je n'ai pas abandonné... je suis une personne très fidèle, malheureusement).

samedi 15 octobre 2011

Le classique billet de blogue de mi-session (attention : contenu impertinent)

C'est ce billet qu'on écrit tout simplement parce que soudainement, toutes les excuses sont bonnes pour éviter d'étudier les théories de Nord, de Berman, de Toury et de toute cette joyeuse bande de linguistes et traductologues (fun fact : « traductologue » n'existe pas dans le dictionnaire Word. Ça en dit beaucoup).

Oui. Est enfin venu ce moment chéri de l'année où quand on pense au travail qu'il faut faire, on se met à soudainement trembler stupidement. Le fait que j'aie un document de 10 000 mots à traduire d'ici vendredi (gotta love my job), ainsi que trois examens, une charmante présentation orale (OUI EN TRADUCTION, SACREBLEU, parce que supposément qu'on est des introvertis et qu'il faut apprendre à se dégêner. Mes deux cours d'art dramatique pris contre mon gré au secondaire ont réglé la chose. Le problème, c'est que TROIS professeurs ont une cette idée géniale en même temps) et une remise de TP (pour les non-initiés au langage universitaire : travaux pratiques) n'aide pas. M'enfin. La bonne nouvelle, c'est que je serai riche ET que c'est la semaine de relâche la semaine prochaine.

Pour célébrer le tout, je pars DEUX jours en expédition, jeunes gens. Et pas n'importe où, no-no-non. À Burlington, mesdames et messieurs. Vous avez bien lu. Un roadtrip (ou comme j'ai appris que les Français disaient : je pars en vadrouille. Et après ça ils rient du mot « croquette ») de deux heures vers les États-Unis, RIEN DE MOINS. La raison initiale était la présence de Taco Bell aux États-Unis, puis j'ai appris qu'il y en maintenant dans l'ouest de l'île, which is a big big fail. N'empêche. Je pars avec Ève et Kathy. Au programme : manger du Beef Jerky de dépanneur, manger dans un Taco Bell, boire légalement dans un motel miteux, visiter l'usine de Ben and Jerry's et goûter à une bière Bard's (bière sans gluten dont il fallait traduire le slogan pour notre cours de traduction publicitaire et qui existe partout sauf au Québec). Je ne sais pas pour vous, mais je trouve notre programme particulièrement fascinant. The American Dream. Suffira cette fois de ne pas 1) se faire voler mon ordinateur portable et 2) de ne pas foncer dans un chevreuil en voiture (dernier roadtrip aux États-Unis qui a l'avantage d'être mémorable).

Hier soir je suis allée au Latulipe. Première fois de ma vie. Thématique 90-2000. Devinez qui était hystérique (et ça n'avait aucun rapport avec la bouteille de vin prise juste avant)? Bibi. Plus de la moitié des chansons qui passaient étaient sur mon Ipod. Moi je suis comme ça. Vintage et cool. Je tiens par ailleurs à m'excuser pour avoir traumatisé la moitié des gens en traduction pour avoir sautillé beaucoup trop intensément toute la soirée. J'ai d'ailleurs eu la chance de goûter pour la première fois à la liberté montréalaise : Sara m'avait prêté sa clé d'appartement parce qu'elle allait coucher chez son chum. Wooooouhou. J'ai pu faire ma première marche seule à trois heures du matin dans les rues de Montréal (testé à Édimbourg, mais jamais dans ma joyeuse métropole québécoise). Et ainsi débarquer un arrêt trop tôt, faire semblant que c'était voulu quand mes amis criaient que je m'étais trompée d'arrêt et que le chauffeur m'a demandé si je voulais rembarquer dans l'autobus, sauter par inadvertance dans une flaque d'eau et marcher dans la louche rue des Carrières les pieds squish-squishant. Et finir en beauté en montant les escaliers métalliques du balcon arrière jusqu'au troisième étage (pensons à ma phobie absurde des escaliers), après m'être évidemment trompé de cour arrière.

Bon. J'arrête. Je pourrai déblatérer des absurdités des heures durant.

La vie va bien. Et cette nouvelle chanson française de Mika est vraiment accrocheuse. Merde.

lundi 26 septembre 2011

Mais où est-ce que je me situe, là-dedans?

Alors ouais.

Ces temps-ci, mon père et mon beau-frère, à mon grand dam, écoutent sans arrêt des films d'action à trop grand budget sur les effets spéciaux et pas assez de budget sur le scénario. Je sais, je sais, j'ai vécu toute ma vie dans une bulle sans hommes et que des filles dans la maison, alors le choc est grand. Surtout qu'ils écoutent juste les versions doublées en français. J'veux pas paraître critique et snob, mais disons que le budget de ces films ne passe pas vraiment dans la traduction...

Si ce n'était que ça.

Mais là en plus, de l'autre côté, il y a ma mère et mes soeurs qui suivent fidèlement (du genre, en plein milieu du souper, elles coupent toute discussion pour ouvrir la télévision) Occupation double. Elles disent qu'elles l'écoutent pour rire des participants. Mais faut quand même toujours arriver chez nous à temps le dimanche soir pour ne pas manquer OD. Je ne fais jamais tant de cérémonies pour me payer la tête des gens. Tant qu'à écouter des trucs insipides, vaut mieux écouter des téléséries... au moins ils ont souvent des bonnes trames sonores. Au début, Occupation double présentait un certain intérêt... probablement parce que j'avais treize ans et qu'à la même époque j'écoutais Macaroni Tout Garni à défaut d'avoir le câble.

Et ce n'est pas tout.

La saison du hockey vient de commencer. Donc la moitié de mes amis ne répondent plus à l'appel au nom d'un bout de caoutchouc noir. J'ai essayé... j'ai fait des efforts pour me joindre à la fièvre hockeyeuse du Québec. Question de pas lever les yeux au ciel chaque fois que j'entends des noms russes. Mais y'a rien à faire. Je suis allée voir des parties dans des bars avec des ailes de poulet, je l'ai écouté à la maison avec des amis, je suis allé voir du hockey à l'aréna (certes pas les Canadiens, mais bon)... Nan. Rien à faire. Je me mets toujours à fixer le vide après les cinq premières minutes.

Mais alors, où est-ce que je me situe, moi? Mes discussions « culturelles » se trouvent fort limitées ces temps-ci. Je continue donc à lire des articles Wikipédia sur des articles au hasard dans l'espoir irrationnel que quelqu'un aura une envie soudaine de parler Mary Stuart, de Babel, de la Sagrada Familia, de la monarchie belge ou du panneau d'annonce de ralentisseur de type dos-d'âne en France (ceci est un véritable article Wikipédia... et très long, en plus).

Mais ne vous méprenez pas. Je ne suis pas hipster. Je ne suis pas assez cool, ni n'ai assez d'attitude. Vraiment, faut pas se méprendre.

jeudi 22 septembre 2011

Pénible retour aux "bonnes habitudes"

Bon, alors dans l'année, il y a deux moments officiels pour les bonnes résolutions : le 1er janvier et le 1er septembre, c'est-à-dire, la rentrée scolaire. Bien sûr, on se dit que cette année, nous allons écouter dans nos cours, prendre des notes de cours claires et complètes, faire tous nos devoirs, lire tous nos recueils de textes et surtout, ne pas toujours être à la dernière minute. La bonne blague. Mais aussi avec toute cette petite brochette d'intentions impossibles (sincèrement, la procrastination gère l'entièreté de ma vie), il y a aussi cette sempiternelle volonté à se remettre en forme (je renouvelle cette résolution à chaque saison).

Alors bon. Pleine de bonne volonté, je me décide à aller au CEPSUM aujourd'hui pour aller nager (une action que je regrette à peu près à chaque coup, en me rendant compte que mon maillot de natation est sincèrement très affreux). Finalement, le lamentable arriva après 25 minutes de nage (à la vitesse d'une mamie d'une centaine d'années) : le tout a fini avec des crampes dans chaque pied et une dans le mollet gauche.

En espérant que ma séance de la semaine prochaine aille mieux. Cette fois j'obligerait VÉRITABLEMENT Kathy à venir et nous pourrons nous prélasser beaucoup trop longtemps dans les bains turcs (wout wout) des vestiaires. Faut bien qu'il y ait un point positif à tout ça, pardi!

lundi 19 septembre 2011

La communication passe mal.

Mon père, hier soir, à la veille de sa fête :

Père : Laurence, est-ce que tu as de l'école demain?
Laurence : Non. Pourquoi?
Père : Est-ce que tu pourrais aller me chercher tard?
Laurence : Euh.... ok... à quelle heure?
Père : Ben quand tu as le temps, là.
Laurence : Hein!?
Père : Ben voyons, tard! Au club vidéo!
Laurence : AH! Thor!!!

L'importance du H anglais est ici démontrée.

dimanche 18 septembre 2011

Le club solitaire

Depuis le mois de mai (environ), je fais partie d'un club de lecture. Eh oui. Fondé officiellement par ma chère amie Ève qui a recruté toutes ses amies (et les amis des amies, etc.) amatrices de littérature. Le but de la chose : botter nos derrières de paresseuses littéraires à lire des oeuvres pertinentes et non plus seulement des absurdités comme Twilight (je plaide coupable). Après quelques semaines, on se rencontre, on discute, on débat et, plus important encore, on mange.

Déjà là, je vous entends : « Ooooh boy, des lectures obligatoires par pur plaisir... non mais! ».

Je sais, je sais. Mais tout cela est très stimulant. Grâce à ce club, j'ai jusqu'à présent lu La servante écarlate de Margaret Atwood (question de se familiariser un peu avec les classiques canadiens anglais), Ru de Kim Thuy et Tours et détours de la vilaine fille de Mario Vargas Llosa, détenteur d'un Nobel de la littérature.

Mais tout cela dérape un peu plus.

Habituellement, nous étions une dizaine à chaque rencontre. Nous étions allées ce soir à L'escalier, un petit café-bar sur Saint-Denis qui a des allures très européennes et grano. On aurait dit un ancien appartement, séparé en plusieurs pièces où on trouvait coussins sur le sol, tables basses, chaises dépareillées, tables de toutes les formes, divans, fauteuils... Un véritable charme comme endroit. On y servait de la nourriture principalement végétarienne et quelques groupes de musique s'enchaînaient durant la soirée.

Alors voilà. J'arrive. Puis Sara arrive. Puis Ève arrive. Plus personne d'autre.

Un franc succès. Non seulement nous n'étions que trois pour discuter du roman, mais j'étais avec les deux seules du groupe avec qui j'avais déjà parlé du roman. Et en plus, on avait à peu près le même opinion sur notre cher détenteur du Nobel, c'est-à-dire qu'on s'attendait à un peu plus de sa part. Des personnages plutôt énervants, mais une merveilleuse trame de fond qui va des années 50 des quartiers riches du Pérou aux années 90 de Madrid, en passant par les années 60 de Paris, les années 70 de Londres et les années 80 de Tokyo. On en retient que l'auteur nous a fait beaucoup voyagé et apprendre sur l'histoire du Pérou.

Mais vraiment. Trois pour une rencontre... C'était d'un pathétisme.

Tout a fini avec des discussions absolument hors du contexte littéraire. Au moins cette fois nous n'avons pas dérivé sur les films de Hugh Grant.... Le principal risque d'une rencontre composée uniquement de filles. Croyons-le ou non, on peut alimenter des débats féroces sur Hugh Grant. Avec des arguments tous plus valables les uns que les autres.

mercredi 14 septembre 2011

Un urgent besoin d'écrire

Quand je lis des textes pour mes cours à l'Université, j'ai à peu près toujours un soudain et brûlant désir d'écrire. Écrire n'importe quoi. C'est une envie incontrôlable et extrêmement puissante. Peut-être est-ce le fait de tenir un surligneur. Habituellement, le simple fait de tenir un crayon -- au contraire de ce qu'aurait dit Freud -- me donne de violentes envies d'écriture.

Mais particulièrement quand je lis des textes obligatoires. Soudain, on dirait que je suis inspirée de tout et de rien. Il me prend une subite volonté de décrire une gorgée de thé, la forme d'une jarre à biscuits ou la pourriture d'une vieille grange sur le point de s'effondrer dans un champ. Ou cette petite boîte en métal qui contenait autrefois des caramels des Highlands, mais qui maintenant me sert de boîte à thé. Cette boîte me fascine. Pour une raison qui me dépasse, un côté est en anglais et l'autre... en français (« Délices d'Écosse »). Alors qu'elle vient... ouais, d'Écosse. Comme quoi la loi 101 est plus appliquée au ROYAUME-UNI qu'au Canada (oh the irony).

Je décrirais tout, pour le simple bonheur de décrire. Pour substituer la photographie, le dessin, la peinture, la sculpture. Décrire tout, touuuuut. Je me mets à avoir un souci du détail pas croyable.

De la même façon, il me faut être extrêmement heureuse pour écrire des scènes dramatiques. Allez savoir pourquoi. Quand je suis déprimée, je ne peux pas aligner deux mots cohérents.

Les voies de l'inspiration sont impénétrables.

Mais voilà. C'est pas trop pratique pour mes lectures, tout ça. Parce que chaque fois que me vient cette envie d'écrire, je mets tout de côté sans aucun remord (chose que j'ai particulièrement fait durant mes deux années de cégep, ce qui expliquait peut-être mes notes à peine passables en physique, en chimie et en maths, aka les matières maudites). C'est peut-être mieux ainsi. Chaque fois je me rappelle que la traduction n'est qu'un moyen de gagner ma vie. Ma véritable passion, c'est de créer et d'inventer.

Désolée, Saussure. Certes tes questionnements sur la langue (est-ce l'objet qui vient avant le point de vue ou est-ce le contraire?) sont intéressants... mais lire des expressions telles que « empreinte psychique de ce son » fait s'envoler mon esprit. Il virevolte jusqu'à atteindre son confortable nid littéraire.

Des fois, je rédige des lettres. D'autres fois, j'écris un roman (littéralement). Aujourd'hui, c'était le retour du blogue.

Et Saussure me fait écrire des incohérences.

Je m'en excuse.

Sur cette dérivation plus qu'évidente de mes pensées, je vous souhaite une bonne rentrée scolaire (autant pour ceux qui subissent les devoirs que pour ceux qui râlent dans le trafic de septembre)!

 

vendredi 12 août 2011

Un dernier petit hommage


Je passais ma fin de semaine au chalet. Il y a maintenant trois semaines, s’est éteint M. Martin. Il était un de ces personnages de ma vie que je croyais insubmersibles : là depuis toujours, là pour toujours. M. Martin était le voisin de mes grands-parents, autant à Laval qu’ici, à Vendée. Mon grand-père et lui avaient construit ensemble leur chalet. Toutes les fins de semaine, il y a près de 45 ans, ils montaient dans le fin fond des Laurentides et venaient s’aider mutuellement à défricher leur terrain puis à terminer leur deuxième modeste demeure. Aussi, depuis ma naissance, depuis que je viens ici, je vois M. Martin nous accueillir de son sourire rieur et de ses petites blagues de grand-père. Je l’ai toujours connu avec les cheveux complètement blancs, alors à mes yeux, il ne vieillissait pas.
Aujourd’hui, il est 8 h 30 et le lac est encore parfaitement tranquille. Aucun bateau, pédalo ou canot n’est venu troubler son silence. Je suis assise sur le quai et quand je regarde en direction du chalet des Martin, j’ai l’impression que le lac rend un dernier hommage à cet honorable propriétaire. Sa femme est revenue aujourd’hui ici pour la première fois de l’année en fin de semaine, avec son fils.
Je m’ennuierai de ces dimanches soir où nous nous arrêtions en voiture, au passage, devant leur chalet pour piquer une petite jasette de dernière minute. Où M. Martin disait immanquablement : « Mon Dieu qu’elles ont grandi ces belles filles-là » en nous envoyant un sourire.
Reposez en paix, M. Martin. Votre âme demeurera toujours en partie au lac Rognon et vous illuminerez encore nos récits des années durant.