Donc ma toilette éprouve quelques problèmes depuis quelque temps. Parfois, elle s'amuse à couler sans arrêt. On n'a qu'à donner une pichenotte à une des parties du réservoir et tout se replace.
Mais voilà, ce matin, pour une raison mystifiante, elle a décidé qu'elle pétait une coche. Je tire la chasse comme à l'habitude, je quitte la salle de bain en me disant que je vais y revenir si la toilette ne s'arrête pas seule... et puis j'entends : « FLOUSH ». Je cours jusqu'à la salle de bain et je constate l'infamie : la toilette déborde, mais, épiquement.
Ainsi ai-je eu droit à une pataugeoire improvisée pour bien commencer ma semaine.
Surtout qu'elle n'était même pas bouchée, mais avait probablement juste une envie soudaine de chercher encore plus d'attention.
Je dois ainsi annoncer la dramatique mort d'une pile de magasines l'Actualité qui traînait dans la salle de bain. Je ne vous oublierai pas. Reposez en paix.
Une description parfois un peu exagérée, mais toujours tout à fait véridique, des événements plus que passionnants de mon existence. Tenez-vous bien. Vous pourriez pleurer de pitié envers ma personne.
lundi 10 décembre 2012
jeudi 6 décembre 2012
Je suis une grosse patate lâche (prise 4)
Dooooonc, je fais du
zumba depuis septembre (deuxième tentative). C'est un peu comme les
accouchements. Entre chaque fois, j'oublie à quel point c'est
pénible.
Tout le monde parle du zumba comme si c'était une
révolution. Je vous le dis dans le mille : ce n'est pas le cas. C'est aussi
chiant que n'importe quel autre exercice. Et en plus faut que tu forces à faire
semblant que t'as un sens du rythme.
Voilà. Je devais le dire au grand jour : je n'aime pas
le zumba. J'aime danser. Mais je déteste le zumba.
ET
EN PLUS, on fait du putain de zumba toning, donc on se ramasse à danser la
lambada avec des poids dans les mains (PAS PLAISANT).
J'ai beau me convaincre année après année que je
trouverai une activité qui me plaira, je suis constamment déçue. J'attends la
grande illumination qui frappe tant de monde et qui les pousse à être à leur
affaire et à aimer l'exercice.
Je
dois me l'avouer une fois pour toutes : je suis une grosse patate lâche.
Toujours et encore.
jeudi 29 novembre 2012
Un dernier hommage à Charly
Je ne suis pas une personne qui aime vraiment les chiens. Mais Marc-André, par son amour sans borne pour sa petite Charly, m'a appris le premier à m'attacher à une bête poilue. Charly est probablement le chien qui a le plus marqué ma vie jusqu'à aujourd'hui. Les Léonard-Frigon l'ont adoptée il y a treize ans, l'année où je suis devenue amie avec Marc-André (vous me direz : « Es-tu devenue amie avec lui uniquement parce qu'il avait un bébé chien? ». Peut-être). Ensuite, je l'ai vue presque tous les jours pendant douze ans. Tantôt, c'était chez Marc-André, tantôt, c'est parce qu'elle avait décidé d'aller se balader gaiement dans la rue et de saluer les voitures et les passants. Tout le monde sur la rue connaissait Charly. Certes, c'était une petite rue. Mais tout de même.
Avec ses grands yeux noirs et sa petite langue perpétuellement pendante, elle pouvait faire craquer n'importe qui. Licheuse compulsive, grande joueuse et féroce mangeuse de poivrons, Charly nous accueillait toujours de jappements inquiets (elle aimait prétendre qu'elle pouvait protéger ses maîtres... la bonne blague), puis d'un battement de queue surexcité quand elle nous reconnaissait. Avec une constante hésitation à descendre les marches (la pauvre était un peu paresseuse), elle nous regardait avec son air d'enfant battue pour qu'on monte la cajoler. Souvent tête en l'air, mais surtout toujours adorable et attachante, Charly a tapissé le paysage de notre enfance et de notre adolescente, à nous tous, enfants de la rue Ashton.
Mais c'est surtout la belle amitié qui liait Charly et Sammy, jeune bichon maltais d'un autre voisin, qui faisait de ces deux chiens des êtres spéciaux. Ils étaient toujours ensemble, ces deux-là. L'un allait chez l'autre et l'autre allait chez l'un. On les voyait toujours courir ensemble. Ils étaient des meilleurs amis comme on a en rarement vu. Mais l'année passée, Sammy s'en est allé lui aussi. Depuis, on voyait Charly parfois errer devant sa porte, dans l'espoir innocent qu'il soit là pour l'accueillir. Mais il n'était plus là.
Hier soir, Charly s'est endormie lentement dans les bras de Marc-André jusqu'à ne plus jamais ouvrir les yeux. Après un an, cette chienne au perpétuel coeur jeune est allée rejoindre son meilleur ami au Paradis des chiens (lieu tout à fait attesté). Et avec sa mort, Charly conclut un chapitre important de notre vie et ferme définitivement la porte de notre enfance.
Charly, nous t'avons aimée et nous nous ennuierons de toi.

Avec ses grands yeux noirs et sa petite langue perpétuellement pendante, elle pouvait faire craquer n'importe qui. Licheuse compulsive, grande joueuse et féroce mangeuse de poivrons, Charly nous accueillait toujours de jappements inquiets (elle aimait prétendre qu'elle pouvait protéger ses maîtres... la bonne blague), puis d'un battement de queue surexcité quand elle nous reconnaissait. Avec une constante hésitation à descendre les marches (la pauvre était un peu paresseuse), elle nous regardait avec son air d'enfant battue pour qu'on monte la cajoler. Souvent tête en l'air, mais surtout toujours adorable et attachante, Charly a tapissé le paysage de notre enfance et de notre adolescente, à nous tous, enfants de la rue Ashton.
Mais c'est surtout la belle amitié qui liait Charly et Sammy, jeune bichon maltais d'un autre voisin, qui faisait de ces deux chiens des êtres spéciaux. Ils étaient toujours ensemble, ces deux-là. L'un allait chez l'autre et l'autre allait chez l'un. On les voyait toujours courir ensemble. Ils étaient des meilleurs amis comme on a en rarement vu. Mais l'année passée, Sammy s'en est allé lui aussi. Depuis, on voyait Charly parfois errer devant sa porte, dans l'espoir innocent qu'il soit là pour l'accueillir. Mais il n'était plus là.
Hier soir, Charly s'est endormie lentement dans les bras de Marc-André jusqu'à ne plus jamais ouvrir les yeux. Après un an, cette chienne au perpétuel coeur jeune est allée rejoindre son meilleur ami au Paradis des chiens (lieu tout à fait attesté). Et avec sa mort, Charly conclut un chapitre important de notre vie et ferme définitivement la porte de notre enfance.
Charly, nous t'avons aimée et nous nous ennuierons de toi.

lundi 22 octobre 2012
Polka et Internet (étrangement non reliés)
Plein d’aventures dans
ma vie. Plein d’aventures. Vous n’en reviendrez juste PAS.
Donc on est allés au
60e anniversaire de l’oncle de Jean-François en fin de semaine. Avec
ses cousins, nous étions sagement en train de camoufler habilement un dégât
d’eau sur la table à l’aide de beaucoup de salières et de poivrières, quand
l’oncle fêté demande à l’accordéoniste (oui) de jouer une polka. Ce dernier
s’exécute donc avec enthousiasme et POUF! tout le monde se lève (on exclue
évidemment ici toute la jeunesse de la pleine, dont nous faisions partie).
Comme si la polka est une danse super connue (ou l’est-ce?). Ça a provoqué,
outre notre stupéfaction profonde, beaucoup de rires (« C’est ça qui arrive
quand on laisse beaucoup de babyboomers ensemble »). Et puis, comme si ce
n’était pas déjà le comble de l’étrangeté, y’a la mère à Jean-François qui
vient nous voir et nous oblige à venir danser la polka. On s’est donc tous
ramassés à danser une polka et à se piler beaucoup sur les pieds (on est très
talentueux en danse sociale). Le tout a heureusement fini avec des set-carrés,
question de nous donner un avant-goût du Jour de l’An. Un art que je domine
avec beaucoup plus de brio (vu que ça consiste en général à sauter un peu
partout en criant des « yiiiiiihi » bien placés).
********
L’épopée « Anne-Marie
a un Internet à chier » est sur le point de prendre fin. En effet, depuis
maintenant un mois et demi (Dieu me vienne en aide), j’ai le PIRE Internet de
tous les temps. Du genre, l’Internet qu’on utilise à mon chalet avec la ligne
téléphonique est meilleur. C’est pas peu dire. Je peux juste, en fait, réussir
(quand l’Internet le veut bien) à aller consulter mon Facebook (et là encore,
pas question que les photos se désembrouillent). Donc je suis un peu bête sur
Facebook depuis quelques semaines. Parce qu’en général, je pète une coche et
ferme violemment (au figuré) mon ordinateur après dix minutes.
Donc je me suis tannée
et j’ai arrêté d’espérer follement que la vitesse redevienne normale. Et je
vais changer de fournisseur. Dieu soit béni.
Donc je devrais
redevenir moi-même d’ici une semaine ou deux (c’est-à-dire pouvoir recommencer
à écouter Netflix et les PUTAINS d’épisodes d’Infoman sur Tout.tv… et les
vidéos d’animaux cutes sur Youtube).
À bientôt, monde
virtuel!
mercredi 17 octobre 2012
Déjà la nostalgie...
Vient octobre et avec lui, la rentrée universitaire...
...sans moi.
La première rentrée que je manque en 17 ans. Dix-sept ans d'une vie à étudier, c'est quand même pas rien quand on y pense une seconde. Dix-sept ans qui m'en ont fait voir de toutes les couleurs, qui m'ont fait passer par toutes les gammes d'émotion, de l'extrême fierté au désespoir le plus total.
Et puis maintenant, c'est fini. Bien fini. Si je me fie à tout adulte qui se respecte, je devrais bientôt trouver que mes années d'étude, c'était la belle époque. Là où la vie était « simple » (vraiment, si ma vie est plus compliquée que mes deux années dans le DEC intégré, tant par la complexité des études que par les drames qu'on y a vécut, je ne sais pas ce que je vais devenir, mais bon, je ne voudrais pas contester la majorité des adultes).
Toute ma vie consciente, je me suis décrite comme « étudiante ».
Ça fait à peine six mois que ma vie universitaire s'est terminée (j'élimine le mois septembre, car à mes yeux, ce n'était plus vraiment une vie universitaire, mais du simple apprentissage sans aucune ambiance étudiante digne de ce nom). Pourtant, j'ai l'impression qu'une vie entière s'est déroulée depuis. Une grève étudiante historique, un mois en France, un premier emploi officiel, un premier appartement, un premier chum... Est-ce qu'il existe une crise de la vingtaine? Parce que si oui, je suis la candidate parfaite.
Et puis voilà, vendredi prochain, y'a le premier 4 @ minuit de la session. J'irai y faire un tour, parce que j'y ai encore plein d'amis. Mais maintenant, je devrai payer ma propre bière. Maintenant, la moitié des visages me seront inconnus. Maintenant, j'aurai l'air « vieille » aux yeux des premières années. Maintenant, je ne suis plus étudiante.
Et déjà, je suis un peu nostalgique.
Juste parce que je suis nostalgique de nature.
Parce que Dieu sait que la vie s'annonce amusante...
Juste pour contredire le titre de mon blogue.
...sans moi.
La première rentrée que je manque en 17 ans. Dix-sept ans d'une vie à étudier, c'est quand même pas rien quand on y pense une seconde. Dix-sept ans qui m'en ont fait voir de toutes les couleurs, qui m'ont fait passer par toutes les gammes d'émotion, de l'extrême fierté au désespoir le plus total.
Et puis maintenant, c'est fini. Bien fini. Si je me fie à tout adulte qui se respecte, je devrais bientôt trouver que mes années d'étude, c'était la belle époque. Là où la vie était « simple » (vraiment, si ma vie est plus compliquée que mes deux années dans le DEC intégré, tant par la complexité des études que par les drames qu'on y a vécut, je ne sais pas ce que je vais devenir, mais bon, je ne voudrais pas contester la majorité des adultes).
Toute ma vie consciente, je me suis décrite comme « étudiante ».
Ça fait à peine six mois que ma vie universitaire s'est terminée (j'élimine le mois septembre, car à mes yeux, ce n'était plus vraiment une vie universitaire, mais du simple apprentissage sans aucune ambiance étudiante digne de ce nom). Pourtant, j'ai l'impression qu'une vie entière s'est déroulée depuis. Une grève étudiante historique, un mois en France, un premier emploi officiel, un premier appartement, un premier chum... Est-ce qu'il existe une crise de la vingtaine? Parce que si oui, je suis la candidate parfaite.
Et puis voilà, vendredi prochain, y'a le premier 4 @ minuit de la session. J'irai y faire un tour, parce que j'y ai encore plein d'amis. Mais maintenant, je devrai payer ma propre bière. Maintenant, la moitié des visages me seront inconnus. Maintenant, j'aurai l'air « vieille » aux yeux des premières années. Maintenant, je ne suis plus étudiante.
Et déjà, je suis un peu nostalgique.
Juste parce que je suis nostalgique de nature.
Parce que Dieu sait que la vie s'annonce amusante...
Juste pour contredire le titre de mon blogue.
mardi 9 octobre 2012
L'impensable s'est produit.
Et non, je ne parle pas du fait que je suis en couple (quoique c'était à peu près aussi peu probable; fallait bien qu'un homme jouant du ukulélé vienne voler mon coeur).
Je parle du ménage, mesdames et messieurs.
.
.
.
.
.
.
Je fais maintenant du ménage dans mes temps libres.
Je. fais. du. ménage. dans. mes. temps. libres.
C'est pas possible, si je me ramasse (maaaauvais jeu de mots) toute seule chez moi un soir, je ne peux me contenir, je me mets à passer le balais furieusement (j'aime passer le balai).
C'est ma mère qui ne croira pas ça (et qui va probablement dire : « Ça te tentait pas de commencer ça quand tu étais chez nous? »).
Mais je l'avoue, je le fais peut-être un peu aussi par orgueil. Ça fait 20 ans que mes parents, ma famille et toute personne sur terre qui me connaît me dit que mon appartement sera une soue à cochon. Et ça fait 20 ans que je leur explique que j'allais devenir une personne respectable quand je n'aurais plus d'autre choix que de faire moi-même le ménage.
Certes, je ne suis pas encore obsédée par la propreté (je ne le serai jamais), mais quand des invités viennent chez nous, j'ose dire : « Désolée pour le bordel, hein ».
Je me traumatise moi-même.
Oh la.
Je parle du ménage, mesdames et messieurs.
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Je fais maintenant du ménage dans mes temps libres.
Je. fais. du. ménage. dans. mes. temps. libres.
C'est pas possible, si je me ramasse (maaaauvais jeu de mots) toute seule chez moi un soir, je ne peux me contenir, je me mets à passer le balais furieusement (j'aime passer le balai).
C'est ma mère qui ne croira pas ça (et qui va probablement dire : « Ça te tentait pas de commencer ça quand tu étais chez nous? »).
Mais je l'avoue, je le fais peut-être un peu aussi par orgueil. Ça fait 20 ans que mes parents, ma famille et toute personne sur terre qui me connaît me dit que mon appartement sera une soue à cochon. Et ça fait 20 ans que je leur explique que j'allais devenir une personne respectable quand je n'aurais plus d'autre choix que de faire moi-même le ménage.
Certes, je ne suis pas encore obsédée par la propreté (je ne le serai jamais), mais quand des invités viennent chez nous, j'ose dire : « Désolée pour le bordel, hein ».
Je me traumatise moi-même.
Oh la.
lundi 1 octobre 2012
Une grande finale
Dooooooooooooooonc,
c'est mon dernier billet écrit pour ne pas avoir à travailler sur un projet scolaire.
Alors voilà, je finis huit mois plus tard mon charmant cours d'Histoire des femmes au Canada (qui m'a au passage rendue un peu plus féministe, je l'avoue). J'ai remis mon examen-maison dimanche et il me reste juste mon travail de session à peaufiner. Vous devinerez que l'inspiration est UN PEU à la sauvette quand on doit corriger un travail dont le début de rédaction remonte à huit mois.
Tout ça pour dire que je me trouve pour UNE DERNIÈRE FOIS À VIE, MESDAMES ET MESSIEURS, une excuse pour ne pas travailler (que serait la remise d'un travail de session si ce n'était la quantité indécente de publications non pertinentes sur Facebook? On se le demande).
Alors voilà.
Les mille siècles qui se sont écoulés depuis ma dernière publication sont expliqués par mon déménagement dans la métropole québécoise (YAR YAR) et par l'absence chronique d'Internet dans mon appartement (notez que j'ai survécu, Dieu bénisse le travail à temps plein).
Et pendant trois semaines j'ai été une personne respectable qui faisait le ménage de son appartement, etc., etc.
Temps révolu.
LET'S PARTY.
Je suis de retour sur les Facebook, jeunes gens.
Et bon, d'accord, je retourne à mon travail (JE T'ENTENDS, Jean-François, arrête de critiquer mon manque d'assiduité à la tâche, merci bien).
c'est mon dernier billet écrit pour ne pas avoir à travailler sur un projet scolaire.
Alors voilà, je finis huit mois plus tard mon charmant cours d'Histoire des femmes au Canada (qui m'a au passage rendue un peu plus féministe, je l'avoue). J'ai remis mon examen-maison dimanche et il me reste juste mon travail de session à peaufiner. Vous devinerez que l'inspiration est UN PEU à la sauvette quand on doit corriger un travail dont le début de rédaction remonte à huit mois.
Tout ça pour dire que je me trouve pour UNE DERNIÈRE FOIS À VIE, MESDAMES ET MESSIEURS, une excuse pour ne pas travailler (que serait la remise d'un travail de session si ce n'était la quantité indécente de publications non pertinentes sur Facebook? On se le demande).
Alors voilà.
Les mille siècles qui se sont écoulés depuis ma dernière publication sont expliqués par mon déménagement dans la métropole québécoise (YAR YAR) et par l'absence chronique d'Internet dans mon appartement (notez que j'ai survécu, Dieu bénisse le travail à temps plein).
Et pendant trois semaines j'ai été une personne respectable qui faisait le ménage de son appartement, etc., etc.
Temps révolu.
LET'S PARTY.
Je suis de retour sur les Facebook, jeunes gens.
Et bon, d'accord, je retourne à mon travail (JE T'ENTENDS, Jean-François, arrête de critiquer mon manque d'assiduité à la tâche, merci bien).
mercredi 15 août 2012
J'ai succombé
Donc j’ai recommencé à regarder Smallville.
Depuis la première saison. J’veux dire, la première fois, je m’étais rendue à
la sixième saison. Et j’ai tout oublié de l’intrigue. J’AVAIS PAS LE CHOIX DE
RECOMMENCER. (J’avais fait la même chose avec Gilmore Girls l’année passée).
Dieu me pardonne.
Somebody saaaaaaave meeeee!
jeudi 9 août 2012
Les autobus de banlieue...
Raisons pourquoi ne pas prendre l'autobus 22 vers BDF "tard" le soir :
1) Y'a toujours une madame du Maxi qui finit son shift et qui ressent le besoin de parler au chauffeur de sa vie à grands coups de sacres (et assez fort pour enterrer un iPod).
2) On se ramasse avec les minuscules autobus à 20 places et on revole partout (les gens de Montréal ne peuvent pas comprendre).
3) Le chauffeur pense que c'est légitime de faire écouter du Natasha Saint-Pierre à tout l'autobus.
4) Y'a toujours une fille qui parle trop fort à son cellulaire.
Mais allez, dans un mois, c'est fini tout ça.
1) Y'a toujours une madame du Maxi qui finit son shift et qui ressent le besoin de parler au chauffeur de sa vie à grands coups de sacres (et assez fort pour enterrer un iPod).
2) On se ramasse avec les minuscules autobus à 20 places et on revole partout (les gens de Montréal ne peuvent pas comprendre).
3) Le chauffeur pense que c'est légitime de faire écouter du Natasha Saint-Pierre à tout l'autobus.
4) Y'a toujours une fille qui parle trop fort à son cellulaire.
Mais allez, dans un mois, c'est fini tout ça.
jeudi 19 juillet 2012
Les conventions geekiennes.
Autant j'aime les geeks, autant parfois j'ai envie d'en frapper. Particulièrement quand je lis les commentaires Youtube ou 9gag. Ou dans les discussions entre amis, parfois. On dirait qu'ils veulent absolument appartenir à un groupe bien défini de personnes et en refuser le droit d'accès à toute personne qui n'y est pas à 100 %.
Est-il possible sur cette Terre d'aimer Smallville sans avoir lu toutes les bandes-dessinées de Superman? Est-il possible d'aimer juste jouer aux jeux vidéos à plusieurs et de ne pas vraiment aimer les RPG (ou de ne pas en avoir la patience)? Est-il possible d'aimer juste une ou deux chansons de chaque groupe de musique et de les acheter individuellement? Est-il possible d'aimer le Seigneur des anneaux sans aimer Game of Thrones, et attention, de ne jamais avoir lu les livres? Est-il possible de ne pas juste livre des chef-d'oeuvres et de se laisser tenter parfois par des « romans de divertissement » (j'avais déjà eu un débat plus ou moins violent sur la question dans un cours de création littéraire, à savoir que « classique » et « roman de divertissement » n'étaient pas nécessairement des catégories hermétiques... mais la plupart du monde m'a regardé avec plus ou moins de dégoût)? Est-il possible d'aimer autant les films de Xavier Dolan que les Spiderman? Est-il possible d'écouter et d'adorer les Batman juste plusieurs années après leur sortie?
Vraiment, faut arrêter d'avoir des conventions si prédéfinies. Les normes, c'est plus souvent qu'autrement ennuyant.
Longue vie aux exceptions à la règle.
lundi 16 juillet 2012
Je vais vivre modestement.
(Au passage, j'écoute du Loreena McKennitt en écrivant... on pourra pas dire que je ne fais pas des efforts pour me rapprocher de la culture canadienne anglaise, ha! Oh... tiens... c'est du Jean-Jacques Goldman maintenant... héhéhéhéhé.)
Donc je suis maintenant propriétaire de trucs forts utiles et adultes : un livre de recettes de soupes (avec un post-it que Sara a mis pour quand elle viendra chez nous) offert par Thomas, un livre intitulé "Ma grand-mère faisait pareil : Petits précis de ménage" offert par Étienne (mes amis m'envoient des messages subtils, je crois) et une boîte à outils qui contient les outils de base (marteau, clé anglaise, pince, clés mâles - rawr -, tournevis plat, tournevis étoile, ruban à mesurer)... que j'ai évidemment trouvée chez ma grand-mère (on appelle aussi sa maison « Quincaillerie des Coutu », vu la quantité pas croyable d'outils que mon grand-père a laissé derrière lui, et quand je dis pas croyable, c'est en moyenne six exemplaires de chaque outil qui peut exister sur cette terre).
Si c'est pas beau.
Me manque juste... ben à peu près tous les meubles. J'ai aussi réussi à déterrer un bureau de travail chez ma grand-mère, ainsi qu'une bonne dizaine de chaises berçantes (peut toujours être utile......). Sinon, un frigo m'attend chez ma tante et j'ai transformé une commode en mélamine donnée par Louise. Oh et j'ai un bean bag avec dossier que ma soeur m'a donné pour ma fête et qui me servira pour l'instant d'unique divan (la belle vie).
Je me suis aussi décidée à faire le ménage dans nos DVD pour récupérer ceux qui m'appartiennent (du genre, trois saisons de Dawson's Creek... hum). Et ainsi me rendre compte que mes goûts étaient franchement louches. Mais que voulez-vous, J'ADORE pour une raison inexplicable Two Weeks Notice (Hugh Grant, Sandra Bullock) et avec Laurence, on connaît ensemble à peu près toutes les répliques du film (en français, parce qu'une comédie est toujours plus drôle quand elle est doublée, comme l'ont prouvé tous les films d'Eddie Murphy).
Seul problème : je n'ai ni télé, ni lecteur DVD, ni table de télévision. UN SUCCÈS.
Heureusement, j'ai un lit. C'est toujours bien ça. Si vous avez des meubles à donner, bref, je suis peut-être partante :)
Et mon dieu, je peux maintenant être qualifiée de « jeune professionnelle »... OH LA LA. Finie la vie étudiante (OU PRESQUE, bon).
samedi 30 juin 2012
Triste réalité des femmes myopes
Donc, depuis que j'ai changé de lunettes, je commence à devenir paranoïaque.
Je m'explique.
Comme mes nouvelles lunettes sont plus grandes qu'avant, elles ont une plus grande surface de réflexion (logique). Aussi, le soir venu, quand mes lunettes sont quelque peu sales et que des lampes sont allumées dans la maison, il y a un jeu assez intense de reflets et d'ombre dans mes lunettes.
AUSSI, chaque fois que je bouge le moindrement la tête, j'ai l'impression que quelque chose a bougé dans le coin de ma vision. Donc depuis quelques mois, je m'imagine des souris, araignées, etc. Chaque fois j'ai un petit sursaut.
Sans blague, le premier soir où je les ai portées, j'étais tellement stressée à la fin de la soirée (involontairement, à force de s'imaginer des trucs) que j'en ai fait une migraine.
Voilà. C'est un effet secondaire souvent oublié du port de lunettes. Ou bien je commence à devenir schizophrène. Heureusement que je n'ai pas peur des souris et des araignées, sinon je serais probablement morte à l'heure qu'il est.
FIN DE L'ANECDOTE PERTINENTE.
Je m'explique.
Comme mes nouvelles lunettes sont plus grandes qu'avant, elles ont une plus grande surface de réflexion (logique). Aussi, le soir venu, quand mes lunettes sont quelque peu sales et que des lampes sont allumées dans la maison, il y a un jeu assez intense de reflets et d'ombre dans mes lunettes.
AUSSI, chaque fois que je bouge le moindrement la tête, j'ai l'impression que quelque chose a bougé dans le coin de ma vision. Donc depuis quelques mois, je m'imagine des souris, araignées, etc. Chaque fois j'ai un petit sursaut.
Sans blague, le premier soir où je les ai portées, j'étais tellement stressée à la fin de la soirée (involontairement, à force de s'imaginer des trucs) que j'en ai fait une migraine.
Voilà. C'est un effet secondaire souvent oublié du port de lunettes. Ou bien je commence à devenir schizophrène. Heureusement que je n'ai pas peur des souris et des araignées, sinon je serais probablement morte à l'heure qu'il est.
FIN DE L'ANECDOTE PERTINENTE.
mercredi 27 juin 2012
Du sexe et des hot-dogs
Certes, avec un titre comme ça, j'ai votre attention. Bande de pervers. Pff.
Cette anecdote remonte déjà à il y a deux semaines, mais je me suis rappelé que ça valait peut-être la peine d'être sur ce blogue.
J'étais avec Kathy, à Louiseville (oui, cette ville avec une sacrée personnalité de village -- je sais, Bois-des-Filion n'est pas bien mieux -- entre Montréal et Trois-Rivières), en train de manger gaiement au Café Tango. On parlait de la sexualité au cinéma et à la télévision et on était prise dans cette grande discussion philosophique sur ce qui rendait une scène de sexe ou de nudité de bon goût et utile à l'histoire (tout ça est parti du fait que j'avais tenté d'écouter Game of Thrones mais m'étais tannée après trois épisodes) et non pas juste pour satisfaire les besoins du public. Bref, une discussion comme une autre.
Eh bien, pendant ce temps, deux dames parlaient à côté de nous d'un tout autre sujet. L'une racontait à l'autre qu'un quelconque monsieur de Louiseville était toujours chanceux à la loterie.
« La preuve, l'autre jour il a gagné à Cadeau d'été un "steamer à hot-dogs"! C'est pas rien, ça! Ça vaut au moins 50-60 $! Je lui ai même offert un paquet de saucisses faites exprès pour êtres "steamées"! Tsé, faut pas acheter n'importe quelles! »
J'veux dire, si j'avais gagné un steamer à hot-dogs, j'aurais probablement ri pour le reste de mes jours. C'est officiellement la chose la plus inutile de cette planète, sauf si tu comptes t'ouvrir une Belle Province.
La différence entre gens de la ville et gens de la campagne était absolument succulente.
Cette anecdote remonte déjà à il y a deux semaines, mais je me suis rappelé que ça valait peut-être la peine d'être sur ce blogue.
J'étais avec Kathy, à Louiseville (oui, cette ville avec une sacrée personnalité de village -- je sais, Bois-des-Filion n'est pas bien mieux -- entre Montréal et Trois-Rivières), en train de manger gaiement au Café Tango. On parlait de la sexualité au cinéma et à la télévision et on était prise dans cette grande discussion philosophique sur ce qui rendait une scène de sexe ou de nudité de bon goût et utile à l'histoire (tout ça est parti du fait que j'avais tenté d'écouter Game of Thrones mais m'étais tannée après trois épisodes) et non pas juste pour satisfaire les besoins du public. Bref, une discussion comme une autre.
Eh bien, pendant ce temps, deux dames parlaient à côté de nous d'un tout autre sujet. L'une racontait à l'autre qu'un quelconque monsieur de Louiseville était toujours chanceux à la loterie.
« La preuve, l'autre jour il a gagné à Cadeau d'été un "steamer à hot-dogs"! C'est pas rien, ça! Ça vaut au moins 50-60 $! Je lui ai même offert un paquet de saucisses faites exprès pour êtres "steamées"! Tsé, faut pas acheter n'importe quelles! »
J'veux dire, si j'avais gagné un steamer à hot-dogs, j'aurais probablement ri pour le reste de mes jours. C'est officiellement la chose la plus inutile de cette planète, sauf si tu comptes t'ouvrir une Belle Province.
La différence entre gens de la ville et gens de la campagne était absolument succulente.
lundi 25 juin 2012
Gens du pays
Outre la fierté immense que l'on ressent chaque 24 juin, la Fête nationale me permet chaque année de faire une réflexion sur notre culture, sur l'avenir de notre pays. Surtout, j'aime aller aux spectacles de la Saint-Jean pour pouvoir voir gratuitement tous ces artistes québécois qui font la fierté de notre culture.
Hier soir, je suis allée à Montréal pour voir le Grand Spectacle, où chantaient Jean-Pierre Ferland, Ariane Moffatt, Adam Cohen, Yann Perreault, Alfa Rococo, Misteur Valaire, Isabelle Boulay et Daniel Bélanger. Un doux mélange de générations qui nous permettait d'avoir un aperçu de toute la scène musicale québécoise : les chansons « traditionnelles » et les chansons de la nouvelle génération, plus diversifiée et talentueuse que jamais (même si nos grands-parents disent souvent qu'on ne fait plus de la musique comme on en faisait).
Je connaissais évidemment déjà tous ces artistes, mais pour plusieurs d'entre eux, j'avoue que je ne connaissais qu'une chanson ou deux. Je les ai redécouverts plus en feu que jamais. J'ai chanté avec la foule ces chansons de Daniel Bélanger, de Jean-Pierre Ferland et d'Isabelle Boulay que tout le monde connaît (sous le regard quelque peu étonné de Thomas, mon cher ami français avec qui j'ai passé la Saint-Jean) et j'avais l'âme qui vibrait de fleurs de lys, même si, objectivement, quelques-unes de ces chansons sont franchement quétaines et ne sont appréciées que par nostalgie.
Puis j'ai vu Guy A. Lepage et les artistes faire des discours enflammés sur l'avenir du Québec, sur leur fierté envers la jeunesse d'aujourd'hui. C'était quelque peu enivrant, ces discours qui s'adressaient enfin à nous. Les politiciens aiment souvent nous laisser de côté dans leurs discours parce que notre « poids politique » est minime en comparaison de celui des 45-70 ans. Et oui, en nombre, il l'est. Mais les politiciens semblent oublier que nous sommes jeunes, que notre voix est plus forte, que notre détermination est encore enflammée, que nos rêves sont encore brillants. Que nous maîtrisons l'art de la communication de masse mieux que jamais auparavant et que soulever des foules de centaines de milliers de personnes ne nous demande que quelques clics et quelques mots bien pesés.
Ces discours de la Saint-Jean d'hier étaient teintés sans nuance de politique et d'appel au changement. Comme disait Guy A., « si les artistes soutiennent tant les étudiants, c'est qu'ils travaillent ensemble dans les mêmes restaurants ».
Qu'est ce Québec qui se célèbre en faisant appel aux artistes, mais qui leur crache dessus dès qu'on parle de leur utilité dans la société? « S'il n'étudiait pas en art, aussi, peut-être qu'il pourrait payer ses frais de scolarité »... on l'entend souvent, celle-là.
Si les artistes sont certes souvent pauvres et vivent « sur le bras de la société », ce sont aussi eux qui la font vivre. Si les « honnêtes travailleurs » forment le corps de notre société, les artistes, les écrivains, les philosophes, les historiens en sont l'âme, et sans eux, notre société ne serait rien de mieux qu'un homme qui s'est fait embrassé par un détraqueur.
Je suis fière de notre Québec culturel. De cette culture qui s'est levée envers et contre tous au beau milieu de l'Amérique du Nord, ce monstre qui balaie la culture internationale. Nous ne sommes que huit millions, mais nous parvenons à faire parler de nous sur toute la planète, par notre seul fait français. Nous sommes les Gaulois de la Rome antique. Et notre potion magique, c'est la fierté inébranlable de notre culture.
Mon cher Québec, c'est à ton tour de te laisser d'amour. Bonne fête.
Hier soir, je suis allée à Montréal pour voir le Grand Spectacle, où chantaient Jean-Pierre Ferland, Ariane Moffatt, Adam Cohen, Yann Perreault, Alfa Rococo, Misteur Valaire, Isabelle Boulay et Daniel Bélanger. Un doux mélange de générations qui nous permettait d'avoir un aperçu de toute la scène musicale québécoise : les chansons « traditionnelles » et les chansons de la nouvelle génération, plus diversifiée et talentueuse que jamais (même si nos grands-parents disent souvent qu'on ne fait plus de la musique comme on en faisait).
Je connaissais évidemment déjà tous ces artistes, mais pour plusieurs d'entre eux, j'avoue que je ne connaissais qu'une chanson ou deux. Je les ai redécouverts plus en feu que jamais. J'ai chanté avec la foule ces chansons de Daniel Bélanger, de Jean-Pierre Ferland et d'Isabelle Boulay que tout le monde connaît (sous le regard quelque peu étonné de Thomas, mon cher ami français avec qui j'ai passé la Saint-Jean) et j'avais l'âme qui vibrait de fleurs de lys, même si, objectivement, quelques-unes de ces chansons sont franchement quétaines et ne sont appréciées que par nostalgie.
Puis j'ai vu Guy A. Lepage et les artistes faire des discours enflammés sur l'avenir du Québec, sur leur fierté envers la jeunesse d'aujourd'hui. C'était quelque peu enivrant, ces discours qui s'adressaient enfin à nous. Les politiciens aiment souvent nous laisser de côté dans leurs discours parce que notre « poids politique » est minime en comparaison de celui des 45-70 ans. Et oui, en nombre, il l'est. Mais les politiciens semblent oublier que nous sommes jeunes, que notre voix est plus forte, que notre détermination est encore enflammée, que nos rêves sont encore brillants. Que nous maîtrisons l'art de la communication de masse mieux que jamais auparavant et que soulever des foules de centaines de milliers de personnes ne nous demande que quelques clics et quelques mots bien pesés.
Ces discours de la Saint-Jean d'hier étaient teintés sans nuance de politique et d'appel au changement. Comme disait Guy A., « si les artistes soutiennent tant les étudiants, c'est qu'ils travaillent ensemble dans les mêmes restaurants ».
Qu'est ce Québec qui se célèbre en faisant appel aux artistes, mais qui leur crache dessus dès qu'on parle de leur utilité dans la société? « S'il n'étudiait pas en art, aussi, peut-être qu'il pourrait payer ses frais de scolarité »... on l'entend souvent, celle-là.
Si les artistes sont certes souvent pauvres et vivent « sur le bras de la société », ce sont aussi eux qui la font vivre. Si les « honnêtes travailleurs » forment le corps de notre société, les artistes, les écrivains, les philosophes, les historiens en sont l'âme, et sans eux, notre société ne serait rien de mieux qu'un homme qui s'est fait embrassé par un détraqueur.
Je suis fière de notre Québec culturel. De cette culture qui s'est levée envers et contre tous au beau milieu de l'Amérique du Nord, ce monstre qui balaie la culture internationale. Nous ne sommes que huit millions, mais nous parvenons à faire parler de nous sur toute la planète, par notre seul fait français. Nous sommes les Gaulois de la Rome antique. Et notre potion magique, c'est la fierté inébranlable de notre culture.
Mon cher Québec, c'est à ton tour de te laisser d'amour. Bonne fête.
vendredi 15 juin 2012
Un emploi par pitié
Donc.
Je suis en recherche d'emploi. Et ça m'angoisse. Pas tant de ne pas trouver tout de suite d'emploi dans mon domaine que d'être chez nous et de n'avoir rien à faire... JAMAIS. Certes, je passe la moitié de mes journées à naviguer à la recherche d'offres d'emploi et à rédiger des lettres de présentation, mais tout de même, j'ai vraiment l'impression d'être complètement vedge et inutile... et encore, ça ne fait que trois jours que je fais officiellement ça.
J'essaie de rentabiliser mes journées en écoutant des films intelligents (j'exclue ici le fait d'avoir écouté À vos marques, party! avec des sous-titres en anglais -- merci, Netflix), en lisant des livres d'histoire, en lisant des romans qui ont gagné des prix et en essayant de nouvelles recettes, question qu'au moins, ma culture générale soit un peu meilleure. Je songe à réécouter The Tree of Life une deuxième fois pour essayer de le comprendre. J'essaie aussi de m'avancer dans l'écriture de romans en me disant que ça pourrait éventuellement être un revenu (je suis pauvre).
Bref.
J'ai l'impression que plus ça prendra de temps pour que je me trouve un emploi, plus je vais faire des décisions complètement insensées, du genre partir vivre à Toronto ou à Charlottetown (et ça y est, j'ai envie de lire les Anne... ÇA Y EST, JE ME METS À LA LECTURE DE ANNE... LA MAISON AUX PIGNONS VERTS. Faut bien que j'en fasse une analyse en le lisant à l'âge adulte, bon).
Oh la la.
La belle vie!
jeudi 7 juin 2012
Les films français
Donc je suis allée voir Laurence Anyways hier soir et pour une raison mystérieuse, ça m'a donné envie d'écouter un film français (j'hésite à savoir si c'est parce qu'il n'existe pas beaucoup d'autres films d'art québécois ou si c'est l'effet Melvil Poupaud, qui accomplit l'exploit de rester viril tout en avouant à sa blonde qu'il veut devenir une femme).
Bref. Je me suis ramassée à écouter Conte d'été (de la série des Quatre saisons produite vers la milieu des années 90) à une heure pas possible. Et là j'en étais à tenter de fabuler sur la fin du film avec Kathy (une activité fréquente que nous avons de commenter des films que l'autre écoute et dont nous n'avons JAMAIS entendu parler... si c'est pas beau le clavardage).
Je m'égare. Tout ça pour dire que je me suis rendue compte que si ça avait été un film américain, j'aurais absolument su la fin. Melvil Poupaud serait reparti sur son bateau et Margot aurait couru et aurait fait arrêter le bateau. Mais c'était un film français. Au début, je spéculais sur une noyade par désespoir incompris (même si personne n'était désespéré, mais ça reste un film français), mais finalement, on s'en est tirés pour une fin en queue de poisson (pourquoi n'y avais-je pas pensé?).
Alors je me disais que vraiment, chaque fois que je regarde un film français (un drame, s'entend, et j'exclus ici Les choristes et Huit femmes), je me ramasse toujours à finir le film avec les sourcils froncés en me disant : « Erh... je ne suis pas TOUT À FAIT certaine d'avoir compris le chef-d'oeuvre là-dedans ». Alors je passe des heures à réfléchir et à analyser jusqu'à me convaincre que finalement, c'était un bon film. Foutus films français. Je perds tous mes référents et j'ai toujours de la difficulté à émettre une critique constructive. Et là ça me frustre parce que je me dis que j'écoute trop de films nord-américains. Un chef-d'oeuvre américain, tu sais que la secrétaire deviendra directrice d'entreprise, que le patriote va mourir pour sa patrie et ainsi permettre la victoire de son peuple, que la preppy finira avec le rebelle marginal, que les garçons apprendront à travers les épreuves de l'enfance quels sont les véritables liens de l'amitié, que la prostituée finira avec l'homme riche.
Mais les films français sont presque aussi prévisibles. Il y aura une scène de sexe, une remise en question de soi, un pétage de coche hystérique de la part d'une femme pour à peu près aucune raison légitime, des pleurs trop réalistes, une scène d'adultère, de longues conversations sur les sentiments dont on ne comprendra pas tout à fait le sens, des femmes sans brassière (toujours et encore) et, la plupart du temps, des acteurs avec une espèce de beauté qui transcende l'écran (autant les hommes que les femmes), à la fois naturels et incroyablement beaux (au contraire, disons, des acteurs québécois, qui ont souvent l'air de monsieur et madame tout-le-monde ou des acteurs américains qui sont d'une beauté complètement impossible). Et, évidemment, une fin qu'on ne comprendra pas. Presque sans exception, le générique partira et on se dira : « Hein, euh, quoi? Ça finit comme ça? ». Mais je parle pour les drames. Les comédies, c'est une toute autre paire de manches.
J'adore les films français. Et les films américains, au passage. Un doux mélange des deux, c'est très agréable (au passage, je me rends compte que le doux mélange des deux est souvent le film québécois).
Donc voilà, après ma passe de films et téléséries britanniques, je reviens à mes vieilles amours (c'est vite dit, en fait, j'écoutais toujours des films français parce qu'il n'y avait que ça qui jouait à Super Écran à 14 h).
Fin.
Bref. Je me suis ramassée à écouter Conte d'été (de la série des Quatre saisons produite vers la milieu des années 90) à une heure pas possible. Et là j'en étais à tenter de fabuler sur la fin du film avec Kathy (une activité fréquente que nous avons de commenter des films que l'autre écoute et dont nous n'avons JAMAIS entendu parler... si c'est pas beau le clavardage).
Je m'égare. Tout ça pour dire que je me suis rendue compte que si ça avait été un film américain, j'aurais absolument su la fin. Melvil Poupaud serait reparti sur son bateau et Margot aurait couru et aurait fait arrêter le bateau. Mais c'était un film français. Au début, je spéculais sur une noyade par désespoir incompris (même si personne n'était désespéré, mais ça reste un film français), mais finalement, on s'en est tirés pour une fin en queue de poisson (pourquoi n'y avais-je pas pensé?).
Alors je me disais que vraiment, chaque fois que je regarde un film français (un drame, s'entend, et j'exclus ici Les choristes et Huit femmes), je me ramasse toujours à finir le film avec les sourcils froncés en me disant : « Erh... je ne suis pas TOUT À FAIT certaine d'avoir compris le chef-d'oeuvre là-dedans ». Alors je passe des heures à réfléchir et à analyser jusqu'à me convaincre que finalement, c'était un bon film. Foutus films français. Je perds tous mes référents et j'ai toujours de la difficulté à émettre une critique constructive. Et là ça me frustre parce que je me dis que j'écoute trop de films nord-américains. Un chef-d'oeuvre américain, tu sais que la secrétaire deviendra directrice d'entreprise, que le patriote va mourir pour sa patrie et ainsi permettre la victoire de son peuple, que la preppy finira avec le rebelle marginal, que les garçons apprendront à travers les épreuves de l'enfance quels sont les véritables liens de l'amitié, que la prostituée finira avec l'homme riche.
Mais les films français sont presque aussi prévisibles. Il y aura une scène de sexe, une remise en question de soi, un pétage de coche hystérique de la part d'une femme pour à peu près aucune raison légitime, des pleurs trop réalistes, une scène d'adultère, de longues conversations sur les sentiments dont on ne comprendra pas tout à fait le sens, des femmes sans brassière (toujours et encore) et, la plupart du temps, des acteurs avec une espèce de beauté qui transcende l'écran (autant les hommes que les femmes), à la fois naturels et incroyablement beaux (au contraire, disons, des acteurs québécois, qui ont souvent l'air de monsieur et madame tout-le-monde ou des acteurs américains qui sont d'une beauté complètement impossible). Et, évidemment, une fin qu'on ne comprendra pas. Presque sans exception, le générique partira et on se dira : « Hein, euh, quoi? Ça finit comme ça? ». Mais je parle pour les drames. Les comédies, c'est une toute autre paire de manches.
J'adore les films français. Et les films américains, au passage. Un doux mélange des deux, c'est très agréable (au passage, je me rends compte que le doux mélange des deux est souvent le film québécois).
Donc voilà, après ma passe de films et téléséries britanniques, je reviens à mes vieilles amours (c'est vite dit, en fait, j'écoutais toujours des films français parce qu'il n'y avait que ça qui jouait à Super Écran à 14 h).
Fin.
vendredi 1 juin 2012
Ma nouvelle obsession
Donc. Même s'il me reste encore techniquement un examen et un travail à remettre pour véritablement terminer ma session (sauf pour mon joyeux cours d'histoire, mais il est un peu perdu d'avance, celui-là), je suis un peu beaucoup en mode vacances. J'imagine qu'un mois en France n'a pas particulièrement aidé ma cause.
Bref, tout ça pour dire que je suis en mode « recherche désespérée de passe-temps », surtout que je n'ai toujours pas d'emploi.
Voilà donc. Je me suis mis alors que j'étais en France à m'acheter des revues d'histoire et à SURLIGNER les informations IMPORTANTES. On ne peut manifestement pas me laisser hors de l'école plus de trois mois.
Mais vous saviez, vous, que la famille royale des Windsor a choisi son nom en 1917 pour abandonner son nom alors aux tons allemands (Victoria s'était mariée à son cousin allemand Albert et depuis, les deux familles royales étaient très proches). Ils ont choisi « Windsor » parce que ça sonnait très britannique et que c'était le nom de l'un de leurs châteaux.
Préfère vous prévenir, je risque de devenir ennuyante comme ça dans les prochains mois.
Oh et vous saviez qu'à la mort d'Alexandre Graham Bell, on a coupé tout le trafic téléphonique des États-Unis pendant une minute en signe de respect?
J'arrête. Arh. Je vais aller lire un article Wikipédia sur John A. Macdonald.
Bref, tout ça pour dire que je suis en mode « recherche désespérée de passe-temps », surtout que je n'ai toujours pas d'emploi.
Voilà donc. Je me suis mis alors que j'étais en France à m'acheter des revues d'histoire et à SURLIGNER les informations IMPORTANTES. On ne peut manifestement pas me laisser hors de l'école plus de trois mois.
Mais vous saviez, vous, que la famille royale des Windsor a choisi son nom en 1917 pour abandonner son nom alors aux tons allemands (Victoria s'était mariée à son cousin allemand Albert et depuis, les deux familles royales étaient très proches). Ils ont choisi « Windsor » parce que ça sonnait très britannique et que c'était le nom de l'un de leurs châteaux.
Préfère vous prévenir, je risque de devenir ennuyante comme ça dans les prochains mois.
Oh et vous saviez qu'à la mort d'Alexandre Graham Bell, on a coupé tout le trafic téléphonique des États-Unis pendant une minute en signe de respect?
J'arrête. Arh. Je vais aller lire un article Wikipédia sur John A. Macdonald.
samedi 19 mai 2012
Liberté (Error 404: not found)
Mon grand-père dit toujours qu'il y a 40 % d'imbéciles sur cette planète.
À un certain moment de ma vie, je trouvais qu'il exagérait.
Puis j'ai vieilli.
Aujourd'hui, un sondage révèle que 66 % des Québécois sont heureux de la loi 78 parce qu'elle leur permettra de retrouver leur « bon vieux Québec, sécuritaire et calme ».
Je confirme donc que c'est plus de 65 % d'imbéciles. Ou peut-être que le pourcentage est plus élevé au Québec, c'est à voir.
En lisant ce sondage, j'ai pleuré. Au beau milieu de la pièce, alors que je repassais des taies d'oreiller. J'ai pleuré parce que j'avais ce fol espoir que les gens soient moins ignorants, moins aveuglément confiants en le gouvernement. Ils sont les premiers à hurler quand ils augmentent les impôts, mais quand ils nous empêchent d'écrire à propos des manifestations sur Twitter, quand ils nous empêchent de se rassembler à plus de 50 sans devoir appeler la police, quand ils donnent le pouvoir à la ministre de l'éducation de modifier TOUTES les lois qu'elle veut pour faire appliquer la loi 78, alors là, ils sont heureux de retrouver leur bon vieux Québec.
Oui, ils ont retrouvé leur bon vieux Québec. Le Québec des années 40, celui de Duplessis, le Québec de la censure, le Québec dominé par cette foi aveugle en l'Église. Aujourd'hui, ce n'est plus l'Église, c'est bien pire. Ils ont une foi aveugle en des hommes. On ne peut pas prouver que Dieu n'existe pas. Mais on peut prouver cinquante fois que le gouvernement présent abuse de son pouvoir et oublie que nous ne vivons plus dans une monarchie.
Être pour ou contre la hausse, c'est une chose. Être prêt à abandonner sa liberté d'expression pour une supposée sécurité, c'est de la stupidité et une méconnaissance flagrante de l'Histoire. Disons que quelques personnes devraient peut-être lire un peu de George Orwell et de Zola au lieu d'écouter Julie Snyder.
Heureusement que je suis en France. Je peux encore continuer d'écrire mes pensées sans avoir peur d'aboutir en prison.
J'ai vu qu'Anonymous allait intervenir. Les sites du MELS et du PLQ ont été piratés et effacés. J'ai vu que Amnistie internationale condamnait la loi 78. J'ai vu des acteurs, des auteurs et des personnalités publiques habituellement fort discrètes au point de vue politique sortir des jurons et des insultes comme jamais sur Twitter. J'ai vu tous les éditorialiste du Devoir cosigner une dénonciation de cette loi.
J'ai peur. J'ai vraiment peur de ce qui suivra. Je crains la violence, je crains une arrestation, je crains pour notre liberté.
Préparez-vous au pire. Les étudiants n'avaient d'autre arme que leurs mots. On la leur a enlevée. Le gouvernement, lui, a des fusils et du pouvoir. Ceux qui pensent que les étudiants étaient le danger à leur sécurité seront bien vite déçus.
N'abandonnez pas, étudiants québécois. Battez-vous, luttez, manifestez, hurlez, pleurez, désobéissez paciquement! Deux fois plus fort qu'avant. Battez-vous avec les armes de la liberté : les mots, l'espoir et la fierté!
Je n'aurais jamais cru que mon discours de Braveheart à l'Halloween dernier serait nécessaire en 2012 et au Québec.
À un certain moment de ma vie, je trouvais qu'il exagérait.
Puis j'ai vieilli.
Aujourd'hui, un sondage révèle que 66 % des Québécois sont heureux de la loi 78 parce qu'elle leur permettra de retrouver leur « bon vieux Québec, sécuritaire et calme ».
Je confirme donc que c'est plus de 65 % d'imbéciles. Ou peut-être que le pourcentage est plus élevé au Québec, c'est à voir.
En lisant ce sondage, j'ai pleuré. Au beau milieu de la pièce, alors que je repassais des taies d'oreiller. J'ai pleuré parce que j'avais ce fol espoir que les gens soient moins ignorants, moins aveuglément confiants en le gouvernement. Ils sont les premiers à hurler quand ils augmentent les impôts, mais quand ils nous empêchent d'écrire à propos des manifestations sur Twitter, quand ils nous empêchent de se rassembler à plus de 50 sans devoir appeler la police, quand ils donnent le pouvoir à la ministre de l'éducation de modifier TOUTES les lois qu'elle veut pour faire appliquer la loi 78, alors là, ils sont heureux de retrouver leur bon vieux Québec.
Oui, ils ont retrouvé leur bon vieux Québec. Le Québec des années 40, celui de Duplessis, le Québec de la censure, le Québec dominé par cette foi aveugle en l'Église. Aujourd'hui, ce n'est plus l'Église, c'est bien pire. Ils ont une foi aveugle en des hommes. On ne peut pas prouver que Dieu n'existe pas. Mais on peut prouver cinquante fois que le gouvernement présent abuse de son pouvoir et oublie que nous ne vivons plus dans une monarchie.
Être pour ou contre la hausse, c'est une chose. Être prêt à abandonner sa liberté d'expression pour une supposée sécurité, c'est de la stupidité et une méconnaissance flagrante de l'Histoire. Disons que quelques personnes devraient peut-être lire un peu de George Orwell et de Zola au lieu d'écouter Julie Snyder.
Heureusement que je suis en France. Je peux encore continuer d'écrire mes pensées sans avoir peur d'aboutir en prison.
J'ai vu qu'Anonymous allait intervenir. Les sites du MELS et du PLQ ont été piratés et effacés. J'ai vu que Amnistie internationale condamnait la loi 78. J'ai vu des acteurs, des auteurs et des personnalités publiques habituellement fort discrètes au point de vue politique sortir des jurons et des insultes comme jamais sur Twitter. J'ai vu tous les éditorialiste du Devoir cosigner une dénonciation de cette loi.
J'ai peur. J'ai vraiment peur de ce qui suivra. Je crains la violence, je crains une arrestation, je crains pour notre liberté.
Préparez-vous au pire. Les étudiants n'avaient d'autre arme que leurs mots. On la leur a enlevée. Le gouvernement, lui, a des fusils et du pouvoir. Ceux qui pensent que les étudiants étaient le danger à leur sécurité seront bien vite déçus.
N'abandonnez pas, étudiants québécois. Battez-vous, luttez, manifestez, hurlez, pleurez, désobéissez paciquement! Deux fois plus fort qu'avant. Battez-vous avec les armes de la liberté : les mots, l'espoir et la fierté!
Je n'aurais jamais cru que mon discours de Braveheart à l'Halloween dernier serait nécessaire en 2012 et au Québec.
jeudi 26 avril 2012
Ma vie est cool.
Donc, ces temps-ci, je dénote une hausse de coolitude (mot tout à fait accepté et tout à fait dans l'usage, merci) dans mon existence. Constatez-le par vous-mêmes :
1) Je viens de m'acheter un masque de bal avec des plumes géantes. Parce que je le vaux bien.
2) Je me suis acheté une casquette à 3 $ chez Wal Mart pour aller travailler sur une ferme.
3) J'ai sur mon Itunes la chanson Moskau de Dschinghis Khan (oui, oui, cette fameuse chanson russe des années 80) ET la chanson Moskau de Rammstein. Parce que mes goûts musicaux vont d'un extrême à l'autre comme ça.
4) J'ai gagné un chandail Antidote en extra-large aux Jeux de la traduction. Oui, Antidote, le correcteur de français.
5) J'écoute Being Human, l'excellente série britannique à propos d'un fantôme, d'un vampire et d'un loup-garou qui vivent ensemble. ET J'AIME ÇA. Mais bon, moi un fantôme qui fait compulsivement du thé même si elle ne peut plus en boire, ça me charme. (Éditorial : je viens de découvrir qu'ils ont fait une adaptation américaine... NON MAIS QU'EST-CE QU'ILS ONT À TOUT ADAPTER? Après la série Sherlock Holmes (qui est probablement la meilleure adaptation jamais faite du roman), ça. C'est quoi, les Américains sont trop stupides pour comprendre l'humour britannique? Non mais. Et sans parler de leur adaptation de Millénium, que je boycotte avec violence. Ça me fâche. Fin de l'éditorial.)
6) Il pleut et je bois du thé. Concept, concept.
7) Je ne peux plus me promener au neuvième étage du pavillon Lionel-Groulx sans qu'un enseignant me pose une question sur la grève (je ne sais pas trop quand je suis devenue une ressource officielle... je n'ose pas leur dire que je ne fais plus partie du CE).
8) Je suis finalement allée à la Distillerie pour la première fois de ma vie. Et je veux maintenant mettre du concombre dans tous mes drinks. Et du basilic.
9) Je songe à devenir bibliothécaire dans quelques années.
10) Et non le moindre, je pars dans cinq jours pour la France (HOOOZAH). Bref, vous avez hâte de voir mon superbe blogue à cet effet.
Je retourne à mes travaux.
1) Je viens de m'acheter un masque de bal avec des plumes géantes. Parce que je le vaux bien.
2) Je me suis acheté une casquette à 3 $ chez Wal Mart pour aller travailler sur une ferme.
3) J'ai sur mon Itunes la chanson Moskau de Dschinghis Khan (oui, oui, cette fameuse chanson russe des années 80) ET la chanson Moskau de Rammstein. Parce que mes goûts musicaux vont d'un extrême à l'autre comme ça.
4) J'ai gagné un chandail Antidote en extra-large aux Jeux de la traduction. Oui, Antidote, le correcteur de français.
5) J'écoute Being Human, l'excellente série britannique à propos d'un fantôme, d'un vampire et d'un loup-garou qui vivent ensemble. ET J'AIME ÇA. Mais bon, moi un fantôme qui fait compulsivement du thé même si elle ne peut plus en boire, ça me charme. (Éditorial : je viens de découvrir qu'ils ont fait une adaptation américaine... NON MAIS QU'EST-CE QU'ILS ONT À TOUT ADAPTER? Après la série Sherlock Holmes (qui est probablement la meilleure adaptation jamais faite du roman), ça. C'est quoi, les Américains sont trop stupides pour comprendre l'humour britannique? Non mais. Et sans parler de leur adaptation de Millénium, que je boycotte avec violence. Ça me fâche. Fin de l'éditorial.)
6) Il pleut et je bois du thé. Concept, concept.
7) Je ne peux plus me promener au neuvième étage du pavillon Lionel-Groulx sans qu'un enseignant me pose une question sur la grève (je ne sais pas trop quand je suis devenue une ressource officielle... je n'ose pas leur dire que je ne fais plus partie du CE).
8) Je suis finalement allée à la Distillerie pour la première fois de ma vie. Et je veux maintenant mettre du concombre dans tous mes drinks. Et du basilic.
9) Je songe à devenir bibliothécaire dans quelques années.
10) Et non le moindre, je pars dans cinq jours pour la France (HOOOZAH). Bref, vous avez hâte de voir mon superbe blogue à cet effet.
Je retourne à mes travaux.
lundi 23 avril 2012
Soirées trico-thé
Avant toute excitation excessive, ce n'est pas moi qui ai inventé le jeu de mots. C'est Mariane, fière instigatrice du projet.
Donc, Mariane a parti un groupe Facebook pour les amatrices de thé et de tricot (et je vous annonce que nous sommes maintenant six!). JE SAIS, c'est objectivement absolument ringard. Mais dans l'absolu, c'est extraordinaire comme idée.
La blague, c'est que Mariane et moi avons des goûts TRÈS semblables. Elle étudie avec moi en traduction, se passionne pour l'écriture, la lecture, le thé, le tricot, l'Écosse. Et puis, elle a mon nom à l'envers. Si c'est pas beau.
Mais ce qui est vraiment drôle, c'est que nous étions amies Facebook depuis environ un an avant qu'on s'adresse la parole pour la première fois en personne (il y a quelques mois). Et nous étions ensemble dans plusieurs cours.
Donc, une bonne fois, j'avais écrit dans un de mes statuts d'inventer notre première rencontre. Elle avait écrit :
« On était dans un cours ensemble, on s'est parlé ».
Bref. Maintenant, elle fait partie de notre club de lecture et moi je me suis joint à son groupe de trico-thé. On a d'ailleurs aussi recruté (OUI, RECRUTER, on est intenses comme ça) Geneviève, que nous avons rencontré sur les lignes de piquetage des cours de traduction. C'est beau comme la grève crée des liens durables.
Donc, hier soir, nous étions tous dans le petit appartement dans Outremont de Mariane, bien assises sur le divan, le lit ou le tapis avec des tricots assez simples (on est à peu près tous encore au même niveau... c'est-à-dire, débutantes). On peut faire des foulards, des bandeaux, des guenilles, des sous-plats, bref, la base.
Et puis hier Ève m'a appris à faire le point Jersey (voir ci-dessous). Un grand moment d'excitation.
Bref, je sens que ces soirées seront enflammées. L'avantage de ce genre de soirées (outre le fait de manger des tonnes de biscuits sablés et d'amandes caramélisées en buvant des thés qui portent des noms exotiques), c'est que le tricot ne demande qu'un certain niveau de concentration, alors en fait on peut passer notre soirée à parler de nos vies, de la société et de nos rêves. N'est-ce pas merveilleux.
Donc comme je le disais, je suis maintenant bonne pour le Cercle des Fermières ou les Filles d'Isabelle.
Ainsi soit-il.
Donc, Mariane a parti un groupe Facebook pour les amatrices de thé et de tricot (et je vous annonce que nous sommes maintenant six!). JE SAIS, c'est objectivement absolument ringard. Mais dans l'absolu, c'est extraordinaire comme idée.
La blague, c'est que Mariane et moi avons des goûts TRÈS semblables. Elle étudie avec moi en traduction, se passionne pour l'écriture, la lecture, le thé, le tricot, l'Écosse. Et puis, elle a mon nom à l'envers. Si c'est pas beau.
Mais ce qui est vraiment drôle, c'est que nous étions amies Facebook depuis environ un an avant qu'on s'adresse la parole pour la première fois en personne (il y a quelques mois). Et nous étions ensemble dans plusieurs cours.
Donc, une bonne fois, j'avais écrit dans un de mes statuts d'inventer notre première rencontre. Elle avait écrit :
« On était dans un cours ensemble, on s'est parlé ».
Bref. Maintenant, elle fait partie de notre club de lecture et moi je me suis joint à son groupe de trico-thé. On a d'ailleurs aussi recruté (OUI, RECRUTER, on est intenses comme ça) Geneviève, que nous avons rencontré sur les lignes de piquetage des cours de traduction. C'est beau comme la grève crée des liens durables.
Donc, hier soir, nous étions tous dans le petit appartement dans Outremont de Mariane, bien assises sur le divan, le lit ou le tapis avec des tricots assez simples (on est à peu près tous encore au même niveau... c'est-à-dire, débutantes). On peut faire des foulards, des bandeaux, des guenilles, des sous-plats, bref, la base.
Et puis hier Ève m'a appris à faire le point Jersey (voir ci-dessous). Un grand moment d'excitation.
Bref, je sens que ces soirées seront enflammées. L'avantage de ce genre de soirées (outre le fait de manger des tonnes de biscuits sablés et d'amandes caramélisées en buvant des thés qui portent des noms exotiques), c'est que le tricot ne demande qu'un certain niveau de concentration, alors en fait on peut passer notre soirée à parler de nos vies, de la société et de nos rêves. N'est-ce pas merveilleux.
Donc comme je le disais, je suis maintenant bonne pour le Cercle des Fermières ou les Filles d'Isabelle.
Ainsi soit-il.
dimanche 22 avril 2012
Quelle fin...!
Avec cette grève, je suis en train de vivre la fin de baccalauréat la plus étrange de tous les temps. Je n'aurai même pas de dernière fin de session. Certes, la paresseuse en moi est heureuse, mais la nostalgique l'est moins.
D'ailleurs, nous aurons notre bal de finissant la semaine prochaine... longtemps avant la fin de la session (si fin il y a). Nous avons depuis longtemps perdu espoir de retourner en classe. Le plus triste, c'est que c'était ma session avec les cours les plus intéressants et les plus instructifs (ou plutôt avec le plus haut taux de cours intéressants). Donc je ne saurai jamais autre chose en traduction technique que comment utiliser une PUTAIN de base de données (absolument inutile, si vous voulez mon avis). Finalement, mon stage chez L-3 Communications aura été BEAUCOUP plus utile que mon cours. Oui, bon, je m'en doutais, mais on peut toujours avoir de fous espoirs que les profs des domaines qui nous intéressent seront compétents. Et je connaîtrai l'histoire des femmes au Canada seulement jusqu'en 1850.
Mais bon, faut pas croire que la grève nous a rendus légumes. En bon étudiants que nous sommes, nous ne pouvions passer près de trois mois en grève sans ne rien faire côté intellectuel. Certes, j'ai encore mon club de lecture, mais ce n'est pas tout.
Par emmerdement, j'ai décidé de lire la page Wikipédia des présidentielles françaises de 2012 (la politique va si mal ici que j'aime bien m'intéresser à celles des autres et y mettre tous mes espoirs). Une chose menant à l'autre, je me suis ramassée à lire la page Wikipédia du système français. J'vous ai déjà dit que j'adore Wikipédia? Plusieurs personnes pensent que c'est l'outil des paresseux, mais en fait c'est l'arme des intellectuels curieux qui n'ont pas particulièrement envie d'aller lire une thèse de doctorat sur le sujet.
Puis j'ai commencé à apprendre le code HTML. Question de modifier le modèle pré-fait de mon blogue de voyage pour la France. J'y ai passé des heures. À essayer de modifier les couleurs, les polices, les encadrés et les images. Tout un défi. Mais je suis assez satisfaite du résultat. Deux jours plus tard, Laurent (aussi en grève) me disait qu'il allait commencer à étudier le HTML (pur hasard, on ne s'était pas parlé). Les geeks en nous sont insatiables.
Il a aussi commencé à étudier l'italien. Un autre de mes amis a commencé à étudier le mandarin, par ennui. J'ai aussi appris à terminer des foulards en tricot avec Youtube. J'ai commencé à lire Marie-Didace, parce que je me disais que ma culture littéraire québécoise n'était pas assez à point. J'ai découvert par le même fait que Marie-Didace était la suite de Le Survenant (que j'avais lu il y a quelques mois). Je me suis donc rendu compte que ma culture littéraire n'était VRAIMENT pas à point. Après toutes ces années à connaître la date de publication de Marie-Didace, son auteur, sa réception dans la société... je ne savais même pas que c'était une suite. Et là je me dis que j'ai lu trop de romans du terroir. Ça me donne des envies de me partir une ferme, de devenir pratiquante et de condamner à mort tous les Anglais de cette terre.
J'écoute des films d'auteur (Inglorious Basterds, The Tree of Life, Fight Club... je sais, je sais, c'est tous des films avec Brad Pitt... en fait, c'est un hasard) et je vais lire des analyses par la suite pour voir si j'étais sur la bonne piste de compréhension. Puis j'en discute de long en large avec Ève, Kathy ou Laurent. Et puis ça dérive sur la philosophie et je me dis que finalement, nos cours de philosophie n'était si inutiles que ça. Surtout ces temps-ci... notre cours de philosophie et société est un précieux atout.
J'ai même recommencé à lire mon livre de psychologie générale du Cégep. Comme lecture de chevet.
Bref, la grève m'a permis d'apprendre plein de trucs intéressants.
Mais vraiment, ce sera une conclusion étrange à mes études.
D'ailleurs, nous aurons notre bal de finissant la semaine prochaine... longtemps avant la fin de la session (si fin il y a). Nous avons depuis longtemps perdu espoir de retourner en classe. Le plus triste, c'est que c'était ma session avec les cours les plus intéressants et les plus instructifs (ou plutôt avec le plus haut taux de cours intéressants). Donc je ne saurai jamais autre chose en traduction technique que comment utiliser une PUTAIN de base de données (absolument inutile, si vous voulez mon avis). Finalement, mon stage chez L-3 Communications aura été BEAUCOUP plus utile que mon cours. Oui, bon, je m'en doutais, mais on peut toujours avoir de fous espoirs que les profs des domaines qui nous intéressent seront compétents. Et je connaîtrai l'histoire des femmes au Canada seulement jusqu'en 1850.
Mais bon, faut pas croire que la grève nous a rendus légumes. En bon étudiants que nous sommes, nous ne pouvions passer près de trois mois en grève sans ne rien faire côté intellectuel. Certes, j'ai encore mon club de lecture, mais ce n'est pas tout.
Par emmerdement, j'ai décidé de lire la page Wikipédia des présidentielles françaises de 2012 (la politique va si mal ici que j'aime bien m'intéresser à celles des autres et y mettre tous mes espoirs). Une chose menant à l'autre, je me suis ramassée à lire la page Wikipédia du système français. J'vous ai déjà dit que j'adore Wikipédia? Plusieurs personnes pensent que c'est l'outil des paresseux, mais en fait c'est l'arme des intellectuels curieux qui n'ont pas particulièrement envie d'aller lire une thèse de doctorat sur le sujet.
Puis j'ai commencé à apprendre le code HTML. Question de modifier le modèle pré-fait de mon blogue de voyage pour la France. J'y ai passé des heures. À essayer de modifier les couleurs, les polices, les encadrés et les images. Tout un défi. Mais je suis assez satisfaite du résultat. Deux jours plus tard, Laurent (aussi en grève) me disait qu'il allait commencer à étudier le HTML (pur hasard, on ne s'était pas parlé). Les geeks en nous sont insatiables.
Il a aussi commencé à étudier l'italien. Un autre de mes amis a commencé à étudier le mandarin, par ennui. J'ai aussi appris à terminer des foulards en tricot avec Youtube. J'ai commencé à lire Marie-Didace, parce que je me disais que ma culture littéraire québécoise n'était pas assez à point. J'ai découvert par le même fait que Marie-Didace était la suite de Le Survenant (que j'avais lu il y a quelques mois). Je me suis donc rendu compte que ma culture littéraire n'était VRAIMENT pas à point. Après toutes ces années à connaître la date de publication de Marie-Didace, son auteur, sa réception dans la société... je ne savais même pas que c'était une suite. Et là je me dis que j'ai lu trop de romans du terroir. Ça me donne des envies de me partir une ferme, de devenir pratiquante et de condamner à mort tous les Anglais de cette terre.
J'écoute des films d'auteur (Inglorious Basterds, The Tree of Life, Fight Club... je sais, je sais, c'est tous des films avec Brad Pitt... en fait, c'est un hasard) et je vais lire des analyses par la suite pour voir si j'étais sur la bonne piste de compréhension. Puis j'en discute de long en large avec Ève, Kathy ou Laurent. Et puis ça dérive sur la philosophie et je me dis que finalement, nos cours de philosophie n'était si inutiles que ça. Surtout ces temps-ci... notre cours de philosophie et société est un précieux atout.
J'ai même recommencé à lire mon livre de psychologie générale du Cégep. Comme lecture de chevet.
Bref, la grève m'a permis d'apprendre plein de trucs intéressants.
Mais vraiment, ce sera une conclusion étrange à mes études.
mardi 17 avril 2012
Seventeen again and English classes
Sérieusement, ces temps-ci, je ne sais VRAIMENT pas ce que pense notre gouvernement. Probablement juste au Plan Nord.
Mais je ne vais pas parler de la grève ici. J'ai pas mal fait le tour pour l'instant (et puis, c'est surtout l'Université de Montréal qui me dégoûte, pour dire vrai).
Donc j'en reviens à des trucs plus banaux. La nouvelle loi sur les restrictions du permis de conduire chez les jeunes.
Au début, on parlait d'une loi qui s'appliquerait à tous ceux en bas de 21 ans. Tolérance zéro sur l'alcool et seulement quatre (ou cinq, je pense que c'est graduel) points de démérite jusqu'à 21 ans. Avant, c'était deux ans après avoir obtenu son permis.
Jusque là, je ne suis pas contre. Même si ça ne fait que repousser le problème, selon moi. Et ça va faire comme aux États-Unis, où le monde ne savent pas boire jusqu'à 21 ans. Mais bon.
Le problème (et pas particulièrement parce que ça s'applique à moi), c'est que la loi est entrée en vigueur il y a deux jours... et finalement elle s'applique à tous les 21 ans et moins. C'EST PAS LA MÊME CHOSE. Donc on devient une des seules places dans le monde où l'âge de 22 ans sera significatif. Jeez. Moi qui avais cru que ma fête de 22 ans n'aurait rien de particulièrement spécial. Je pourrai recommencer à boire un verre de vin quand je sors en voiture. TELLEMENT EXCITANT.
Bref. Je demeure persuadée que le gouvernement a fait une erreur dans la loi, parce que 22 ans, c'est vraiment un âge pas rapport.
Donc, allez, trois mois de thé glacé.
***
Je viens de passer deux heures à aider Nicolas (beau-frère) à écrire un texte en anglais pour un oral de deux minutes qu'il doit faire pour passer son cours d'anglais à l'école aux adultes.
- Comment on traduit « sa voiture », si la voiture appartient à ta mère?, moi de dire.
- Its car?
- Non. Ta mère n'est pas un objet.
- Oh. His?
- Non. Ta mère n'est pas un homme.
- Ah! Hair car!
- Hum, ouais, mais faut pas le prononcer comme ça. Là, sa sonne comme des cheveux. Sois un peu plus pirate dans ton accent. Her!
- Herrrh?
- Ouais, ça a plus de bon sens.
Mes techniques d'enseignement sont tout à fait adéquates.
Bref. Vous aurez compris que ça a compris.
Et puis il y a eu le classique :
- Anne-Marie, qu'est-ce que ça veut dire « down payment »?
- C'est un versement comptant.
- Ah ok, donc c'est un cash down?
- ... Excellente traduction.
L'avantage du français québécois « de campagne », c'est que l'anglais devient très simple à apprendre.
Mais je ne vais pas parler de la grève ici. J'ai pas mal fait le tour pour l'instant (et puis, c'est surtout l'Université de Montréal qui me dégoûte, pour dire vrai).
Donc j'en reviens à des trucs plus banaux. La nouvelle loi sur les restrictions du permis de conduire chez les jeunes.
Au début, on parlait d'une loi qui s'appliquerait à tous ceux en bas de 21 ans. Tolérance zéro sur l'alcool et seulement quatre (ou cinq, je pense que c'est graduel) points de démérite jusqu'à 21 ans. Avant, c'était deux ans après avoir obtenu son permis.
Jusque là, je ne suis pas contre. Même si ça ne fait que repousser le problème, selon moi. Et ça va faire comme aux États-Unis, où le monde ne savent pas boire jusqu'à 21 ans. Mais bon.
Le problème (et pas particulièrement parce que ça s'applique à moi), c'est que la loi est entrée en vigueur il y a deux jours... et finalement elle s'applique à tous les 21 ans et moins. C'EST PAS LA MÊME CHOSE. Donc on devient une des seules places dans le monde où l'âge de 22 ans sera significatif. Jeez. Moi qui avais cru que ma fête de 22 ans n'aurait rien de particulièrement spécial. Je pourrai recommencer à boire un verre de vin quand je sors en voiture. TELLEMENT EXCITANT.
Bref. Je demeure persuadée que le gouvernement a fait une erreur dans la loi, parce que 22 ans, c'est vraiment un âge pas rapport.
Donc, allez, trois mois de thé glacé.
***
Je viens de passer deux heures à aider Nicolas (beau-frère) à écrire un texte en anglais pour un oral de deux minutes qu'il doit faire pour passer son cours d'anglais à l'école aux adultes.
- Comment on traduit « sa voiture », si la voiture appartient à ta mère?, moi de dire.
- Its car?
- Non. Ta mère n'est pas un objet.
- Oh. His?
- Non. Ta mère n'est pas un homme.
- Ah! Hair car!
- Hum, ouais, mais faut pas le prononcer comme ça. Là, sa sonne comme des cheveux. Sois un peu plus pirate dans ton accent. Her!
- Herrrh?
- Ouais, ça a plus de bon sens.
Mes techniques d'enseignement sont tout à fait adéquates.
Bref. Vous aurez compris que ça a compris.
Et puis il y a eu le classique :
- Anne-Marie, qu'est-ce que ça veut dire « down payment »?
- C'est un versement comptant.
- Ah ok, donc c'est un cash down?
- ... Excellente traduction.
L'avantage du français québécois « de campagne », c'est que l'anglais devient très simple à apprendre.
vendredi 13 avril 2012
J'ai envie de me rouler en boule et de fixer le vide
Non mais quelle situation de merde!
Savoir que ma session et mes projets de voyage sont en danger, c'est une chose. Vivre dans une angoisse chaque jour depuis deux mois, c'est autre chose. Devoir convaincre chaque jour que les étudiants sont des citoyens responsables et savent tout à fait dans quoi ils s'embarquent en partant en grève, c'est autre chose. Devoir se battre contre ses propres amis, ses propres compagnons de classe, parce qu'ils jugent que les grévistes sont nombrilistes et devraient penser aux pauvres étudiants qui ne veulent qu'aller à leurs cours, c'est autre chose. Devoir se retenir de pleurer à chaque courriel reçu par l'Université parce que je sais que des milliers d'étudiants le prendront au sérieux et que par conséquent, les lignes de piquetage seront encore plus difficiles à maintenir la semaine prochaine, c'est autre chose.
Depuis le début de cette grève, je ne suis allé dans des manifestations contre le gouvernement que deux fois. Toutes mes autres actions ont été pour convaincre des gens de ne pas passer les lignes de piquetage, tout simplement parce que ça ne se fait pas. Le gouvernement doit se délecter en nous regardant se battre entre nous. Ça me fait juste penser aux clans écossais qui ont été détruits contre les Anglais par leurs propres batailles internes.
Chaque ami, chaque collègue qui traverse les lignes de piquetage, nous trahit un peu. Il nous dit clairement que son propre bien-être est plus important que celui de la majorité manifeste. Chaque étudiant qui traverse les lignes de piquetage me donne une envie de pleurer et, surtout, me déçoit. Parce qu'il me rappelle à chaque fois à quel point la société occidentale est individualiste.
Moi aussi je veux étudier. Quand j'entends des amis qui se plaignent de leur fin de session, je pleure de jalousie. Mon dernier examen était censé être aujourd'hui. Dans deux semaines, j'ai un billet d'avion que je ne peux pas modifier pour aller en France durant un mois. Et quand je pense à la France, ce n'est pas de la fébrilité que je ressens, c'est une peur sourde de devoir me résigner et de devoir tout annuler.
Moi aussi je veux terminer ma session. Pardi, je termine mon foutu baccalauréat. Donc oui, moi aussi, la grève me fera perdre probablement quelques milliers de dollars, considérant que je prendrai plus de temps à me trouver un emploi ainsi. Sans parler du billet d'avion que je perdrai peut-être.
Moi aussi je veux stresser pour mes examens. Et juste pour ça. C'est un stress sain, que j'ai appris à maîtriser depuis plus de dix ans maintenant. Mais l'insécurité d'une grève, ça me gruge. J'ai fait trois fois de l'insomnie en une semaine, alors qu'habituellement, si je ne suis pas endormie en quinze minutes, je m'inquiète. Dans la vie, je suis quelqu'un avec des plans B, C, D et E. Mais là, je les ai tous écoulés et chacun mène à des conséquences plus ou moins désastreuses, relativement parlant, bien entendu.
Cette grève, je n'ai pas de doute que nous la gagnerons. Et je sais aussi que ce sera seulement une partie des étudiants qui auront dû se priver pour faire gagner tout le monde. Et que quand nous aurons gagné, soudainement tout le monde trouvera qu'en fait, cette hausse, c'était complètement ridicule. Que quand leurs précieux cours ne seront plus en danger, ils retrouveront la raison. C'est toujours comme ça.
Moi aussi, je suis tannée de la grève. Depuis deux mois, la moitié de nos soupers en famille terminent en un véritable désastre parce qu'une de mes soeurs est contre la grève, son chum aussi, alors que mon autre soeur et moi sommes pour. Mon père évite sagement de se prononcer parce qu'il sait que sa véritable opinion créerait une guerre civile dans la maison et ma mère souhaite seulement éviter la chicane. Et faut bien dire que dans cette famille, personne n'a la langue dans sa poche. Alors les discussions sont enflammées et les pleurs viennent facilement.
Moi aussi, je voudrais que mon seul soucis soit ma recherche d'emploi, soit ma réservation des auberges jeunesse en France, soit mon examen final en Histoire ou mon projet de trente pages en terminologie. Soit ma recherche d'appartement.
Mais malheureusement, je suis trop occupée à aller défendre les valeurs qui rendaient le Québec unique en Amérique du Nord, au détriment de mes obligations personnelles. Mes obligations morales passent avant.
Parce que moi, je ne veux pas passer à l'Histoire comme celle qui a foutu une injonction contre un mouvement qui allait changer l'Histoire (qu'on le veuille ou non, on a déjà battu les records de durée et d'ampleur). Ou celle qui a dit, après l'injonction : « Enfin, bon débarras! On n'a plus cette bande de sauvages qui nous bloquent les entrées » (ici, je combine quelques qualificatifs que j'ai entendus de la part d'étudiants et d'enseignants). Je veux que mes petits-enfants soient fiers de mes combats. Pas que j'aie juste à leur dire : « Oh, vous savez, moi à ce moment-là, je voulais juste aller à mes cours! Rien d'autre. »
Moi, l'Université m'aura appris malgré elle à me battre pour mes convictions. Ou tout du moins, à respecter le droit de grève des étudiants.
Oh et j'aurai aussi appris le putain de Code Lespérance au grand complet, à force de faire des Assemblées générales qui respectent le Code à la plus petite lettre pour s'assurer que la ministre ne puisse pas plaider contre la non-légitimité de nos votes.
Sans parler de mes nouvelles aptitudes en gestion de crise.
Au fond, cette grève m'a probablement beaucoup plus appris que ce qu'on m'aurait jamais enseigné en cours. Parce que j'ai saisi ma chance de retirer du positif de la situation, voilà tout.
Savoir que ma session et mes projets de voyage sont en danger, c'est une chose. Vivre dans une angoisse chaque jour depuis deux mois, c'est autre chose. Devoir convaincre chaque jour que les étudiants sont des citoyens responsables et savent tout à fait dans quoi ils s'embarquent en partant en grève, c'est autre chose. Devoir se battre contre ses propres amis, ses propres compagnons de classe, parce qu'ils jugent que les grévistes sont nombrilistes et devraient penser aux pauvres étudiants qui ne veulent qu'aller à leurs cours, c'est autre chose. Devoir se retenir de pleurer à chaque courriel reçu par l'Université parce que je sais que des milliers d'étudiants le prendront au sérieux et que par conséquent, les lignes de piquetage seront encore plus difficiles à maintenir la semaine prochaine, c'est autre chose.
Depuis le début de cette grève, je ne suis allé dans des manifestations contre le gouvernement que deux fois. Toutes mes autres actions ont été pour convaincre des gens de ne pas passer les lignes de piquetage, tout simplement parce que ça ne se fait pas. Le gouvernement doit se délecter en nous regardant se battre entre nous. Ça me fait juste penser aux clans écossais qui ont été détruits contre les Anglais par leurs propres batailles internes.
Chaque ami, chaque collègue qui traverse les lignes de piquetage, nous trahit un peu. Il nous dit clairement que son propre bien-être est plus important que celui de la majorité manifeste. Chaque étudiant qui traverse les lignes de piquetage me donne une envie de pleurer et, surtout, me déçoit. Parce qu'il me rappelle à chaque fois à quel point la société occidentale est individualiste.
Moi aussi je veux étudier. Quand j'entends des amis qui se plaignent de leur fin de session, je pleure de jalousie. Mon dernier examen était censé être aujourd'hui. Dans deux semaines, j'ai un billet d'avion que je ne peux pas modifier pour aller en France durant un mois. Et quand je pense à la France, ce n'est pas de la fébrilité que je ressens, c'est une peur sourde de devoir me résigner et de devoir tout annuler.
Moi aussi je veux terminer ma session. Pardi, je termine mon foutu baccalauréat. Donc oui, moi aussi, la grève me fera perdre probablement quelques milliers de dollars, considérant que je prendrai plus de temps à me trouver un emploi ainsi. Sans parler du billet d'avion que je perdrai peut-être.
Moi aussi je veux stresser pour mes examens. Et juste pour ça. C'est un stress sain, que j'ai appris à maîtriser depuis plus de dix ans maintenant. Mais l'insécurité d'une grève, ça me gruge. J'ai fait trois fois de l'insomnie en une semaine, alors qu'habituellement, si je ne suis pas endormie en quinze minutes, je m'inquiète. Dans la vie, je suis quelqu'un avec des plans B, C, D et E. Mais là, je les ai tous écoulés et chacun mène à des conséquences plus ou moins désastreuses, relativement parlant, bien entendu.
Cette grève, je n'ai pas de doute que nous la gagnerons. Et je sais aussi que ce sera seulement une partie des étudiants qui auront dû se priver pour faire gagner tout le monde. Et que quand nous aurons gagné, soudainement tout le monde trouvera qu'en fait, cette hausse, c'était complètement ridicule. Que quand leurs précieux cours ne seront plus en danger, ils retrouveront la raison. C'est toujours comme ça.
Moi aussi, je suis tannée de la grève. Depuis deux mois, la moitié de nos soupers en famille terminent en un véritable désastre parce qu'une de mes soeurs est contre la grève, son chum aussi, alors que mon autre soeur et moi sommes pour. Mon père évite sagement de se prononcer parce qu'il sait que sa véritable opinion créerait une guerre civile dans la maison et ma mère souhaite seulement éviter la chicane. Et faut bien dire que dans cette famille, personne n'a la langue dans sa poche. Alors les discussions sont enflammées et les pleurs viennent facilement.
Moi aussi, je voudrais que mon seul soucis soit ma recherche d'emploi, soit ma réservation des auberges jeunesse en France, soit mon examen final en Histoire ou mon projet de trente pages en terminologie. Soit ma recherche d'appartement.
Mais malheureusement, je suis trop occupée à aller défendre les valeurs qui rendaient le Québec unique en Amérique du Nord, au détriment de mes obligations personnelles. Mes obligations morales passent avant.
Parce que moi, je ne veux pas passer à l'Histoire comme celle qui a foutu une injonction contre un mouvement qui allait changer l'Histoire (qu'on le veuille ou non, on a déjà battu les records de durée et d'ampleur). Ou celle qui a dit, après l'injonction : « Enfin, bon débarras! On n'a plus cette bande de sauvages qui nous bloquent les entrées » (ici, je combine quelques qualificatifs que j'ai entendus de la part d'étudiants et d'enseignants). Je veux que mes petits-enfants soient fiers de mes combats. Pas que j'aie juste à leur dire : « Oh, vous savez, moi à ce moment-là, je voulais juste aller à mes cours! Rien d'autre. »
Moi, l'Université m'aura appris malgré elle à me battre pour mes convictions. Ou tout du moins, à respecter le droit de grève des étudiants.
Oh et j'aurai aussi appris le putain de Code Lespérance au grand complet, à force de faire des Assemblées générales qui respectent le Code à la plus petite lettre pour s'assurer que la ministre ne puisse pas plaider contre la non-légitimité de nos votes.
Sans parler de mes nouvelles aptitudes en gestion de crise.
Au fond, cette grève m'a probablement beaucoup plus appris que ce qu'on m'aurait jamais enseigné en cours. Parce que j'ai saisi ma chance de retirer du positif de la situation, voilà tout.
lundi 9 avril 2012
Je suis une intellectuelle.
Je pense que la grève est en train de me rentrer dedans (et je ne parle pas de l'insomnie, ici).
C'est-à-dire qu'après plus de cinq semaines maintenant à ne pas être allée en cours, je commence vraiment à m'emmerder.
Et donc je prends plaisir à faire mes travaux. Oui.
D'ailleurs, pour une des rares fois de mon bac, j'ai de vrais travaux de session longs et pénibles à faire. Dans mon cours de Terminologie et aménagement linguistique (oui, je sais, le nom de ce cours est particulièrement obscur... ça m'a pris un bon trois semaines avant de comprendre quel était l'objectif du cours), on doit rédiger à trois un programme de francisation d'au moins trente pages pour une entreprise fictive nouvellement installée au Québec. Dit comme ça, ça semble atroce, mais on y prend vite goût. Donc ces jours-ci, je m'amuse à fouiller les moindres recoins de la Charte de la langue française et des mille guides d'aide à la francisation de l'Office québécois de la langue française. On en est à leur proposer des écoles de français, des tests de classement en ligne, des avantages sociaux qui favorisent l'apprentissage du français, des politiques d'approvisionnement en français. Bref. C'est long, mais c'est sincèrement divertissant. Et je me fais un peu peur quand je réalise ça.
Mais ce n'est pas le pire. J'ai décidé de prendre un cours d'histoire cette session-ci, pour mon bon plaisir. Mais le seul qui entrait dans mon horaire, c'est le cours d'Histoire des femmes au Canada. Donc je dois faire un travail de session sur le féminisme. J'ai décidé de le faire sur, attention, la syndicalisation des institutrices québécoises. Et puisque c'est un travail universitaire, il faut absolument que j'aie des archives authentiques (c'est-à-dire pas juste des livres sur le sujet, mais des journaux intimes, des articles de journaux de l'époque, des certificats, des contrats, etc.). Ma nouvelle vie est donc dans la Collection nationale de la Grande bibliothèque. Et comme toute personne qui fait de la recherche le sait, la Collection nationale, c'est chiant. Faut laisser notre sac à dos dans un casier à l'entrée, laisser une carte d'identité en otage et, surtout, ne sortir aucune documentation. Donc faut que je me rende au centre-ville pour aller écrire grosso modo l'entièreté de mon travail. Mais au passage, j'apprends plein de choses fort intéressantes. Et puis, ça me fait apprécier la condition actuelle de la femme au Québec (j'entends presque ma mère répéter qu'ici on est tellement plus avancées parce qu'on doit garder notre nom de jeune fille toute notre vie... « Tu voudrais VRAIMENT abandonner ton nom et prendre celui de ton mari? VRAIMENT? »... si ça pouvait m'éviter des blagues de pharmacie, moi... héhé. Ma mère peut devenir très violente quand on blague et qu'on l'appelle Mme Coutu).
Bref. Ma vie est purement divertissante ces temps-ci.
C'est-à-dire qu'après plus de cinq semaines maintenant à ne pas être allée en cours, je commence vraiment à m'emmerder.
Et donc je prends plaisir à faire mes travaux. Oui.
D'ailleurs, pour une des rares fois de mon bac, j'ai de vrais travaux de session longs et pénibles à faire. Dans mon cours de Terminologie et aménagement linguistique (oui, je sais, le nom de ce cours est particulièrement obscur... ça m'a pris un bon trois semaines avant de comprendre quel était l'objectif du cours), on doit rédiger à trois un programme de francisation d'au moins trente pages pour une entreprise fictive nouvellement installée au Québec. Dit comme ça, ça semble atroce, mais on y prend vite goût. Donc ces jours-ci, je m'amuse à fouiller les moindres recoins de la Charte de la langue française et des mille guides d'aide à la francisation de l'Office québécois de la langue française. On en est à leur proposer des écoles de français, des tests de classement en ligne, des avantages sociaux qui favorisent l'apprentissage du français, des politiques d'approvisionnement en français. Bref. C'est long, mais c'est sincèrement divertissant. Et je me fais un peu peur quand je réalise ça.
Mais ce n'est pas le pire. J'ai décidé de prendre un cours d'histoire cette session-ci, pour mon bon plaisir. Mais le seul qui entrait dans mon horaire, c'est le cours d'Histoire des femmes au Canada. Donc je dois faire un travail de session sur le féminisme. J'ai décidé de le faire sur, attention, la syndicalisation des institutrices québécoises. Et puisque c'est un travail universitaire, il faut absolument que j'aie des archives authentiques (c'est-à-dire pas juste des livres sur le sujet, mais des journaux intimes, des articles de journaux de l'époque, des certificats, des contrats, etc.). Ma nouvelle vie est donc dans la Collection nationale de la Grande bibliothèque. Et comme toute personne qui fait de la recherche le sait, la Collection nationale, c'est chiant. Faut laisser notre sac à dos dans un casier à l'entrée, laisser une carte d'identité en otage et, surtout, ne sortir aucune documentation. Donc faut que je me rende au centre-ville pour aller écrire grosso modo l'entièreté de mon travail. Mais au passage, j'apprends plein de choses fort intéressantes. Et puis, ça me fait apprécier la condition actuelle de la femme au Québec (j'entends presque ma mère répéter qu'ici on est tellement plus avancées parce qu'on doit garder notre nom de jeune fille toute notre vie... « Tu voudrais VRAIMENT abandonner ton nom et prendre celui de ton mari? VRAIMENT? »... si ça pouvait m'éviter des blagues de pharmacie, moi... héhé. Ma mère peut devenir très violente quand on blague et qu'on l'appelle Mme Coutu).
Bref. Ma vie est purement divertissante ces temps-ci.
mercredi 4 avril 2012
Oh, malchance, quand tu nous guettes...
Donc voilà, y'a de ces journées comme où vaudrait mieux ne pas sortir de la maison...
1) J'ai oublié ce matin ma carte d'accès pour le travail. Rien de dramatique en soi, mais j'aime bien faire étal d'une malchance que je m'invente pour la journée.
2) Je devais prendre le train de 17 h 17 à Parc pour aller rejoindre mon amie Rebekah, que je n'avais pas vue depuis un an, et son chum Tito à la gare de Rosemère à 17 h 45. Un camion a foncé dans le viaduc de Henri-Bourassa donc notre train est arrivé à Rosemère avec une demi-heure de retard. Et Rebekah n'avait pas de cellulaire, puisqu'elle ne revient que temporairement au Canada. Heureusement, ils n'étaient pas partis.
3) Je m'étais apporté des médicaments ce matin au cas où j'aurais encore mal à la bouche... eh bien, finalement, j'ai recommencé à avoir mal au souper, mais je m'étais trompé de contenant et j'avais apporté de la codéine au lieu de l'ibuprofène. Aussi bien dire que ce n'est pas hyper gagnant juste avant de souper (comprendre : je me serais endormie devant mes amis).
4) J'ai manqué mon autobus de deux minutes pour retourner chez moi (et en banlieue, aussi bien dire que ça vaut presque la peine de pleurer), mais puisque j'avais déjà quitté le café de la gare en courant, j'ai dû pathétiquement aller attendre dans la gare, seule (parce qu'évidemment, mon arrêt était pas mal le seul de tout Rosemère à ne pas être accompagné d'un abris-bus en briques -- oui, en briques). Jusqu'à ce qu'un vieux monsieur louche dans le genre qu'on ne voit généralement qu'à Montréal vienne me voir et me dise en anglais (?) qu'il n'y avait plus de trains et que j'allais attendre bien longtemps. Évidemment, je n'attendais PAS après un train (toute personne de la banlieue centrale sait tout à fait que le dernier train vers Montréal part vers 17 h), mais puisque la gare de Rosemère n'est pas un terminus d'autobus, j'avais l'air un peu louche. Bref, finalement, il est reparti pour téléphoner à sa femme dans un téléphone public et a crié à celle-ci : « I'm not at home, you don't need to yell at me! ». Heureusement, la lumière tamisée a caché mon rire.
4) Je me suis rendue compte que j'avais dépassé la date limite de modification de mon billet d'avion. Donc, si je ne réussis pas à être dans l'avion vers la France le 1er mai... mon voyage m'aura coûté 900 $ de plus que prévu. Hourra.
5) J'ai terminé un livre de Nicholas Sparks que je lisais pour me faire oublier le stress de la grève... il finissait de façon tragique. Genre pas juste deux personnes âgées qui meurent dans les bras l'un de l'autre dans leur sommeil... non non, le personnage principal MEURT. Foutu Nicholas Sparks. Je songe donc plutôt à faire la tactique opposée et lire un livre profondément dramatique pour me dire que, finalement, ma vie est hyper bien (Notre-Dame de Paris ou un quelconque roman de Marie Laberge, here I come!).
Voilà donc.
Hors sujet, j'ai réalisé qu'avec la disparition de mes dents de sagesse et ses conséquences, j'observe pour la première fois de ma vie à peu près les principes du Carême. Involontairement.
1) J'ai oublié ce matin ma carte d'accès pour le travail. Rien de dramatique en soi, mais j'aime bien faire étal d'une malchance que je m'invente pour la journée.
2) Je devais prendre le train de 17 h 17 à Parc pour aller rejoindre mon amie Rebekah, que je n'avais pas vue depuis un an, et son chum Tito à la gare de Rosemère à 17 h 45. Un camion a foncé dans le viaduc de Henri-Bourassa donc notre train est arrivé à Rosemère avec une demi-heure de retard. Et Rebekah n'avait pas de cellulaire, puisqu'elle ne revient que temporairement au Canada. Heureusement, ils n'étaient pas partis.
3) Je m'étais apporté des médicaments ce matin au cas où j'aurais encore mal à la bouche... eh bien, finalement, j'ai recommencé à avoir mal au souper, mais je m'étais trompé de contenant et j'avais apporté de la codéine au lieu de l'ibuprofène. Aussi bien dire que ce n'est pas hyper gagnant juste avant de souper (comprendre : je me serais endormie devant mes amis).
4) J'ai manqué mon autobus de deux minutes pour retourner chez moi (et en banlieue, aussi bien dire que ça vaut presque la peine de pleurer), mais puisque j'avais déjà quitté le café de la gare en courant, j'ai dû pathétiquement aller attendre dans la gare, seule (parce qu'évidemment, mon arrêt était pas mal le seul de tout Rosemère à ne pas être accompagné d'un abris-bus en briques -- oui, en briques). Jusqu'à ce qu'un vieux monsieur louche dans le genre qu'on ne voit généralement qu'à Montréal vienne me voir et me dise en anglais (?) qu'il n'y avait plus de trains et que j'allais attendre bien longtemps. Évidemment, je n'attendais PAS après un train (toute personne de la banlieue centrale sait tout à fait que le dernier train vers Montréal part vers 17 h), mais puisque la gare de Rosemère n'est pas un terminus d'autobus, j'avais l'air un peu louche. Bref, finalement, il est reparti pour téléphoner à sa femme dans un téléphone public et a crié à celle-ci : « I'm not at home, you don't need to yell at me! ». Heureusement, la lumière tamisée a caché mon rire.
4) Je me suis rendue compte que j'avais dépassé la date limite de modification de mon billet d'avion. Donc, si je ne réussis pas à être dans l'avion vers la France le 1er mai... mon voyage m'aura coûté 900 $ de plus que prévu. Hourra.
5) J'ai terminé un livre de Nicholas Sparks que je lisais pour me faire oublier le stress de la grève... il finissait de façon tragique. Genre pas juste deux personnes âgées qui meurent dans les bras l'un de l'autre dans leur sommeil... non non, le personnage principal MEURT. Foutu Nicholas Sparks. Je songe donc plutôt à faire la tactique opposée et lire un livre profondément dramatique pour me dire que, finalement, ma vie est hyper bien (Notre-Dame de Paris ou un quelconque roman de Marie Laberge, here I come!).
Voilà donc.
Hors sujet, j'ai réalisé qu'avec la disparition de mes dents de sagesse et ses conséquences, j'observe pour la première fois de ma vie à peu près les principes du Carême. Involontairement.
samedi 24 mars 2012
Ô vie de banlieue, quand tu me tiens!
Je me rends compte qu'il y avait bien longtemps que j'avais passé tout un samedi à faire des activités exclusivement banlieusardes. Parfois, c'est plaisant. Ça me replonge dans mon adolescence.
Bref, Marie-Lou voulait qu'on aille marcher dans le bois derrière le centre culturel de Lorraine. Ce bois-là, c'est pas mal tout ce qui nous reste de forêt dans la première couronne de la Rive-Nord. Les habitants de Lorraine se battent depuis plusieurs années pour le sauver des entrepreneurs immobiliers. Donc quand on marche là-dedans, on ne voit pas juste des sentiers et des ruisseaux, on y voit la victoire, un peu amère (les Lorrains ont dû littéralement ACHETER la forêt et en mettre le coût sur leurs taxes pour empêcher les projets immobiliers... ) des citoyens de cette ville.
Donc on est allés marcher dans la forêt, armés de nos bottines de marche (croyez-le ou non, il reste encore de la neige là-dedans).
Puis à notre retour, j'ai osé dire à Marie-Lou que j'avais faim. Elle m'a donc à peu près obligée à manger un yogourt grec, des raisins et elle nous a fait des muffins aux bananes-chocolat. Finalement, elle a renoncé à m'offrir un shake au chocolat avec un ajout de protéines. Si je suis un jour abandonnée en situation de survie, j'exige que Marie-Lou m'accompagne.
Puis, après un frugal souper de sushis du Sushi Shop de Bois-des-Filion (je continue de croire qu'il y a une sorte de drogue dans les sushis qui nous y rendent violemment dépendants), on est allées chercher Sara sur Henri-Bourassa pour aller au cinéma à Terrebonne.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, le cinéma de Terrebonne, c'est vraiment un « doucheland », principalement fréquenté par des adolescents en pleine puberté et des douchebags (mais comme vous ne pouvez même pas vous imaginez... je vous jure, ils arborent tous les signes stéréotypés) qui tiennent fièrement une quelconque bimbo par la taille. Et puis il y a nous. Parce qu'on aime bien rire de la faune banlieusarde nocturne.
D'ailleurs, j'oublie souvent à quel point il est parfois une mauvaise idée d'aller voir un film comme Hunger Games le lendemain de sa sortie dans un cinéma comme Terrebonne. Surtout à 19 h 10, l'heure des adolescents de 13 ans qui doivent rentrer tôt parce que leurs parents viennent les chercher (la belle époque). Bref, on a été pris avec quelques charmantes adolescentes derrière nous qui ne comprenaient absolument aucune profondeur ni aucun deuxième sens. Je n'aurais jamais cru que Hunger Games puisse être un film compliqué à comprendre. Donc vous comprendrez mon exaspération quand, après la mort d'un des personnages secondaires du film, les filles d'en arrière ont dit : « Ben voyons, pourquoi elle [le personnage principal] pleure de même, faudrait qu'elle en revienne. Elle la connaissait juste depuis deux jours. » Je n'ai pas jugé nécessaire de leur parler du choc post-traumatique. Et elles ont vaillamment conclu le film par un : « J'vois pas pourquoi tout le monde en parle de même, c'était vraiment pas si bon que ça ». Je ne leur ai pas demandé si elles avaient préféré Twilight.
Bref. Comme je vous dis, la banlieue est toujours tellement excitante. Chacun ses maux. Ici, ce sont les douchebags. À Montréal, ce sont les illuminés qui te crient dans la rue : « Avez-vous un peu de monnaie, Mademoiselle? Pensez à Dieu, Mademoiselle! Il vous regarde, Mademoiselle! VOUS TERMINEREZ EN ENFER! » (y'a juste moi qui se dit chaque fois : « Challenge accepted! »?). En campagne, ce sont les fermés d'esprit.
Mais j'avoue que j'aime bien ces fins de semaine dans ma (minuscule) ville. À croiser au moins cinq personnes que je connais quand je marche jusqu'au IGA (principal attrait touristique de la ville... sérieusement. Il est probablement le plus gros et le plus rentable de tout le Québec, ça n'a juste aucun sens). À m'arrêter à la bagelrie (mon commerce préféré de la ville) pour m'acheter du fromage à la crème aux bleuets. À compter le nombre de fois que « Bois-des-Filion » est écrit avec des erreurs sur des bouches d’égout. À ce que Jade, une amie d'enfance, s'arrête à côté de moi sur le boulevard pour me montrer sa nouvelle voiture, tout sourire. À trouver dans le Nord Info une photo où apparaît ma soeur pendant une assemblée générale de grève du Cégep Lionel-Groulx. À devoir aller reporter le chien de mon voisin Marc-André pour la 150e chez lui (elle aime venir se promener dans notre cour). Et, surtout, à recroiser joyeusement toutes ces personnes du secondaire et du primaire en faisant semblant de ne pas les reconnaître pour ne pas avoir à leur adresser la parole (on le fait tous; je pense que c'est une entente tacite entre nous).
Les joies de la banlieue sont infinies, je vous le dis.
vendredi 23 mars 2012
À la manifestation
Tout est chamboulé dans notre beau pays, ces jours-ci... De un, le printemps a des problèmes de personnalité et se prend pour l'été, de deux, les étudiants universitaires et collégiens sont dans la rue.
Hier, on a pu oublier pendant quatre heures qu'encore une bonne partie des Québécois nous trouvent, dans le meilleur des cas, énervants. Dans les rues du centre-ville de Montréal, c'était la folie. De McGill à Concordia, du quartier des affaires au quartier latin, de l'UQÀM au Vieux-Port, nous étions partout. Partout, c'était du rouge et des cris. Et non, ce n'était ni Massacre à la tronçonneuse, ni un porno à thématique Saint-Valentin. C'était bel et bien une des plus grosses manifestations étudiantes qu'ait jamais vécue le Québec. Et de voir ces retraités, ces jeunes familles et ces journalistes (d'ailleurs, on a croisé Jean-François Lisée à la station Lionel-Groulx et il avait manifestement une lueur d'excitation dans le regard en nous regardant) qui nous criaient des encouragements sur les trottoirs, du haut des balcons et sur les toits des immeubles, ça faisait chaud au coeur. Sans parler des chauffeurs de métro qui nous klaxonnaient des encouragements, des policiers qui nous applaudissaient, des camionneurs de Labatt Bleue qui se faisaient aller le klaxon, des employés de l'Office québécois de la langue française qui nous incitaient à crier plus fort et de ces enfants qui avaient peinturé à la gouache rouge les fenêtres de leur garderie et nous saluaient en riant.
Tout ça, ça rend fier de faire partie du mouvement. Parce que ça nous rappelle que ce pour quoi nous nous battons, ça ne touche pas seulement les étudiants, mais toute notre société. Ce n'est pas juste de notre porte-feuille que nous nous inquiétons, mais des conséquences qu'une hausse aurait sur l'avenir du Québec. En secondaire 4, notre enseignante polonaise d'anglais nous répétait souvent : « Knowledge is the power ». Elle avait même affiché une pancarte à cet effet au-dessus du tableau. À l'époque, on comprenait bien sûr ce que ça voulait dire, mais ce n'est que par la suite que j'ai lu beaucoup sur le Québec d'il y a plus de cent ans et que j'ai vraiment compris ce que la Révolution tranquille nous avait apporté. Au Cégep, ma professeur de littérature nous répétait souvent l'ancien credo du Québec : « Qui naît petit pain meurt petit pain ». Tout un mode de pensée. Nous n'avons qu'à regarder nos propres grands-parents qui, pour la plupart, n'ont pas pu étudier plus loin que le secondaire, s'ils s'y sont même rendus... Et pourtant, beaucoup de nos grands-pères et grands-mères avaient un énorme potentiel. Bien sûr, ils ont souvent eu une vie très respectable, mais quand je repense à mon grand-père Coutu qui avait une passion sans bornes pour l'histoire et pour la littérature, je me dis qu'il aurait vraiment pu devenir un grand historien s'il l'avait pu.
Avec le gouvernement fédéral qui a aboli le registre des armes et qui remet en question le droit à l'avortement et le gouvernement provincial qui juge que les étudiants doivent faire leur juste part (comme si être sur les bancs d'école pendant quinze ans ou vingt ans pour être ensuite moins bien payé qu'un plombier n'était pas assez), on se demande vraiment si le Canada ne s'amuse pas à détruire tous ses acquis.
Et dire que notre ministre disait il y a à peine quelques semaines que ce n'est pas 5 % des étudiants en grève qui l'impressionnerait... on est rendu à 70 %. J'avoue que moi-même je n'aurais jamais cru que le mouvement prendrait autant d'ampleur. Mais hier, à la manifestation, c'était magique... Montréal était survoltée. Et de voir des gens sortir sur leur balcon en agitant un morceau de vêtement rouge, c'était vraiment touchant et ça nous a redonné foi en la société, en ces gens qui sont capables de passer outre un peu de trafic causé par le trafic. En ces gens qui ne disent PAS : « Ces jeunes ne pensent qu'à eux... s'ils savaient combien leur manifestation nous coûtera en taxe...! ». Pour leur information, nous savons tout à fait combien la manifestation coûtera en taxes. C'est une des raisons pour laquelle elle a lieu. Parce que le gouvernement ne s'énerve que quand on commence à s'en prendre à sa précieuse économie. Parce que hier, non seulement nous avions bloqué tout le centre-ville, mais même l'Université de Montréal avait décidé de suspendre toutes ses activités pour « éviter les dangers de la manifestation ».
Je trouve des fois que les politiciens manquent franchement d'imagination, à toujours proposer des solutions faciles, sans en regarder les conséquences. De toute façon, suffit de regarder leur campagne électorale pour comprendre que l'imagination, c'est pas leur fort.
Mais là, vraiment, il est un peu temps qu'ils commencent à nous prendre au sérieux. Nous ne sommes pas juste une bande d'illuminés communistes. Notre mouvement regroupe des étudiants de tous les horizons. D'ailleurs, c'était particulièrement émouvant (voir : drôle) de voir les étudiants en droit de l'Université de Montréal aller manifester en complet. Ou les médecins, les pharmaciens et les étudiants en bioméd d'y aller en sarrau. Je ne vous parlerai même pas des jeux de mots splendides du programme de littérature française de l'Université de Montréal, réputés pour avoir une imagination comme pas permise. Ou encore les architectes qui faisaient semblant de s'effondrer sous de gros cubes rouges. Ou les audiologistes qui parlaient du dialogue de sourd. Ou les ingénieurs de Polytechnique qui clamaient : « Si vous voulez que vos ponts commencent à tenir un peu, empêchez la hausse! ».
Stéphane Laporte, chroniqueur à La Presse, nous avait dit de faire des pancartes intelligentes. Il a été servi. D'ailleurs, je ne suis pas peu fière de dire qu'une des nôtres a été mentionnée dans un article de Patrick Lagacé. Sa pancarte préférée, c'était celle de traduction : « Acculer les étudiants au pied du mur, c'est un barbarisme ». On en avait plusieurs dans la même veine, du genre : « Copier le reste du Canada, c'est un anglicisme », « Accessibilité et hausse des frais ne sont ni synonymes, ni cooccurrents », « Faire porter le fardeau aux étudiants est un non-sens » ou un classique « Sorry, this sign is in English only. Traduction on strike! ». Vous voyez le genre.
Bref. Y'a des fois comme ça où je suis fière de nous, traducteurs, étudiants, Québécois. Suffit de continuer comme ça.
Hier, on a pu oublier pendant quatre heures qu'encore une bonne partie des Québécois nous trouvent, dans le meilleur des cas, énervants. Dans les rues du centre-ville de Montréal, c'était la folie. De McGill à Concordia, du quartier des affaires au quartier latin, de l'UQÀM au Vieux-Port, nous étions partout. Partout, c'était du rouge et des cris. Et non, ce n'était ni Massacre à la tronçonneuse, ni un porno à thématique Saint-Valentin. C'était bel et bien une des plus grosses manifestations étudiantes qu'ait jamais vécue le Québec. Et de voir ces retraités, ces jeunes familles et ces journalistes (d'ailleurs, on a croisé Jean-François Lisée à la station Lionel-Groulx et il avait manifestement une lueur d'excitation dans le regard en nous regardant) qui nous criaient des encouragements sur les trottoirs, du haut des balcons et sur les toits des immeubles, ça faisait chaud au coeur. Sans parler des chauffeurs de métro qui nous klaxonnaient des encouragements, des policiers qui nous applaudissaient, des camionneurs de Labatt Bleue qui se faisaient aller le klaxon, des employés de l'Office québécois de la langue française qui nous incitaient à crier plus fort et de ces enfants qui avaient peinturé à la gouache rouge les fenêtres de leur garderie et nous saluaient en riant.
Tout ça, ça rend fier de faire partie du mouvement. Parce que ça nous rappelle que ce pour quoi nous nous battons, ça ne touche pas seulement les étudiants, mais toute notre société. Ce n'est pas juste de notre porte-feuille que nous nous inquiétons, mais des conséquences qu'une hausse aurait sur l'avenir du Québec. En secondaire 4, notre enseignante polonaise d'anglais nous répétait souvent : « Knowledge is the power ». Elle avait même affiché une pancarte à cet effet au-dessus du tableau. À l'époque, on comprenait bien sûr ce que ça voulait dire, mais ce n'est que par la suite que j'ai lu beaucoup sur le Québec d'il y a plus de cent ans et que j'ai vraiment compris ce que la Révolution tranquille nous avait apporté. Au Cégep, ma professeur de littérature nous répétait souvent l'ancien credo du Québec : « Qui naît petit pain meurt petit pain ». Tout un mode de pensée. Nous n'avons qu'à regarder nos propres grands-parents qui, pour la plupart, n'ont pas pu étudier plus loin que le secondaire, s'ils s'y sont même rendus... Et pourtant, beaucoup de nos grands-pères et grands-mères avaient un énorme potentiel. Bien sûr, ils ont souvent eu une vie très respectable, mais quand je repense à mon grand-père Coutu qui avait une passion sans bornes pour l'histoire et pour la littérature, je me dis qu'il aurait vraiment pu devenir un grand historien s'il l'avait pu.
Avec le gouvernement fédéral qui a aboli le registre des armes et qui remet en question le droit à l'avortement et le gouvernement provincial qui juge que les étudiants doivent faire leur juste part (comme si être sur les bancs d'école pendant quinze ans ou vingt ans pour être ensuite moins bien payé qu'un plombier n'était pas assez), on se demande vraiment si le Canada ne s'amuse pas à détruire tous ses acquis.
Et dire que notre ministre disait il y a à peine quelques semaines que ce n'est pas 5 % des étudiants en grève qui l'impressionnerait... on est rendu à 70 %. J'avoue que moi-même je n'aurais jamais cru que le mouvement prendrait autant d'ampleur. Mais hier, à la manifestation, c'était magique... Montréal était survoltée. Et de voir des gens sortir sur leur balcon en agitant un morceau de vêtement rouge, c'était vraiment touchant et ça nous a redonné foi en la société, en ces gens qui sont capables de passer outre un peu de trafic causé par le trafic. En ces gens qui ne disent PAS : « Ces jeunes ne pensent qu'à eux... s'ils savaient combien leur manifestation nous coûtera en taxe...! ». Pour leur information, nous savons tout à fait combien la manifestation coûtera en taxes. C'est une des raisons pour laquelle elle a lieu. Parce que le gouvernement ne s'énerve que quand on commence à s'en prendre à sa précieuse économie. Parce que hier, non seulement nous avions bloqué tout le centre-ville, mais même l'Université de Montréal avait décidé de suspendre toutes ses activités pour « éviter les dangers de la manifestation ».
Je trouve des fois que les politiciens manquent franchement d'imagination, à toujours proposer des solutions faciles, sans en regarder les conséquences. De toute façon, suffit de regarder leur campagne électorale pour comprendre que l'imagination, c'est pas leur fort.
Mais là, vraiment, il est un peu temps qu'ils commencent à nous prendre au sérieux. Nous ne sommes pas juste une bande d'illuminés communistes. Notre mouvement regroupe des étudiants de tous les horizons. D'ailleurs, c'était particulièrement émouvant (voir : drôle) de voir les étudiants en droit de l'Université de Montréal aller manifester en complet. Ou les médecins, les pharmaciens et les étudiants en bioméd d'y aller en sarrau. Je ne vous parlerai même pas des jeux de mots splendides du programme de littérature française de l'Université de Montréal, réputés pour avoir une imagination comme pas permise. Ou encore les architectes qui faisaient semblant de s'effondrer sous de gros cubes rouges. Ou les audiologistes qui parlaient du dialogue de sourd. Ou les ingénieurs de Polytechnique qui clamaient : « Si vous voulez que vos ponts commencent à tenir un peu, empêchez la hausse! ».
Stéphane Laporte, chroniqueur à La Presse, nous avait dit de faire des pancartes intelligentes. Il a été servi. D'ailleurs, je ne suis pas peu fière de dire qu'une des nôtres a été mentionnée dans un article de Patrick Lagacé. Sa pancarte préférée, c'était celle de traduction : « Acculer les étudiants au pied du mur, c'est un barbarisme ». On en avait plusieurs dans la même veine, du genre : « Copier le reste du Canada, c'est un anglicisme », « Accessibilité et hausse des frais ne sont ni synonymes, ni cooccurrents », « Faire porter le fardeau aux étudiants est un non-sens » ou un classique « Sorry, this sign is in English only. Traduction on strike! ». Vous voyez le genre.
Bref. Y'a des fois comme ça où je suis fière de nous, traducteurs, étudiants, Québécois. Suffit de continuer comme ça.
jeudi 15 mars 2012
La grève, la grève, c'est pas une raison pour se faire mal!
Bon, fallait que j'en parle dans au moins un billet de blogue.
Donc, comme toute personne qui me suit sur Facebook ou qui habite au Québec le sait, les temps sont difficiles pour les étudiants québécois. Mes soeurs et moi sommes maintenant toutes trois en grève, dans trois institutions scolaires différentes.
Observer les gens en temps de grève est fort fascinant. Voir toute cette colère soudaine se déployer sans avertissement, c'est parfois incroyable. Des enseignants que j'avais aimés deviennent soudainement des bêtes enragées qui ne souhaitent QU'UNE CHOSE : donner leur cours malgré la grève. Parce qu'être payé deux fois, C'EST LE DRAME (on m'a vraiment sorti cet argument).
Bref, je suis assez passive dans mon opinion sur la grève, c'est-à-dire que je fais tout pour démontrer ma solidarité, mais je ne vais pas me mettre à défendre mes opinions dans les cris et la violence. Mais en tant que coordonnatrice aux affaires internes de mon association étudiante, j'en vois vraiment des vertes et des pas mûres. Et l'expression « Ne tirez pas sur le messager » est TRÈS souvent oubliée. Alors qu'en tant qu'asso, on ne sert qu'à aider les étudiants à organiser ce pour quoi ils ont voté, on croit souvent que nous sommes les principaux instigateurs de cette grève. Alors qu'en fait, on se contente d'essayer de calmer les enseignants et les étudiants (surtout les étudiants) enragés.
Mais je pense que vous méritez certains exemples. Je m'abstiendrai de donner des noms, car même si ces personnes ont manifestement sauté une coche, je demeure persuadée que ce sont des personnes tout à fait sympathiques. Mais vraiment, certaines personnes réagissent beaucoup trop avec leurs émotions.
Par exemple, j'ai reçu un courriel l'autre jour d'une étudiante fâchée. C'était juste après que l'Assemblée (qui était quand même composée de 166 personnes, donc de plus du tiers des étudiants que nous représentons, un chiffre incroyable pour notre programme) ait voté la continuation de la grève jusqu'au 26 mars à près de 70 %. Donc on s'entend pour dire que ce sont les étudiants qui ont eux-mêmes décidé en majorité de leur sort. Alors voilà ce que je reçois en mon titre de membre de l'asso : « J'espère au moins que vous aurez une pensée pour ceux qui sont contre que vous PÉNALISEZ royalement. Vous prônez un droit en vous foutant du notre. Bravo ». Étienne avait composé une partie de message de réponse, mais j'ai préféré attendre au moins une soirée et une nuit avant de lui répondre. Si je lui avais répondu tout de suite, c'aurait été quelque chose du genre « Mange donc de la marde et va relire tes philosophes grecs qui définissent la démocratie, merci », ce qui aurait été peu professionnel. Et j'aurais probablement mentionné que de m'écrire avec des fautes de français lui enlevait toute crédibilité. Ce genre de messages, j'en ai reçu des dizaines depuis le début des discussions sur la grève. Vous pouvez donc vous imaginez que quand des personnes disent dans la rue et dans les journaux qu'on fait une grève juste pour être en vacances, je dois me retenir fortement de leur dire que je préfère cent fois rédiger un travail de trente pages sur la francisation des entreprises que de devoir répondre à des courriels de personnes qui n'ont encore rien compris au fonctionnement de la société occidentale. Si au moins j'étais une activiste, peut-être que ces messages viendraient moins me chercher. Mais nous ce droit que nous prônons depuis le début de la grève, en traduction, c'est tout simplement le droit à la démocratie, ce que je dois expliquer jour après jour aux étudiants qui nous crient des insultes dans les corridors et sur l'Internet.
Le problème dans toute cette histoire, ce sont les préjugés. Nous sommes en grève et si nous piquetons devant les classes, ce n'est pas pour « faire chier ceux qui croient au droit à l'éducation », c'est pour s'assurer que ceux qui se battent justement pour ce droit ne seront pas pénalisés par quatre « ti-counes » qui ont décidé que leur vie était DONC compliquée et qu'ils ne pouvaient pas DU TOUT avoir quatre jours d'école de plus en bout de ligne.
D'ailleurs, une dame de la maîtrise m'a hier dit devant son cours (alors que j'essayais de raisonner les étudiants qui voulaient briser le piquet de grève) : « Moi, ma p'tite fille, j'ai un vrai emploi et j'ai deux enfants! Je ne peux pas me permettre cette grève ». En mon for intérieur, je me suis dit que si elle était si pauvre que ça, elle devrait nous remercier de se battre pour la future éducation de ses enfants. Je n'ai que répondu : « Je comprends tout ça, on a tous nos obligations et on est tous pénalisés à différents niveaux ». Alors elle crie : « OH NON, toi tu n'as PAS deux enfants! ». Des arguments forts comme ça, j'aime ça. Alors j'ai répondu : « Oh, désolée madame, j'avais oublié que dans cette société, on a besoin de deux enfants pour avoir une légitimité. Je m'excuse, je range mes trucs et je m'en vais faire des enfants ». Pour le coup, elle n'a rien trouvé à répondre. Habituellement, je m'arrange pour être plus diplomate que ça. J'ai même développé un très grand sens de la diplomatie dans les dernières semaines. J'essaie d'être téteuse sur les bords et de faire semblant que je comprends la position des gens qui me chiâlent dessus.
Je ne parlerai même pas des professeurs qui ont été limite violents en ouvrant violemment des portes de classe sur nous et en nous poussant pour entrer dans les classes. Heureusement, la solidarité aide dans ces cas. Des étudiants de d'autres associations accourent toujours à notre secours et on se ramasse au moins une vingtaine devant les classes à écouter des étudiants qui veulent entrer dire : « C'est quoi, là, si j'essaie d'entrer, vous allez m'en empêcher physiquement? ». Ça me désole d'entendre ça. Les gens voient trois étudiants être violents à la télévision et après ils pensent qu'on est tous pareils. On est des étudiants collégiaux et universitaires, pardi! Depuis quand on est réputés pour être violents dans la société? Faut qu'on m'explique, vraiment. Alors on répond ce qu'on doit répondre : « Non, mais on ne bougera pas, donc tu peux toujours nous frapper jusqu'à ce qu'on soit tous au sol, mais ça sera sur ta conscience et alors tu pourras te demander qui des deux doit réévaluer sa position dans la société ».
Bien de la joie, ces derniers jours. Bien de la joie. J'ai hâte que tout ça soit fini. Je ne suis PLUS CAPABLE de devoir peser tous mes mots, de devoir convaincre des enseignants de respecter le droit de grève, de devoir convaincre des étudiants que nous ne sommes pas en train de détruire leur avenir, bien au contraire.
Heureusement, mon mandat dans l'association étudiante finit dans deux semaines. BÉNIS SOIENT LES DIEUX. Je pense que j'ai fait ma part, maintenant!
Bref, toute cette colère, ça tombe sur les nerfs un peu, à la longue. Des fois, faudrait pas oublier qu'on n'est pas démoniaques, ni d'un bord, ni de l'autre.
Donc, comme toute personne qui me suit sur Facebook ou qui habite au Québec le sait, les temps sont difficiles pour les étudiants québécois. Mes soeurs et moi sommes maintenant toutes trois en grève, dans trois institutions scolaires différentes.
Observer les gens en temps de grève est fort fascinant. Voir toute cette colère soudaine se déployer sans avertissement, c'est parfois incroyable. Des enseignants que j'avais aimés deviennent soudainement des bêtes enragées qui ne souhaitent QU'UNE CHOSE : donner leur cours malgré la grève. Parce qu'être payé deux fois, C'EST LE DRAME (on m'a vraiment sorti cet argument).
Bref, je suis assez passive dans mon opinion sur la grève, c'est-à-dire que je fais tout pour démontrer ma solidarité, mais je ne vais pas me mettre à défendre mes opinions dans les cris et la violence. Mais en tant que coordonnatrice aux affaires internes de mon association étudiante, j'en vois vraiment des vertes et des pas mûres. Et l'expression « Ne tirez pas sur le messager » est TRÈS souvent oubliée. Alors qu'en tant qu'asso, on ne sert qu'à aider les étudiants à organiser ce pour quoi ils ont voté, on croit souvent que nous sommes les principaux instigateurs de cette grève. Alors qu'en fait, on se contente d'essayer de calmer les enseignants et les étudiants (surtout les étudiants) enragés.
Mais je pense que vous méritez certains exemples. Je m'abstiendrai de donner des noms, car même si ces personnes ont manifestement sauté une coche, je demeure persuadée que ce sont des personnes tout à fait sympathiques. Mais vraiment, certaines personnes réagissent beaucoup trop avec leurs émotions.
Par exemple, j'ai reçu un courriel l'autre jour d'une étudiante fâchée. C'était juste après que l'Assemblée (qui était quand même composée de 166 personnes, donc de plus du tiers des étudiants que nous représentons, un chiffre incroyable pour notre programme) ait voté la continuation de la grève jusqu'au 26 mars à près de 70 %. Donc on s'entend pour dire que ce sont les étudiants qui ont eux-mêmes décidé en majorité de leur sort. Alors voilà ce que je reçois en mon titre de membre de l'asso : « J'espère au moins que vous aurez une pensée pour ceux qui sont contre que vous PÉNALISEZ royalement. Vous prônez un droit en vous foutant du notre. Bravo ». Étienne avait composé une partie de message de réponse, mais j'ai préféré attendre au moins une soirée et une nuit avant de lui répondre. Si je lui avais répondu tout de suite, c'aurait été quelque chose du genre « Mange donc de la marde et va relire tes philosophes grecs qui définissent la démocratie, merci », ce qui aurait été peu professionnel. Et j'aurais probablement mentionné que de m'écrire avec des fautes de français lui enlevait toute crédibilité. Ce genre de messages, j'en ai reçu des dizaines depuis le début des discussions sur la grève. Vous pouvez donc vous imaginez que quand des personnes disent dans la rue et dans les journaux qu'on fait une grève juste pour être en vacances, je dois me retenir fortement de leur dire que je préfère cent fois rédiger un travail de trente pages sur la francisation des entreprises que de devoir répondre à des courriels de personnes qui n'ont encore rien compris au fonctionnement de la société occidentale. Si au moins j'étais une activiste, peut-être que ces messages viendraient moins me chercher. Mais nous ce droit que nous prônons depuis le début de la grève, en traduction, c'est tout simplement le droit à la démocratie, ce que je dois expliquer jour après jour aux étudiants qui nous crient des insultes dans les corridors et sur l'Internet.
Le problème dans toute cette histoire, ce sont les préjugés. Nous sommes en grève et si nous piquetons devant les classes, ce n'est pas pour « faire chier ceux qui croient au droit à l'éducation », c'est pour s'assurer que ceux qui se battent justement pour ce droit ne seront pas pénalisés par quatre « ti-counes » qui ont décidé que leur vie était DONC compliquée et qu'ils ne pouvaient pas DU TOUT avoir quatre jours d'école de plus en bout de ligne.
D'ailleurs, une dame de la maîtrise m'a hier dit devant son cours (alors que j'essayais de raisonner les étudiants qui voulaient briser le piquet de grève) : « Moi, ma p'tite fille, j'ai un vrai emploi et j'ai deux enfants! Je ne peux pas me permettre cette grève ». En mon for intérieur, je me suis dit que si elle était si pauvre que ça, elle devrait nous remercier de se battre pour la future éducation de ses enfants. Je n'ai que répondu : « Je comprends tout ça, on a tous nos obligations et on est tous pénalisés à différents niveaux ». Alors elle crie : « OH NON, toi tu n'as PAS deux enfants! ». Des arguments forts comme ça, j'aime ça. Alors j'ai répondu : « Oh, désolée madame, j'avais oublié que dans cette société, on a besoin de deux enfants pour avoir une légitimité. Je m'excuse, je range mes trucs et je m'en vais faire des enfants ». Pour le coup, elle n'a rien trouvé à répondre. Habituellement, je m'arrange pour être plus diplomate que ça. J'ai même développé un très grand sens de la diplomatie dans les dernières semaines. J'essaie d'être téteuse sur les bords et de faire semblant que je comprends la position des gens qui me chiâlent dessus.
Je ne parlerai même pas des professeurs qui ont été limite violents en ouvrant violemment des portes de classe sur nous et en nous poussant pour entrer dans les classes. Heureusement, la solidarité aide dans ces cas. Des étudiants de d'autres associations accourent toujours à notre secours et on se ramasse au moins une vingtaine devant les classes à écouter des étudiants qui veulent entrer dire : « C'est quoi, là, si j'essaie d'entrer, vous allez m'en empêcher physiquement? ». Ça me désole d'entendre ça. Les gens voient trois étudiants être violents à la télévision et après ils pensent qu'on est tous pareils. On est des étudiants collégiaux et universitaires, pardi! Depuis quand on est réputés pour être violents dans la société? Faut qu'on m'explique, vraiment. Alors on répond ce qu'on doit répondre : « Non, mais on ne bougera pas, donc tu peux toujours nous frapper jusqu'à ce qu'on soit tous au sol, mais ça sera sur ta conscience et alors tu pourras te demander qui des deux doit réévaluer sa position dans la société ».
Bien de la joie, ces derniers jours. Bien de la joie. J'ai hâte que tout ça soit fini. Je ne suis PLUS CAPABLE de devoir peser tous mes mots, de devoir convaincre des enseignants de respecter le droit de grève, de devoir convaincre des étudiants que nous ne sommes pas en train de détruire leur avenir, bien au contraire.
Heureusement, mon mandat dans l'association étudiante finit dans deux semaines. BÉNIS SOIENT LES DIEUX. Je pense que j'ai fait ma part, maintenant!
Bref, toute cette colère, ça tombe sur les nerfs un peu, à la longue. Des fois, faudrait pas oublier qu'on n'est pas démoniaques, ni d'un bord, ni de l'autre.
samedi 18 février 2012
De ces petits moments comme ça...
C'est samedi matin. Le printemps a oublié que l'hiver n'est pas encore terminé. Ça sent l'asphalte et la neige qui fond. Le talon de mes souliers s'amuse à déraper sur la gravelle que la fonte laisse sur les trottoirs. Vous savez, un de ces matins comme ça, où l'air frais est bon. Je marche sur Papineau, en direction du métro Fabre. Même si je suis chargée comme une mule, j'apprécie la marche.
Je suis dans le métro, absorbée dans ma troisième relecture des Filles de Caleb (ça faisait cinq ans... J'AI LE DROIT... même si depuis j'ai vu quatre fois la télésérie *tousse, tousse*). Le métro s'arrête à la station Mont-Royal. Le métro dans la direction inverse est aussi arrêté dans la station. Une petite fille de deux ou trois ans regarde fixement, au travers de la vitre, mon livre. Je relève la tête et je l'aperçois, je lui souris. Ses cheveux bruns sont coupés au carré et ses grands yeux bleus d'enfant sont complètement fascinés. Elle sourit à son tour et m'envoie la main. Je la salue à mon tour et elle éclate de rire. Le métro repart et me laisse comme ça, le sourire au coeur.
Il y a de ces petits moments comme ça qui me font vraiment apprécier la vie et les samedis matin.
Je suis dans le métro, absorbée dans ma troisième relecture des Filles de Caleb (ça faisait cinq ans... J'AI LE DROIT... même si depuis j'ai vu quatre fois la télésérie *tousse, tousse*). Le métro s'arrête à la station Mont-Royal. Le métro dans la direction inverse est aussi arrêté dans la station. Une petite fille de deux ou trois ans regarde fixement, au travers de la vitre, mon livre. Je relève la tête et je l'aperçois, je lui souris. Ses cheveux bruns sont coupés au carré et ses grands yeux bleus d'enfant sont complètement fascinés. Elle sourit à son tour et m'envoie la main. Je la salue à mon tour et elle éclate de rire. Le métro repart et me laisse comme ça, le sourire au coeur.
Il y a de ces petits moments comme ça qui me font vraiment apprécier la vie et les samedis matin.
dimanche 12 février 2012
La petite histoire de Monsieur Jambe
Donc, pour ceux qui n'auraient pas remarqué mon mur Facebook rempli de photos d'amis à moitié nus, je vous le donne dans le mille : nous avons organisé un concours Monsieur Jambe.
En fait, il y a une histoire derrière tout ça. Et c'est en partie à cause de ça que nous avons tant ri.
Tout remonte à l'été dernier, alors que j'étais en stage à L-3 Communications. Je travaillais avec Martine et Kathy, deux traductrices qui avaient étudié vingt ans avant moi à l'Université de Montréal et qui, comme moi, faisaient partie de l'association étudiante. Un bon jour, alors que je traduisais nonchalamment une liste de 25 000 pages d'abréviations (il y a PEUT-ÊTRE exagération ici, pour ceux qui aiment comprendre de façon trop littérale tout ce que j'écris), Martine vient me voir à mon bureau, s'accoude et me lance un sourire de conspiratrice. Je cesse donc de taper, je prends une gorgée de thé parce que je sens qu'elle va me raconter quelque chose d'intéressant et puis elle me dit : « J'avais oublié de ta raconter qu'en 1991, on a organisé un concours de Monsieur Jambe et que le gagnant était Maurizio Fanucchi ». Maurizio est en fait un de mes enseignants à l'Université. Donc j'ai éclaté de rire. Puis elle repart. Et bien sûr, je m'empresse d'envoyer un courriel à Kathy, Stéphanie et Étienne pour leur apprendre la nouvelle (faut assumer notre côté potineux dans la vie).
Étienne s'empresse donc de proposer qu'on recrée l'évènement. Un peu à la blague.
Mais ce qui était une bonne blague s'est en fait concrétisé. Faut jamais lancer une idée à la blague en Traduction. L'humour des traducteurs est trop louche pour laisser filer une idée pareille. Donc vendredi dernier, j'ai « animé » la deuxième édition de Monsieur Jambe, c'est-à-dire, grosso modo, faire taire ceux qui criaient « FREEDOM » chaque fois que je parlais (on ne peut vraiment plus se déguiser en William Wallace sans que ça nous colle à la peau, non mais). J'aurais vraiment dû devenir professeure au secondaire.
Maurizio et Martine étaient présents (Martine était impressionnée par la quantité d'hommes qui étudiaient maintenant en traduction... personne ne me croit JAMAIS quand je leur dis qu'il y a plein d'hommes qui s'intéressent au métier. Maurizio, lui, a gentiment payé une tournée de bières aux participants pour leur insuffler un peu de courage). Vraiment une soirée terriblement étrange, mais légendaire.
En fait, point de vue participants, ça a assez bien fonctionné : ils étaient huit. Bref, juste assez pour avoir un éventail intéressant de différences pour satisfaire tous les goûts. Mais le plus étonnant, c'est qu'il n'y avait pas TANT de filles qui se sont déplacées. Vraiment, les filles de nos jours ne savent plus s'amuser.
Et puis, il y a eu ce moment TELLEMENT hilarant quand la sécurité est arrivée au beau milieu du concours pour vérifier que nous n'étions pas en train de mettre le bordel dans l'Université... et que Jean-François a dû courir de derrière les panneaux où étaient les participants... en remontant ses pantalons. La face des deux agents... ça n'avait pas de prix. On est certainement devenus un potin dans le centre de sécurité de l'Université. C'est plus drôle comme ça.
Donc, la première ronde était composée de huit gars. La deuxième était différente. Les volontaires devaient se RASER (et dire que ce n'était même pas une idée proposée par une femme...). Ils ont donc été quatre (Jean-François, Frank, Étienne et Stéphane) à s'y lancer. Quarante-cinq minutes plus tard, ils étaient doux comme du duvet de caneton (ils ont passé le reste de la soirée à se flatter les mollets) et à nous demander d'y toucher pour vérifier (notre vie est difficile).
Le grand gagnant a été Jean-François (personne n'est vraiment étonné). Mais de vraiment pas beaucoup.
Voilà donc comment un potin de bureau s'est transformé en une soirée pour financer notre bal de finissants.
Et puis, certaines personnes ont dit que c'était du sexisme de ne faire participer que les hommes. Je pense qu'en fait, ce n'est qu'une douce revanche. Une revanche sur la mode masculine actuelle des shorts au genou. Tout le monde vante tout le temps la beauté des abdominaux, des pectoraux et des biceps. La jambe d'homme est vraiment sous-estimée. Nous avons remédié à cela.
Longue vie à nos activités farfelues!
samedi 4 février 2012
Hymne à la musique
Il fait si beau qu'il m'est à peu près impossible de ne pas écrire un petit quelque chose. N'y a-t-il rien de mieux que ces matins de fin de semaine où on a l'impression que la vie n'attend que d'être comblée de petits bonheurs? Certes, si on regarde la neige pendant plus qu'une demi-seconde, ce matin, on se brûle la rétine, mais j'ai toujours adoré ces matinées d'hiver ensoleillées.
Et puis, j'écoute du Depeche Mode, un des seuls groupes dont j'aime à peu près toutes les chansons. Habituellement, je suis plutôt du genre à aimer des chansons, non des groupes. Je suis donc infiniment heureuse de l'existence des téléchargements sur Internet : je ne suis plus obligée d'aller acheter des albums complets que je n'écouterai jamais en entier (oh triste réalité de ma jeunesse). Et puis, cela me permet plus facilement de prendre de bonnes habitudes (c'est-à-dire, payer pour ma musique). Ce qu'il faut savoir, c'est que j'adore la musique et, même si tout le monde (ou à peu près) trouve que j'ai des goûts plus que douteux, je peux vous assurer que la musique n'est pas une mince affaire pour moi.
Même si je suis probablement la pire musicienne de tous les temps (j'ai réussi à passer mes cours de musique au primaire en faisant semblant de jouer de la flûte à bec... sinon, ça faussait trop. Et puis on ne parlera même pas de mes dons de chant), j'adore ÉCOUTER la musique... et danser dessus, par ailleurs. Toutes les chansons que je mets sur mon MP3, je les ai d'abord écoutées, réécoutées, puis choisies. Chaque chanson qui va sur mon MP3 m'arrache un sourire à la première écoute. Et certaines me font toujours frissonner, après plus d'un an ou deux d'écoute en boucle. Elles n'ont pas nécessairement un solo de guitare électrique particulièrement bien joué, ni un grain de voix profond et vibrant... la musique, c'est tomber amoureux chaque jour de nouvelles notes. On ne peut pas expliquer pourquoi, on sait que ce n'est pas « objectivement » bon, mais on ne peut rien y faire : notre âme vibre, que ce soit Donna Summer, Coldplay, Shakira, Pink Floyd, Michel Fugain, Robert Charlebois ou Marie-Denise Pelletier.
Dans la vie, j'ai beaucoup d'amis qui se définissent par leur style musical, c'est-à-dire qu'ils aiment un seul style, à la folie. Depuis toujours, j'ai navigué parmi les styles sans aucun préjugé. Je passe sans honte de la pop américaine au métal irlandais, de la musique classique au country. Et je ne vois pas pourquoi je devrais me conformer à un seul style (sérieusement, faut arrêter de me demander quel style de musique j'aime, je ne sais jamais quoi répondre).
J'ai d'ailleurs commencé à faire quelques playlists sur mon MP3, pour satisfaire mes amis et parents.
Une liste « papa » quand je voyage avec lui : de la musique dance surtout, du hip-hop rien de francophone, un peu de Cindy Lauper, de The Box et de Johnny Halliday sur les bords.
Une liste « maman » pour quand je vais prendre le train avec elle : rien qui ne ressemble à du rock ou à du métal, beaucoup de musique francophone (surtout les vieux classiques), pas trop de rythme, sauf si les Black Eye Peas.
Une liste « Gaspésie » pour quand j'ai voyagé avec Marie-Lou : presque exclusivement de la musique québécoise en ajoutant quelques chansons de musique pop par-ci par-là, et du Mika, bien sûr, du Mika.
Une liste « Intense », pour mes amis avec trop de critères musicaux et pour quand j'ai envie d'arrêter de réfléchir : de la musique métal, du rock et tous leurs dérivés.
La musique représente bien les gens. Mon père est quelqu'un de très enjoué et de manifestement quétaine; ma mère est aussi quétaine (voyez d'où je viens), mais elle est beaucoup plus sentimentale; Marie-Lou est très authentique.
Moi, je n'ai jamais de style déterminé, dans aucun domaine de ma vie, que ce soit les films (je n'arrive toujours pas à déterminer si mon film préféré est Braveheart, Bridget Jones' Diary ou Titanic), les vêtements, la musique ou les amis. Je pense que je préfère ça comme ça. C'est à la fois plus simple et plus compliqué, juste parfait pour garder un peu de piquant à ma vie.
Et puis, j'écoute du Depeche Mode, un des seuls groupes dont j'aime à peu près toutes les chansons. Habituellement, je suis plutôt du genre à aimer des chansons, non des groupes. Je suis donc infiniment heureuse de l'existence des téléchargements sur Internet : je ne suis plus obligée d'aller acheter des albums complets que je n'écouterai jamais en entier (oh triste réalité de ma jeunesse). Et puis, cela me permet plus facilement de prendre de bonnes habitudes (c'est-à-dire, payer pour ma musique). Ce qu'il faut savoir, c'est que j'adore la musique et, même si tout le monde (ou à peu près) trouve que j'ai des goûts plus que douteux, je peux vous assurer que la musique n'est pas une mince affaire pour moi.
Même si je suis probablement la pire musicienne de tous les temps (j'ai réussi à passer mes cours de musique au primaire en faisant semblant de jouer de la flûte à bec... sinon, ça faussait trop. Et puis on ne parlera même pas de mes dons de chant), j'adore ÉCOUTER la musique... et danser dessus, par ailleurs. Toutes les chansons que je mets sur mon MP3, je les ai d'abord écoutées, réécoutées, puis choisies. Chaque chanson qui va sur mon MP3 m'arrache un sourire à la première écoute. Et certaines me font toujours frissonner, après plus d'un an ou deux d'écoute en boucle. Elles n'ont pas nécessairement un solo de guitare électrique particulièrement bien joué, ni un grain de voix profond et vibrant... la musique, c'est tomber amoureux chaque jour de nouvelles notes. On ne peut pas expliquer pourquoi, on sait que ce n'est pas « objectivement » bon, mais on ne peut rien y faire : notre âme vibre, que ce soit Donna Summer, Coldplay, Shakira, Pink Floyd, Michel Fugain, Robert Charlebois ou Marie-Denise Pelletier.
Dans la vie, j'ai beaucoup d'amis qui se définissent par leur style musical, c'est-à-dire qu'ils aiment un seul style, à la folie. Depuis toujours, j'ai navigué parmi les styles sans aucun préjugé. Je passe sans honte de la pop américaine au métal irlandais, de la musique classique au country. Et je ne vois pas pourquoi je devrais me conformer à un seul style (sérieusement, faut arrêter de me demander quel style de musique j'aime, je ne sais jamais quoi répondre).
J'ai d'ailleurs commencé à faire quelques playlists sur mon MP3, pour satisfaire mes amis et parents.
Une liste « papa » quand je voyage avec lui : de la musique dance surtout, du hip-hop rien de francophone, un peu de Cindy Lauper, de The Box et de Johnny Halliday sur les bords.
Une liste « maman » pour quand je vais prendre le train avec elle : rien qui ne ressemble à du rock ou à du métal, beaucoup de musique francophone (surtout les vieux classiques), pas trop de rythme, sauf si les Black Eye Peas.
Une liste « Gaspésie » pour quand j'ai voyagé avec Marie-Lou : presque exclusivement de la musique québécoise en ajoutant quelques chansons de musique pop par-ci par-là, et du Mika, bien sûr, du Mika.
Une liste « Intense », pour mes amis avec trop de critères musicaux et pour quand j'ai envie d'arrêter de réfléchir : de la musique métal, du rock et tous leurs dérivés.
La musique représente bien les gens. Mon père est quelqu'un de très enjoué et de manifestement quétaine; ma mère est aussi quétaine (voyez d'où je viens), mais elle est beaucoup plus sentimentale; Marie-Lou est très authentique.
Moi, je n'ai jamais de style déterminé, dans aucun domaine de ma vie, que ce soit les films (je n'arrive toujours pas à déterminer si mon film préféré est Braveheart, Bridget Jones' Diary ou Titanic), les vêtements, la musique ou les amis. Je pense que je préfère ça comme ça. C'est à la fois plus simple et plus compliqué, juste parfait pour garder un peu de piquant à ma vie.
samedi 28 janvier 2012
Good auld nights a' McCarold's...
Donc, pour ceux d'entre mes quelques lecteurs qui ne feraient pas partie de la faune étudiante de l'Université de Montréal ou qui en font partie, mais ont une notion vraiment déficiente du campus universitaire, le McCarold's, c'est le pub le plus populaire chez les étudiants (La Maisonnée étant un resto-bar). On y mange de la nourriture de pub (Shepherd's pie, hamburgers, jarrets d'agneau, ragoûts...), ce qui est un TRÈS gros plus.
Bref. Vous voyez le topo. Alors depuis, ma foi, quelques jours, on a décidé que c'était notre nouveau point de rassemblement. Le fait est : les gens y sont principalement jeunes (et souvent agréables au regard), mais on y trouve quand même quelques hommes étranges d'âge avancé qui mettent un peu de personnalité à l'endroit (au contraire de La Maisonnée, où on trouve EXCLUSIVEMENT des étudiants).
Donc mardi dernier, après notre cours de traduction technique qui était, sainte, plus que passionnant (on a passé la totalité du cours à traduire en petits groupes le guide de l'utilisateur d'une affranchisseuse numérique... yaouh), j'ai dit à Kathy que j'avais besoin d'un scotch pour m'en remettre (ça nous prend parfois... on devait être des guerriers écossais dans une autre vie...). Au passage, on a informé Stéphanie de nos intentions :
Moi : On va prendre un scotch au McCarold's, tu viens?
Steph : Oui!
Notre nonchalance devient désarmante.
Donc tout a fini avec un scotch, une bière noire (pour faire durer le scotch plus longtemps) et un pichet d'eau glacée. Raawr.
Et puis hier soir, on décide d'entraîner Ève dans l'aventure (!). Une bière plus tard, Kathy et moi en étions à la convaincre qu'il fallait absolument qu'elle écoute Fast and Furious (le premier), qu'un c'était un incontournable des films d'action (même si 1) on n'aime pas les voitures, 2) on n'aime pas Vin Diesel, 3) on n'aime pas Paul Walker).
Kathy (tout en portant des perles et une robe style année 60) : Non, mais ma fille, quand Vin Diesel pogne la fille et la calique sur le char... j'te jure que tu veux voir ça. Que t'aimes Vin Diesel ou non.
C'est à ce moment très précis que je me suis rendu compte que le McCarold's a un effet néfaste sur notre féminité. (Un instant plus tard, la discussion dérivait sur un débat à savoir si le premier Terminator était meilleur que le deuxième... argumentation : certes, l'histoire est meilleure dans le deuxième et les répliques légendaires proviennent de celui-là, mais Arnold Swartzeneger est mille fois plus badass en méchant qu'en allié).
Heureusement, on se rattrapera demain soir... on y tiendra notre sixième rencontre du club de lecture. Pas que ce soit féminin (peu importe ce que veulent en penser plusieurs personnes), mais y'a moins de chance qu'on finisse par parler des films de Bruce Lee.
Longue vie aux pubs irlandais.
P.S. Oui, je sais, "auld", c'est un mot écossais. Mais c'était visuellement plus attrayant.
Bref. Vous voyez le topo. Alors depuis, ma foi, quelques jours, on a décidé que c'était notre nouveau point de rassemblement. Le fait est : les gens y sont principalement jeunes (et souvent agréables au regard), mais on y trouve quand même quelques hommes étranges d'âge avancé qui mettent un peu de personnalité à l'endroit (au contraire de La Maisonnée, où on trouve EXCLUSIVEMENT des étudiants).
Donc mardi dernier, après notre cours de traduction technique qui était, sainte, plus que passionnant (on a passé la totalité du cours à traduire en petits groupes le guide de l'utilisateur d'une affranchisseuse numérique... yaouh), j'ai dit à Kathy que j'avais besoin d'un scotch pour m'en remettre (ça nous prend parfois... on devait être des guerriers écossais dans une autre vie...). Au passage, on a informé Stéphanie de nos intentions :
Moi : On va prendre un scotch au McCarold's, tu viens?
Steph : Oui!
Notre nonchalance devient désarmante.
Donc tout a fini avec un scotch, une bière noire (pour faire durer le scotch plus longtemps) et un pichet d'eau glacée. Raawr.
Et puis hier soir, on décide d'entraîner Ève dans l'aventure (!). Une bière plus tard, Kathy et moi en étions à la convaincre qu'il fallait absolument qu'elle écoute Fast and Furious (le premier), qu'un c'était un incontournable des films d'action (même si 1) on n'aime pas les voitures, 2) on n'aime pas Vin Diesel, 3) on n'aime pas Paul Walker).
Kathy (tout en portant des perles et une robe style année 60) : Non, mais ma fille, quand Vin Diesel pogne la fille et la calique sur le char... j'te jure que tu veux voir ça. Que t'aimes Vin Diesel ou non.
C'est à ce moment très précis que je me suis rendu compte que le McCarold's a un effet néfaste sur notre féminité. (Un instant plus tard, la discussion dérivait sur un débat à savoir si le premier Terminator était meilleur que le deuxième... argumentation : certes, l'histoire est meilleure dans le deuxième et les répliques légendaires proviennent de celui-là, mais Arnold Swartzeneger est mille fois plus badass en méchant qu'en allié).
Heureusement, on se rattrapera demain soir... on y tiendra notre sixième rencontre du club de lecture. Pas que ce soit féminin (peu importe ce que veulent en penser plusieurs personnes), mais y'a moins de chance qu'on finisse par parler des films de Bruce Lee.
Longue vie aux pubs irlandais.
P.S. Oui, je sais, "auld", c'est un mot écossais. Mais c'était visuellement plus attrayant.
dimanche 22 janvier 2012
Bonne fête, maman!
Aujourd'hui, c'est le 22 janvier. Et donc, c'est la fête de ma mère préférée :)!
Puisqu'elle est probablement ma plus fidèle lectrice depuis, ma foi, toujours, je tenais à lui dédier ce message.
Je voulais lui dire à quel point je suis fière de l'avoir comme mère. Un jour, une amie m'a dit à son propos quelque chose qui m'a marquée : « Je pense que si ta mère est si sympathique, c'est qu'elle nous écoute vraiment quand on lui parle et qu'elle s'intéresse vraiment à ce qu'on lui dit ». Si ma mère est en fait une solitaire, elle a ce don inné de se faire aimer de tous.
C'est elle qui nous a initiées, nous ses trois filles, aux joies de la lecture dès notre plus tendre enfance. Nous nous rendions régulièrement à la bibliothèque de Bois-des-Filion pour choisir des albums pour enfants. Nous y restions parfois plus d'une heure pour choisir avec soin les meilleures histoires. Et puis, presque chaque soir, nous allions au salon et on s'assoyait toutes les quatre -- Isabelle sur ses genoux, Laurence et moi sur chaque côté -- pour qu'elle nous lise une histoire. Encore aujourd'hui, je me souviens de notre excitation à découvrir le monde des mots et à se plonger dans une nouvelle histoire. Depuis, nous partageons, elle et moi, cette passion commune pour la littérature et la rédaction. On peut passer des heures à discuter de livres.
Ma mère m'a aussi appris à m'émerveiller des petites choses de la vie, que ce soit une bonne tasse de thé au lait, un coucher de soleil ou le son de la pluie sur le toit. Mais si elle dit qu'elle n'est pas bonne pour inventer des histoires ou rédiger des écrits littéraires, elle a l'âme d'une poète et, à travers ses yeux, tout est beau et poétique. Et puis, dès qu'on lui propose une activité, elle est partante, que ce soit d'aller acheter de nouvelles bottes d'hiver, d'aller à la Grande Bibliothèque ou simplement d'aller prendre une marche dans le quartier.
Et puis, peu importe nos projets, elle a toujours été là pour nous encourager. Que ce soit d'aller en Tunisie à 13 ans, d'écrire un roman ou de s'inscrire à des cours de gymnastique (probablement la pire idée de tous les temps), elle était là pour nous soutenir et nous pousser à continuer jusqu'au bout de nos idées. Malgré sa nature de mère, elle s'est réjouie avec nous quand nous sommes parties seules à l'autre bout du monde et elle s'est même fait un devoir de m'envoyer régulièrement des lettres pour me transmettre un peu la chaleur de mon chez-moi.
Et, bonus bonus, elle sait comment utiliser Facebook de façon appropriée (ce qui n'est PAS encore le cas de mon père, qui s'amuse à me demander si je viens souper en commentaire sur mes photos de profil). Elle va même parfois sur les sites de memes et sur Twitter, lit les Harry Potter pour se tenir au courant de ce qui passionne notre génération, pour mieux nous comprendre.
Des fois, elle prétend que parce qu'elle a été adoptée à huit mois, elle a manqué d'amour maternel dans les premiers mois de sa vie et que c'est pour ça qu'elle en a tant à donner aujourd'hui.
Parfois (souvent), elle prend l'autobus le matin pour se rendre jusqu'au train afin que nous puissions prendre la voiture pour l'une de nos activités qui l'exigent. Et jamais elle n'hésite à le faire pour nous faire plaisir.
Notre mère, elle a une hantise des lumières fortes (littéralement), elle ne comprend toujours pas notre sarcasme, elle est parfois distraite, elle pleure à la moindre émotion (ça, elle prétend que c'est parce qu'à la naissance, ses glandes lacrymales ne fonctionnaient pas et que les médecins les ont trop « débouchées ») et elle est prompte (et obstineuse, malheureusement, comme moi), mais c'est la meilleure mère au monde.
Bonne fête, maman.
Ne pleure pas trop, là. Héhé.
Puisqu'elle est probablement ma plus fidèle lectrice depuis, ma foi, toujours, je tenais à lui dédier ce message.
Je voulais lui dire à quel point je suis fière de l'avoir comme mère. Un jour, une amie m'a dit à son propos quelque chose qui m'a marquée : « Je pense que si ta mère est si sympathique, c'est qu'elle nous écoute vraiment quand on lui parle et qu'elle s'intéresse vraiment à ce qu'on lui dit ». Si ma mère est en fait une solitaire, elle a ce don inné de se faire aimer de tous.
C'est elle qui nous a initiées, nous ses trois filles, aux joies de la lecture dès notre plus tendre enfance. Nous nous rendions régulièrement à la bibliothèque de Bois-des-Filion pour choisir des albums pour enfants. Nous y restions parfois plus d'une heure pour choisir avec soin les meilleures histoires. Et puis, presque chaque soir, nous allions au salon et on s'assoyait toutes les quatre -- Isabelle sur ses genoux, Laurence et moi sur chaque côté -- pour qu'elle nous lise une histoire. Encore aujourd'hui, je me souviens de notre excitation à découvrir le monde des mots et à se plonger dans une nouvelle histoire. Depuis, nous partageons, elle et moi, cette passion commune pour la littérature et la rédaction. On peut passer des heures à discuter de livres.
Ma mère m'a aussi appris à m'émerveiller des petites choses de la vie, que ce soit une bonne tasse de thé au lait, un coucher de soleil ou le son de la pluie sur le toit. Mais si elle dit qu'elle n'est pas bonne pour inventer des histoires ou rédiger des écrits littéraires, elle a l'âme d'une poète et, à travers ses yeux, tout est beau et poétique. Et puis, dès qu'on lui propose une activité, elle est partante, que ce soit d'aller acheter de nouvelles bottes d'hiver, d'aller à la Grande Bibliothèque ou simplement d'aller prendre une marche dans le quartier.
Et puis, peu importe nos projets, elle a toujours été là pour nous encourager. Que ce soit d'aller en Tunisie à 13 ans, d'écrire un roman ou de s'inscrire à des cours de gymnastique (probablement la pire idée de tous les temps), elle était là pour nous soutenir et nous pousser à continuer jusqu'au bout de nos idées. Malgré sa nature de mère, elle s'est réjouie avec nous quand nous sommes parties seules à l'autre bout du monde et elle s'est même fait un devoir de m'envoyer régulièrement des lettres pour me transmettre un peu la chaleur de mon chez-moi.
Et, bonus bonus, elle sait comment utiliser Facebook de façon appropriée (ce qui n'est PAS encore le cas de mon père, qui s'amuse à me demander si je viens souper en commentaire sur mes photos de profil). Elle va même parfois sur les sites de memes et sur Twitter, lit les Harry Potter pour se tenir au courant de ce qui passionne notre génération, pour mieux nous comprendre.
Des fois, elle prétend que parce qu'elle a été adoptée à huit mois, elle a manqué d'amour maternel dans les premiers mois de sa vie et que c'est pour ça qu'elle en a tant à donner aujourd'hui.
Parfois (souvent), elle prend l'autobus le matin pour se rendre jusqu'au train afin que nous puissions prendre la voiture pour l'une de nos activités qui l'exigent. Et jamais elle n'hésite à le faire pour nous faire plaisir.
Notre mère, elle a une hantise des lumières fortes (littéralement), elle ne comprend toujours pas notre sarcasme, elle est parfois distraite, elle pleure à la moindre émotion (ça, elle prétend que c'est parce qu'à la naissance, ses glandes lacrymales ne fonctionnaient pas et que les médecins les ont trop « débouchées ») et elle est prompte (et obstineuse, malheureusement, comme moi), mais c'est la meilleure mère au monde.
Bonne fête, maman.
Ne pleure pas trop, là. Héhé.
jeudi 19 janvier 2012
Hommage aux études en traduction
Donc aujourd'hui je suis allée prendre ma photo de finissants. Après avoir passé près de m'étrangler avec le faux collet de chemise (nous femmes ne sommes pas habituées d'attacher le dernier bouton de la chemise), j'ai agrippé mon faux diplôme de traduction et j'ai souri pour les besoins de la cause. Tout ça me rend très nostalgique (d'avance).
Et à vous, je vous offre la liste des joies des études universitaires en traduction. Vous risquez d'être jaloux, de quitter votre programme et de vous inscrire sur-le-champ au programme de traduction. Juste un petit avertissement.
1) Les horaires qui nous permettent de dormir... souvent. Je ne suis pas une grande dormeuse, mais le simple fait de POUVOIR le faire me rend folle de joie... et ce, maintenant CINQ matins par semaine (amen).
2) Le fait que je n'ai en moyenne qu'un seul cours par session qui m'oblige à étudier pour mes examens. Le par coeur ne fait heureusement plus beaucoup partie de ma vie.
3) Les étudiants qui me ressemblent tellement. Presque tous geeks (chacun à sa façon : geeks d'informatique, geeks de jeux vidéos, geeks de lecture [MOOOOOI], geeks de films et de télé...), tous ouverts d'esprit (on aime nos étudiants étrangers), tous plus ou moins socially awkward (certains savent mieux le cacher que d'autres) et surtout tous avides de savoir (en une seule semaine, on peut passer des textes littéraires aux textes de comptabilité aux films aux textes d'ingénierie... disons qu'on est forcé d'apprendre que nous le voulions ou non sur tous les sujets). J'adore mes confrères et consoeurs (rédaction épicène, héhéhé). Ils ont tous une personnalité unique et complètement fascinante. Ce programme, c'est la revanche des geeks.
4) Notre talent inné au karaoké. Faut vraiment arrêter d'aller traduire instantanément les chansons de La Maisonnée. Tout le monde nous trouve étrange (IL TOMBE DES MÂLES! ALELUHIA), faut vraiment arrêter ça.
5) Nos soirées de party, qui se résument généralement à parler (et éventuellement, hurler de rire) autour d'une bière (payée par l'asso, HOLÉ). C'est principalement grâce à ces soirées que j'ai appris à connaître des dizaines et des dizaines de personnes (si j'avais su à 10 ans [être extrêmement timide que j'étais] qu'un jour j'allais avoir tout plein d'amis... snif, snif, je suis émue).
6) Les Jeux de la traduction, le paradis du traducteur sociable qui aime rencontrer des traducteurs de partout au Canada (c'est tellement excitant quand ils viennent d'aussi loin que le Manitoba, l'Ontario et le Nouveau-Brunswick!). On se rend alors compte qu'on est beaucoup au pays à se battre pour nos langues officielles, pour leur qualité et pour leur importance culturelle.
7) L'intelligence facebookienne des étudiants. Les étudiants en traduction sont reconnus pour leurs commentaires hilarants et toujours ô combien pertinents (dans un français parfait, s'il vous plaît), pour leurs statuts épiques (OUI, ÈVE, J'UTILISE « ÉPIQUE », bon) et pour leur engagement politique et culturel sans faille. Pour plusieurs, Facebook est un outil inutile et stupide... pour moi, il devient une plateforme de mise en commun des meilleures nouvelles des derniers jours, de jeux de mots toujours plus louches les uns que les autres et de republiage de touches humoristiques web particulièrement délicieuses. (Quoique j'ai aussi beaucoup d'amis d'autres programmes qui y contribuent).
8) L'Association étudiante. Nous avons beau être un programme, nous nous battons année après année pour offrir à nos étudiants la meilleure vie étudiante possible... et ça porte fruit! Au début de mon bac, nous étions une dizaine aux 4 @ minuit... maintenant nous sommes souvent plus de 40 (Dieu bénisse les Espagnols qui sont fidèlement présents à TOUS les événements). Nos conseils exécutifs qui se tiennent sur l'affreux divan bleu et sur les sièges défoncés du local de l'asso me manqueront! Mon mandat prendra officiellement fin dans deux mois et j'avoue que je m'ennuierai de recevoir les menaces facebookiennes de Jean-François qui veut que j'envoie les invitations aux diverses activités. Et puis, mon rôle, même si assez facile, venait avec son lot de célébrité (WOUHOU, l'accomplissement d'une vie).
9) Les longs débats linguistiques. Je me souviens particulièrement de ce cours avec Réal Paquette où nous avions passé trois heures à traduire deux phrases. Mais, mes amis, ces phrases étaient PARFAITES. Une syntaxe, une idiomaticité et une fluidité parfaites. Moi, amatrice de mots et de français, étais au paradis (dur à croire pour les non initiés, je le sais, mais tout à fait vrai).
10) Nos stages. J'entends tous mes amis qui doivent faire des stages obligatoires et non rémunérés, pendant leur session. Alors que nos stages sont optionnels (quoique fortement recommandés) et très bien rémunérés. Non seulement nous avons donc des emplois d'été de rêve, mais en plus on en ressort plus riches. Longue vie à la traduction.
11) Notre sous-statut. Pas que j'aime que les traducteurs soient sous-estimés, mais ça me permettra d'avoir une cause pour laquelle me battre dans la vie. Faire valoir les compétences des traducteurs et leur importance dans le roulement de l'économie canadienne (oh oui, j'ai dû lire un rapport de 120 pages là-dessus). Par contre, si quelqu'un me demande encore 1) combien de langues je parle, 2) de lui traduire instantanément une phrase en japonais, 3) qu'est-ce que je veux faire avec un diplôme en traduction, 4) à quoi ça sert d'apprendre les anglicismes, de toute façon ils passeront dans l'usage bientôt, 5) si tous les étudiants mâles sont gais, 6) dans combien de temps je pense que les ordinateurs réussiront à faire ce qu'on fait, 7) pourquoi je ne vais pas plutôt en interprétation, 8) si je compte traduire dans une troisième langue bientôt; je risque de hurler.
12) La complicité traductionnelle. J'ai dû travailler avec beaucoup d'étudiants et débattre sur beaucoup de mots au cours de mes études. Mais quand on trouve ces personnes avec qui on travaille parfaitement, c'est vraiment la meilleure sensation au monde. Ces personnes dont on respecte le talent et à qui on fait confiance presque les yeux fermés quant aux travaux que l'on partage. Mais qui respectent aussi nos idées et nous font confiance.
13) Notre initiation hors norme, où nous partons tous une fin de semaine dans un vieux chalet dans le fin fond des trous et où il n'y à peu près aucun bizutage (à part peut-être la fameuse course à obstacles pommes-eau-farine-poche-de-patate) et où tous les étudiants, peu importe l'année, sont les bienvenus pour accueillir les premières années. Oui, nous sommes cul-culs comme ça. Mais que seraient les traducteurs sans leurs traditions quétaines?
14) Et finalement, le mur des citations, qui regroupe les « meilleures » citations de tous les temps proférées par des étudiants ou des enseignants en traduction, parmi lesquels on retrouve quelques perles :
- « Étudiants, dans la rue, contre l'éducation », fameux lapsus de J-F durant la manif contre la hausse des frais de scolarité
- « Nous autres, on aime ça les langues », pas mal tout le monde, qui s'amusent à faire des jeux de mots douteux.
- « À tous ceux qui me disent que n'importe quel bilingue peut être traducteur, je leur réponds que ce n'est pas parce que je respire depuis ma naissance que je peux être inhalothérapeute », un professeur qui a à coeur la reconnaissance de notre travail.
Et autres blagues traductionnelles mauvaises.
Longue vie à la traduction.
P.-S. Cette liste est une ébauche. Peut-être sera-t-elle améliorée avec le temps.
Et à vous, je vous offre la liste des joies des études universitaires en traduction. Vous risquez d'être jaloux, de quitter votre programme et de vous inscrire sur-le-champ au programme de traduction. Juste un petit avertissement.
1) Les horaires qui nous permettent de dormir... souvent. Je ne suis pas une grande dormeuse, mais le simple fait de POUVOIR le faire me rend folle de joie... et ce, maintenant CINQ matins par semaine (amen).
2) Le fait que je n'ai en moyenne qu'un seul cours par session qui m'oblige à étudier pour mes examens. Le par coeur ne fait heureusement plus beaucoup partie de ma vie.
3) Les étudiants qui me ressemblent tellement. Presque tous geeks (chacun à sa façon : geeks d'informatique, geeks de jeux vidéos, geeks de lecture [MOOOOOI], geeks de films et de télé...), tous ouverts d'esprit (on aime nos étudiants étrangers), tous plus ou moins socially awkward (certains savent mieux le cacher que d'autres) et surtout tous avides de savoir (en une seule semaine, on peut passer des textes littéraires aux textes de comptabilité aux films aux textes d'ingénierie... disons qu'on est forcé d'apprendre que nous le voulions ou non sur tous les sujets). J'adore mes confrères et consoeurs (rédaction épicène, héhéhé). Ils ont tous une personnalité unique et complètement fascinante. Ce programme, c'est la revanche des geeks.
4) Notre talent inné au karaoké. Faut vraiment arrêter d'aller traduire instantanément les chansons de La Maisonnée. Tout le monde nous trouve étrange (IL TOMBE DES MÂLES! ALELUHIA), faut vraiment arrêter ça.
5) Nos soirées de party, qui se résument généralement à parler (et éventuellement, hurler de rire) autour d'une bière (payée par l'asso, HOLÉ). C'est principalement grâce à ces soirées que j'ai appris à connaître des dizaines et des dizaines de personnes (si j'avais su à 10 ans [être extrêmement timide que j'étais] qu'un jour j'allais avoir tout plein d'amis... snif, snif, je suis émue).
6) Les Jeux de la traduction, le paradis du traducteur sociable qui aime rencontrer des traducteurs de partout au Canada (c'est tellement excitant quand ils viennent d'aussi loin que le Manitoba, l'Ontario et le Nouveau-Brunswick!). On se rend alors compte qu'on est beaucoup au pays à se battre pour nos langues officielles, pour leur qualité et pour leur importance culturelle.
7) L'intelligence facebookienne des étudiants. Les étudiants en traduction sont reconnus pour leurs commentaires hilarants et toujours ô combien pertinents (dans un français parfait, s'il vous plaît), pour leurs statuts épiques (OUI, ÈVE, J'UTILISE « ÉPIQUE », bon) et pour leur engagement politique et culturel sans faille. Pour plusieurs, Facebook est un outil inutile et stupide... pour moi, il devient une plateforme de mise en commun des meilleures nouvelles des derniers jours, de jeux de mots toujours plus louches les uns que les autres et de republiage de touches humoristiques web particulièrement délicieuses. (Quoique j'ai aussi beaucoup d'amis d'autres programmes qui y contribuent).
8) L'Association étudiante. Nous avons beau être un programme, nous nous battons année après année pour offrir à nos étudiants la meilleure vie étudiante possible... et ça porte fruit! Au début de mon bac, nous étions une dizaine aux 4 @ minuit... maintenant nous sommes souvent plus de 40 (Dieu bénisse les Espagnols qui sont fidèlement présents à TOUS les événements). Nos conseils exécutifs qui se tiennent sur l'affreux divan bleu et sur les sièges défoncés du local de l'asso me manqueront! Mon mandat prendra officiellement fin dans deux mois et j'avoue que je m'ennuierai de recevoir les menaces facebookiennes de Jean-François qui veut que j'envoie les invitations aux diverses activités. Et puis, mon rôle, même si assez facile, venait avec son lot de célébrité (WOUHOU, l'accomplissement d'une vie).
9) Les longs débats linguistiques. Je me souviens particulièrement de ce cours avec Réal Paquette où nous avions passé trois heures à traduire deux phrases. Mais, mes amis, ces phrases étaient PARFAITES. Une syntaxe, une idiomaticité et une fluidité parfaites. Moi, amatrice de mots et de français, étais au paradis (dur à croire pour les non initiés, je le sais, mais tout à fait vrai).
10) Nos stages. J'entends tous mes amis qui doivent faire des stages obligatoires et non rémunérés, pendant leur session. Alors que nos stages sont optionnels (quoique fortement recommandés) et très bien rémunérés. Non seulement nous avons donc des emplois d'été de rêve, mais en plus on en ressort plus riches. Longue vie à la traduction.
11) Notre sous-statut. Pas que j'aime que les traducteurs soient sous-estimés, mais ça me permettra d'avoir une cause pour laquelle me battre dans la vie. Faire valoir les compétences des traducteurs et leur importance dans le roulement de l'économie canadienne (oh oui, j'ai dû lire un rapport de 120 pages là-dessus). Par contre, si quelqu'un me demande encore 1) combien de langues je parle, 2) de lui traduire instantanément une phrase en japonais, 3) qu'est-ce que je veux faire avec un diplôme en traduction, 4) à quoi ça sert d'apprendre les anglicismes, de toute façon ils passeront dans l'usage bientôt, 5) si tous les étudiants mâles sont gais, 6) dans combien de temps je pense que les ordinateurs réussiront à faire ce qu'on fait, 7) pourquoi je ne vais pas plutôt en interprétation, 8) si je compte traduire dans une troisième langue bientôt; je risque de hurler.
12) La complicité traductionnelle. J'ai dû travailler avec beaucoup d'étudiants et débattre sur beaucoup de mots au cours de mes études. Mais quand on trouve ces personnes avec qui on travaille parfaitement, c'est vraiment la meilleure sensation au monde. Ces personnes dont on respecte le talent et à qui on fait confiance presque les yeux fermés quant aux travaux que l'on partage. Mais qui respectent aussi nos idées et nous font confiance.
13) Notre initiation hors norme, où nous partons tous une fin de semaine dans un vieux chalet dans le fin fond des trous et où il n'y à peu près aucun bizutage (à part peut-être la fameuse course à obstacles pommes-eau-farine-poche-de-patate) et où tous les étudiants, peu importe l'année, sont les bienvenus pour accueillir les premières années. Oui, nous sommes cul-culs comme ça. Mais que seraient les traducteurs sans leurs traditions quétaines?
14) Et finalement, le mur des citations, qui regroupe les « meilleures » citations de tous les temps proférées par des étudiants ou des enseignants en traduction, parmi lesquels on retrouve quelques perles :
- « Étudiants, dans la rue, contre l'éducation », fameux lapsus de J-F durant la manif contre la hausse des frais de scolarité
- « Nous autres, on aime ça les langues », pas mal tout le monde, qui s'amusent à faire des jeux de mots douteux.
- « À tous ceux qui me disent que n'importe quel bilingue peut être traducteur, je leur réponds que ce n'est pas parce que je respire depuis ma naissance que je peux être inhalothérapeute », un professeur qui a à coeur la reconnaissance de notre travail.
Et autres blagues traductionnelles mauvaises.
Longue vie à la traduction.
P.-S. Cette liste est une ébauche. Peut-être sera-t-elle améliorée avec le temps.
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